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African Business

Wilfried Yaméogo, directeur général de la Sofitex

Depuis un an à la tête de la Société burkinabè des fibres textiles, Wilfried Yaméogo, un patron d’expérience, tente de redonner confiance aux producteurs, de respecter l’abandon du coton OGM, et oeuvre pour une transformation locale.

Ouagadougou, Tiégo Tiemtoré

 Depuis un an Wilfried Yamaéogo dirige la Sofitex (Société burkinabé des fibres textiles) ; il n’est pas en terrain inconnu et les principaux défis qui l’attendent – prix du coton à l’international, assainissement du secteur, retour au coton conventionnel au détriment du « BT » à base d’organisme généti­quement modifiés… – ne sont pas insurmon­tables à ses yeux.

Le Burkina Faso est le premier produc­teur continental de coton. Le secteur repré­sente 4 % du PIB et constitue, depuis 2009, la deuxième source de revenus après l’or.

Pour la saison 2016-2017 en cours, le pays table sur une production de 750 000 tonnes de coton ; trois entreprises dominent le marché : Sofitex, Fasocoton, et la Société cotonnière du Gourma (Socoma).

Dans un premier temps, les producteurs ont hésité à revenir à la culture traditionnelle, qui induit une charge importante de travail. Mais l’amélioration de la qualité est au rendez-vous.

Juriste de formation, Wilfried Yamaéogo a, de 2002 à 2004, été en charge de la définition du schéma de réforme du secteur coton, de l’élaboration des documents et projets d’actes juridiques de mise en oeuvre de la réforme de l’industrie.

Cette expérience lui a permis d’oc­cuper, plus tard, le poste de secrétaire perma­nent du Suivi de la filière coton libéralisée ; en charge notamment de la veille sur le fonction­nement de la filière, de ses mécanismes et de ses outils de gestion.

À ce poste qu’il occupera pendant douze ans, il formula des propositions concrètes, tant auprès des gouvernements qu’auprès des institutions de Bretton Woods dont il a fini par devenir un interlocuteur incontournable.

Pendant une dizaine d’an­nées, il fut membre du Panel international de surveillance des performances environne­mentales économiques et sociales du coton, mis en place par le Comité consultatif interna­tional du Coton (CCIC), basé à Washington.

Retour au coton traditionnel, gage de qualité

Entré en fonction à la Sofitex au moment de l’affrontement entre Monsanto et les cotoncul­teurs, en mars 2016, Wilfried Yaméogo a repris les négociations ; ce qui a permis d’aboutir à un accord avec la firme américaine ; les produc­teurs burkinabé souhaitaient des compensa­tions d’environ 48 milliards de F.CFA.

Faute d’avoir gain de cause, les cotonculteurs burki­nabé ont obtenu, en mars 2017, de conserver 75% des redevances qu’ils versaient jusque-là (11,3 milliards de F.CFA), les 25 % restants revenant à Monsanto. « Un mauvais accord valant toujours mieux qu’un mauvais procès, cet accord sur les divisions des redevances nous permet de clore le dossier Monsanto et de se tourner vers l’avenir », commente Wilfried Yaméogo.

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Written by African Business

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