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African Business

Sicable, une démarche reconnue

Sicable (Société ivoirienne de câbles)

Entretien avec le directeur Lenzéni COULIBALY

Pouvez-vous nous présenter Sicable en quelques mots ?

La Société ivoirienne de câbles, basée à Abidjan, est une fi liale détenue à 51 % par Prysmian Group. Les 49 % du capital restant sont cotés à la Bourse des valeurs d’Abidjan. D’une part, Sicable fabrique des câbles basse tension en aluminium et en cuivre pour les applications dans l’industrie, le bâtiment, les infrastructures et les réseaux aériens et souterrains. D’autre part, la plateforme commerciale du groupe en Afrique francophone commercialise les câbles haute tension, moyenne tension, spéciaux (mines, ports, aéroports…) et accessoires de câbles fabriqués par les autres entités du groupe italien Prysmian.

Chaque année, ce sont plus de 3 500 tonnes de câbles qui sortent de nos entrepôts et sont mis sur le marché ivoirien et sous-régional, à travers un vaste réseau de clients et de distributeurs. Les plus importants étant au niveau local, la CIE, Bouygues Énergies et services, Sogelux et DMEIB, et à l’export, les principales sociétés d’électricité que sont la Sonabel au Burkina, ENEO (ex-AES Sonel) au Cameroun, et EDM au Mali pour ne citer que ceux-là.

Sicable, qui est ancrée depuis sa création en 1976 dans une politique de certifi cation de ses câbles sous licence NF USE de 1978 à 2000 et NI (Normes ivoiriennes) de 2000 à ce jour, a de tout temps privilégié la qualité de ses produits. Cette démarche de qualité reconnue des produits passe inévitablement par le maintien de la certifi cation du Système de management de la qualité (SMQ) au travers des référentiels ISO 9000. À moyen terme, elle envisage l’accréditation à l’ISO 17025 de son laboratoire d’essais.

Quels sont pour vous les enjeux du développement durable ?

Nous constatons ces dernières années que la plupart des pays africains amorcent une nouvelle ère de développement de leurs réseaux (construction de leurs infrastructures, routes, réseaux d’eau et d’électricité, de fibres optiques, etc.) fi nancés par un endettement important.

Vu les enjeux et les coûts, il faut que ces réalisations soient pérennes, en termes de fiabilité et de durée de vie ainsi qu’en termes de protection des personnes, des biens et de l’environnement. Ainsi, il est indispensable que les acteurs du développement, qu’ils soient partenaires publics ou privés, s’appuient sur des standards, des exigences minimales qui s’appliquent à leurs réalisations.

Ces standards sont communément appelés « normes » et existent partout dans le monde. Pour mettre sur le marché des biens de consommation, destinés aux infrastructures de réseaux d’énergie et de télécommunication, les fabricants ou les constructeurs doivent apporter la preuve de conformité de leurs réalisations par rapport aux standards internationaux (fi abilité, durabilité, protection de l’environnement…), par la présentation d’un certificat ou d’une attestation établis par un organisme neutre et reconnu.

Existe-t-il un tel organisme en Côte d’Ivoire ?

Comme partout ailleurs, c’est le rôle des organismes certifi cateurs tels que l’ISO (mondial), CEN (européen), Afnor (français) et Codinorm (ivoirien).

En 1992, la Côte d’Ivoire a créé Codinorm, au sein duquel Sicable exerce un mandat d’administrateur. Nous avons ainsi contribué à la création de normes ivoiriennes dans différents domaines d’application, avec une insistance particulière sur les câbles électriques.

Pensez-vous que la filière électrique est adaptée au développement durable que vous préconisez ?

Pour réussir, les pouvoirs publics doivent s’engager dans une démarche volontariste afi n de rendre les normes liées à la sécurité des biens et des personnes d’application obligatoire par voie réglementaire dans le cadre des contrats et des marchés publics. Ils doivent également organiser et structurer les filières industrielles pour créer de la valeur ajoutée « nationale, communautaire ou régionale », dans le strict respect des normes. L’objectif étant de contribuer ainsi à créer des emplois et des ressources stables qui s’appuieront sur un véritable savoir-faire.

Les distributeurs-installateurs et clients finaux ont également un rôle à jouer :• connaître et définir clairement les spécifications techniques des câbles qu’ils achètent.• structurer le marché en fournissant des règles du jeu.• faciliter les échanges en clarifiant les relations clients-fournisseurs. Enfin, la filière des industriels et fabricants doit :• défendre les intérêts et montrer le savoir-faire de la filière à travers le respect des normes en vigueur par la mise en place d’un syndicat professionnel.• parler d’une même voix avec les professionnels du secteur et les pouvoirs publics. 

Quels sont les apports de Sicable dans la reprise économique de la Côte d’Ivoire ?

Même si Sicable est une entreprise ivoirienne, nous revendiquons notre appartenance à un ensemble beaucoup plus vaste représenté par la Cedeao et la Cemac.

Ainsi, pour accompagner la reprise économique de la Côte d’Ivoire en particulier et de l’ensemble des pays de la sous-région, nous exécutons, depuis 2014, un vaste programme de remise à niveau de notre outil de production.

Nous serons ainsi en mesure d’accompagner les ambitieux programmes de renforcement des réseaux électriques, d’électrifi cation rurale de même que les créations de nouvelles usines et les nombreux programmes immobiliers lancés par le gouvernement ivoirien.

Et continuer à promouvoir la qualité par de l’information et de la formation, en proposant à chaque fois les dernières avancées technologies dans notre domaine d’activité.

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Written by African Business

Fort de son succès, ce magazine est une référence pour les femmes et les hommes d’affaires en Afrique. Il permet aux décideurs d’avoir une approche concrète du marché et de saisir de nombreuses opportunités à travers le continent africain. African Business est respecté et reconnu pour son intégrité éditoriale et sa contribution au développement de l’Afrique. Tous les secteurs de l’économie sont couverts par des journalistes renommés. Les numéros annuels sur les “200 Premières banques” et les ‘‘250 Premières entreprises’’ sont devenus de réels outils de travail et des indicateurs du climat des affaires en Afrique. Chaque année, les Trophées d’African Business récompensent la réussite des entrepreneurs et des les entreprises les plus performantes du continent.

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