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Société

Togo : La stratégie pour l’emploi des jeunes

Mi-décembre, les rencontres « Uemoa : entrepreneuriat et croissance », organisées par Émergence Capital et par le Club 2030 Afrique à Lomé, ont été l’occasion de revenir sur l’emploi des jeunes Togolais. Un défi de taille.

Lomé, Marie-France Réveillard, envoyée spéciale

La déconnexion entre la forma­tion et le marché de l’emploi est évidente, constate l’Insti­tut togolais de la statistique et des études économiques et démogra­phiques, qui analyse le marché du travail des jeunes de 15 à 29 ans. La majorité des jeunes employés ne disposent pas des qualifications requises pour les postes occupés et 74,2 % sont sous-qualifiés.

La plupart des étudiants veulent travailler dans des professions intellec­tuelles, scientifiques (55,2%) ou dans des professions intermédiaires (14,1 %). Des « souhaits professionnels » déconnectés du marché de l’emploi où seuls 4,2 % des étudiants accèdent à l’emploi de leurs rêves. Que dire des 65,8 % des jeunes qui aimeraient travailler pour le secteur public ? Un chiffre difficilement absor­bable par l’administration togolaise.

Renforcement des capacités

C’est la raison pour laquelle, le gouvernement cherche à renforcer les capacités de la jeunesse pour une meil­leure adéquation de la formation à la demande du marché de l’emploi, en s’appuyant sur les secteurs à fort poten­tiel : « L’économie verte, l’agrobusiness et l’industrie portuaire », en particu­lier, selon Victoire Tomegah Dogbé, ministre du Développement à la base.

Parallèlement, le gouvernement a élaboré un projet d’appui à l’employa­bilité et à l’insertion des jeunes dans les secteurs porteurs (PAEIJ-SP) visant à consolider la base industrielle en s’appuyant sur le développement de la chaîne de valeur et la multiplication des clusters agro-industriels. Le PAEIJ-SP a permis la création de 19 600 emplois, 1 200 entreprises, l’accès au finance­ment de 14 200 éleveurs et producteurs, ainsi que la formation de près d’un mil­lier de jeunes Togolais. Le programme a également soutenu la création de cinq centres de formation et de quatre insti­tutions de microfinance.

Dans sa stratégie consacrée à l’employabilité des jeunes, le Togo pourra compter sur le soutien de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie). Éric Adja, directeur Afrique francophone, a rappelé lors des rencontres à Lomé, que l’OIF finan­çait « des incubateurs pour renforcer la formation » et participait à favoriser « les échanges d’expériences » et le « développe­ment de l’entrepreneuriat des jeunes ».

L’OIF crée actuellement un incuba­teur régional à Lomé qui recevra bientôt une cinquantaine de jeunes intéressés par l’économie sociale et solidaire.

Pour atteindre la Vision Togo 2030 qui repose sur l’autonomisation de la jeunesse, l’État s’appuie principale­ment sur le FAIEJ (Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes), l’ANVT (Agence nationale de volonta­riat au Togo), le Programme vacances citoyennes et utiles et sur un programme de création de centres pour jeunes.

La ministre du Développement à la base a alerté, lors des rencontres Uemoa de Lomé : « Si nous ne faisons rien, la situa­tion deviendra un terreau fertile à la radi­calisation », avant d’ajouter : « Nous allons vers les jeunes sans formation pour leur proposer des travaux de volontariat public. Ils pourront, à terme, développer une acti­vité génératrice de revenus. »

Le FIAEJ : soutien a l’entrepreneuriat togolais

Le volontariat comme cadre de formation : un enjeu qui concerne 8 000 volontaires togolais engagés dans des projets de développement.

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