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Société

«Esprit d’Ebène» : Stop à la dépigmentation !

Depuis plusieurs années, les femmes africaines, maghrébines, asiatiques et indiennes font face à un vrai fléau : La dépigmentation de peau. «Esprit d’Ebène» a lancé depuis décembre une campagne contre ce fléau : « Stop à la dépigmentation ! ».

Par Serges David

L’actuel projet de « Esprit d’Ebène » tend à déconstruire les idées reçues installées dans la conscience des femmes et des hommes selon lesquelles l’usage de produits éclaircissants est une arme de séduction et signe d’intégration. Il s’agit donc d’informer sur les dangers de l’utilisation des produits éclaircissants et sur les traitements à adopter afin d’arrêter progressivement la dépigmentation artificielle de la peau.

La dépigmentation de peau est une pratique à risques courante chez les personnes d’origine africaine, asiatique et maghrébine. Détournés de leur usage médical, les corticoïdes contenus dans les produits éclaircissants ont non seulement des effets dévastateurs sur la peau mais aussi, une fois dans le sang, augmentent les risques d’hypertension, de diabète, d’ulcère, cancers ou de troubles psychiatriques.

De fait, la dépigmentation artificielle de la peau a une histoire. Possibles séquelles d’un passé douloureux, il semble que l’un des critères de beauté, maintenant trop persistant, est d’avoir la peau de plus en plus claire. Tendance qui malheureusement s’affiche dans la communication des marques de produits cosmétiques aussi bien en Afrique noire, en Asie, en Inde qu’au Maghreb avec des mannequins qui véhiculent un idéal de beauté au teint très clair.

La dépigmentation de peau est une pratique à risques courante chez les personnes d’origine africaine, asiatique et maghrébine. Détournés de leur usage médical, les corticoïdes contenus dans les produits éclaircissants ont non seulement des effets dévastateurs sur la peau mais aussi, une fois dans le sang, augmentent les risques d’hypertension, de diabète, d’ulcère, cancers ou de troubles psychiatriques.

Des dégâts auxquels s’ajoutent ceux causés par l’utilisation de produits artisanaux, parfois même à base d’eau de Javel. La peau reste la plus attaquée : acné, vergetures, tâches, accroissement de pilosité sont souvent au rendez-vous.

N’est pas en reste le show-business. Il se fait également l’ambassadeur de cette beauté où la couleur naturelle devient artificielle avec des stars adulées représentant ces différentes communautés qui pourtant leur ressemblent de moins en moins.

 « Esprit d’Ebène » veut amener à changer les comportements, faire en sorte que les personnes utilisant ces produits cessent cette pratique. Mettre dans l’agenda public cette question de sorte à ce que la dépigmentation artificielle ne soit plus un sujet tabou et que les personnes concernées diffusent d’elles-mêmes un message de prévention et de sensibilisation auprès de leur entourage. Il s’agit aussi de préconiser des dermatologues susceptibles de pouvoir leur venir en aide dans cette démarche.

Ce sujet est tout sauf spéculatif, parce que des personnes sont des cibles précisément toutes celles sans distinction de sexe qui ont recours à la dépigmentation artificielle de la peau quelle que soit la communauté dont elles sont issues.

Pour mener la lutte contre ce phénomène, le programme se déclinera ainsi : Il y aura deux temps, deux types d’échanges dans cette campagne : Le projet aurait lieu à Paris, notamment dans les 18è et 10è arrondissements dans un premier temps pour ensuite s’étendre aux banlieues parisiennes. Pourquoi ?

Ces arrondissements sont des lieux de vente de produits cosmétiques de tous types. A Château-Rouge, La Chapelle (18è) et Château d’eau (10è), les produits éclaircissants sont vendus dans les boutiques et aux abords. Y sont vendus et achetés des produits éclaircissants dont la compréhension de la composition est étrangère aux utilisateurs, mais aussi aux vendeurs. Pour certains, ces produits voient leur nocivité augmentée du fait de leur provenance contrefaite.

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