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Yaoundé bientôt alimentée en eau par la Sanaga

L’urbanisation croissante de la capitale et de ses environs requiert un renforcement du système d’alimentation en eau. L’aménagement du site et de la tribune qui accueilleront le président Paul Biya pour la cérémonie officielle de lancement du projet est en cours d’achèvement.

Par Gérard Choisnet

Dans le cadre du Projet d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé et ses environs à partir du fleuve Sanaga (Paepys), le ministre de l’Eau et de l’énergie, Basile Atangana Kouna, s’est rendu le 12 avril à Nachtigal (65 km au nord de la capitale), sur les rives du fleuve près de Batchenga, sur le site d’une future station de captage et de pompage d’eau brute, dont il avait posé la première pierre le 28 mars 2016.

Le ministre s’est rendu ensuite à quelques kilomètres des rives, à l’emplacement de la future usine de traitement d’eau d’Emana Batchenga. Les premiers travaux ont démarré sur ces deux sites depuis janvier 2017 avec l’entreprise chinoise Sinomach (China National Machinery Industry Corporation), dont la base vie principale implantée à proximité est achevée et habitée.

Le Paepys vise un apport additionnel de 300 000 m3 d’eau par jour (extensible à 400 000 m3/j) en vue de satisfaire la demande de la ville de Yaoundé, évaluée à 254 000 m3/j à l’horizon 2022.

Le projet comprend également la construction de deux stations de reprise d’eau traitée à Nkometou III, d’une capacité de refoulement de 285 000 m3/j, et à Nyom II à l’entrée de Yaoundé d’une capacité de 275 000 m3/j, d’un réservoir de tête sur le mont Ndindan à Yaoundé, ainsi que la pose d’une conduite d’eau en fonte ductile de diamètre 1 800 mm et de 64 km de long entre Nachtigal et Yaoundé, et de deux conduites de diamètre 1 400 et 1 200 mm à l’intérieur de la capitale pour renforcer la desserte des réservoirs du plateau Atemengue, Djoungolo et Etoudi.

La construction de lignes électriques dédiées HT et MT de quelque 45 km, la pose d’un câble à fibres optiques de 55 km environ…font de même partie du projet. Concernant aussi les villes de Soa, Obala, Ntui, Efok…, le Paepys est financé à hauteur de 85% par la China EximBank qui a accordé un prêt de 678,3 millions $, dont la convention est entrée en vigueur le 18 décembre 2015. Les contreparties de l’Etat camerounais représentent 15% du montant total du projet.

Seureca, bureau d’ingénierie conseil de Veolia, avait remporté mi-novembre 2015, auprès du ministère de l’Eau et de l’énergie, le contrat de maitrise d’oeuvre du projet Paepys pour la construction d’une usine de traitement d’eau potable, qui permettra de tripler la production d’eau de la ville de Yaoundé. D’une durée de 5 ans, ce contrat représente pour Seureca un chiffre d’affaires de 12,1 millions d’euros.

« Ce projet représente un investissement de 600 millions d’euros et permettra à terme de satisfaire les besoins de la population de la capitale camerounaise, grâce à une nouvelle usine de production d’eau potable portée à 300.000 mètres cube par jour, soit l’équivalent de la consommation de la ville de Marseille », indiquait le groupe Veolia.

« Dans le cadre de ce contrat, Seureca est en charge des prestations de visa des études, de la supervision et du contrôle des travaux, qui comprennent notamment la construction de 58 km de réseau, 63 km de conduites de transfert, des deux stations de pompage et de réservoirs de distribution. 28 résidents seront présents au plus fort de la supervision».

Seureca a ouvert officiellement ses bureaux à Yaoundé le 8 décembre 2016 en présence du ministre de l’Eau. « Nous opérions à travers un bureau de liaison, mais vu l’importance du projet qui nécessite une quarantaine d’ingénieurs, nous avons estimé nécessaire d’avoir une représentation au Cameroun », déclarait le représentant du groupe, Olivier Duthoit. « Nous sommes en train de finaliser la construction de la base vie et attendons la commande du matériel technique ».

L’ouverture de ce bureau « marque une volonté forte de nous installer durablement au Cameroun », où le groupe français travaille depuis 2010. « Tout ceci, ajouté aux sources d’approvisionnement qui existent actuellement à Yaoundé, va porter la production à 600 000 m3/j et garantir l’approvisionnement en eau de la capitale aussi longtemps que possible », estimait Basile Atangana Kouna fin mars 2016, annonçant la livraison des travaux « dans un délai de 36 mois au plus tard ».

« On a commencé en janvier 2017 par des travaux préliminaires, dont l’ouverture de la voie d’accès. La phase 2 va démarrer incessamment avec le gros œuvre », déclarait le 12 avril le directeur du projet Sanaga, Dieudonné Omballa.

« Des matériels vont arriver et il faudra les réceptionner au port de Douala…Depuis janvier 2017, on a amorcé le décompte des 36 mois de durée des travaux ». Même si « l’emprise de la conduite d’eau entre Nachtigal et Yaoundé n’est pas encore totalement libérée » et « l’aspect ligne électrique en cours de traitement », le directeur du projet estime que « le calendrier est tout à fait respecté…Les délais ne souffrent d’aucun retard ».

Un appel d’offres national restreint pour la réalisation de l’étude d’accompagnement socio-économique des populations riveraines du Paepys a été lancé le 3 février 2017 par le ministère des Marchés publics auprès de six bureaux ou groupements : Ficagest Consulting and Contractors ; ERE Développement ; groupement Safege/JMN Consultant ; Le Competing BET ; Bismos ; et Cerbat. La remise des offres était fixée au 13 mars.

Il est prévu dans la même zone, sur le site de Nachtigal-amont, la construction d’un barrage hydroélectrique d’une puissance installée de 420 MW (7 x 60 MW).

Ce projet sera réalisé dans le cadre de la Nachtigal Hydro Power Company (NHPC), créée le 7 juillet 2016 par EDF International (40%), l’Etat camerounais (30%) et l’International Finance Corporation (IFC) du Groupe de la Banque mondiale (30%). NHPC s’emploie à finaliser le développement du projet et à en réunir les financements nécessaires.

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Written by African Business

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