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African Business

Transformation réussie dit Adriano João da Silva

En plus des dires de Adriano João da Silva, directeur du logement, ministère de l’Urbanisme et du logement, et même en ne jetant qu’un regard rapide sur le programme d’urbanisation angolais, on se rend compte qu’il s’agit d’un projet de développement urbain tout à fait exceptionnel de par son échelle.

La réalisation d’un programme d’une telle ampleur nécessite la mise en place de moyens adminis­tratifs adaptés tout en conservant suffisamment de souplesse pour s’ajuster rapidement à l’évolution des besoins. Pour avoir une idée de l’organisation administrative qui sous-tend ce programme, j’ai rencontré Adriano João da Silva, directeur du logement au ministère de l’Urbanisme et du logement. J’ai tout de suite compris qu’il faudrait plusieurs jours pour découvrir toutes les fonctions de son service.

Da Silva a expliqué que la structure hiérarchique était dominée par le ministre de l’Urbanisme et du logement, du secrétaire d’État, et de trois directeurs exécutifs chargés chacun du logement, de l’infrastructure urbaine et de l’aménagement territorial.

Bien que les services aient chacun des attributions différentes, ils doivent travailler ensemble pour réunir les divers facteurs de production – sites de construction adéquats, autorisations, infrastruc­tures de base (eau, électricité, égouts, stations d’épuration, voirie, etc.), promoteurs, entreprises du bâtiment, financements et matériaux – afin que les projets soient réalisables.

Da Silva est expert dans le logement, en particulier dans le logement social. Il a pourtant insisté sur le fait que le secteur privé jouait un rôle essentiel dans la réalisation du programme de construction de 1 million de nouveaux logements d’ici à 2017. « Nous avons créé plusieurs partenariats public-privé (PPP) et nous souhaitons impliquer davantage le secteur privé. Les investissements étrangers sont les bienvenus – les rendements sont excellents », a-t-il affirmé.

L’État apporte une contribution financière à hauteur de 20 % dans les projets PPP, tandis que l’investisseur verse 80% des fonds. En échange, l’investisseur a accès aux terrains, la plupart du temps sur des sites déjà urbanisés, équipés des infrastruc­tures de base, reliés aux services et pour lesquels les autorisations ont été accordées.

Une importante capacité administrative

De leur côté, les investisseurs doivent montrer leur capacité à respecter des normes de construction spécifiques et à mettre les logements sur le marché. L’État ne s’implique pas directement. Souvent, les promoteurs doivent proposer des logements pour les différents niveaux de revenus : bas, moyen et élevé. « Le plafond de prix pour un logement à bas coût est fixé à 60 000 $, mais un prix de 30-35 000 $ est plus réaliste compte tenu des moyens de ce segment du marché », souligne Da Silva. En revanche, le prix des logements destinés aux revenus élevés n’est pas plafonné. Le ministère a réservé 100 hectares de terres dans chaque province du pays aux logements à bas coût. « Nous voulons construire des logements hors de Luanda et des grandes villes pour désengorger les villes et contenir l’exode rural », dit-il. « Nous n’essayons pas d’enrayer l’urbanisation, comme certains le croient – l’urbanisation est inéluc­table. D’autre part, elle a le potentiel de transformer les économies et d’améliorer considérablement la qualité de vie des gens. Nous tentons de maîtriser l’urbanisation et d’éviter la prolifération de bidonvilles hideux. D’où le concept de “ville nouvelle” où les habitants profitent de tous les avantages qu’offre la vie urbaine moderne sans vivre dans la promis­cuité. C’est la voie de l’avenir non seulement en Angola, mais aussi dans le reste de l’Afrique, où la question de la planification urbaine est devenue une priorité », poursuit-il.

Il a souligné que des promoteurs et des entreprises du bâtiment telles que le géant chinois Citic, CIF (China International Fund), ainsi que des sociétés angolaises comme Imogestin et Kora Angola, construisaient un grand nombre de logements à Zango, et dans les provinces de Benguela, Bengo, Cabinda, Huíla, Lunda Norte, Uíge, Kwanza-Sud, Luanda, Moxico, Bié et Huambo.

En outre, chacune des 164 municipalités du pays affecte des parcelles de terrain hors des princi­pales zones bâties, à la construction de 200 logements. La plupart des logements à bas coût seront bâtis en « auto-construction », c’est-à-dire que l’État offre des conseils tandis que les futurs propriétaires se chargent de la construction. L’Angola possède une longue tradition dans ce domaine et, en apportant des recommandations adéquates, Da Silva espère que ce type d’habitation sera de bonne qualité.

Pour l’avenir, il estime que divers projets présentent un fort potentiel d’investissement : par exemple, les phases 2 et 3 de Kilamba qui prévoient la réalisation d’un grand nombre de logements, dont des maisons destinées à des ménages à revenu élevé.

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Written by Le Magazine de L'Afrique

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