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African Banker

Sénégal: La BSIC consolide sa position

La Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce mise sur son expérience africaine pour consolider ses positions, dans un paysage bancaire sénégalais fortement concurrentiel.

Dakar, Seydou Ka

Deuxième économie de l’Uemoa, le Sénégal constitue un marché essentiel pour la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (BSIC). Pour consolider sa position et marquer davantage son ancrage dans le pays, où elle est implantée depuis 2004, la banque a inauguré, le 20 décembre 2016, son nouveau siège situé dans le pôle d’affaires de la VDN à Dakar.

Cet édifice construit sur 4 189 m2 pour un montant global de 33 milliards de FCFA (50,3 millions d’euros), dans un mélange de styles architecturaux soudano-sahélien, est présenté comme le symbole de l’engagement de la BSIC au Sénégal. « L’inauguration de ce nouveau siège s’inscrit dans le cadre de l’initiative consistant à construire un siège dans chacun des pays où nous sommes présents afin de marquer notre ancrage et renforcer les liens de confiance avec la clientèle », explique Ali Omar Almoktar, PDG du groupe.

Pour Adama Diop, directeur de la filiale sénégalaise, ce nouveau siège constitue aussi « un engagement à mieux positionner la BSIC au Sénégal, à mieux soutenir le financement de l’économie et à faire de BSIC Sénégal une fenêtre d’entrée du groupe dans l’économie du pays ».

D’ailleurs, « c’est parce qu’il croit en l’Afrique que le groupe construit des sièges dans tous les pays où il est implanté. Cette politique est révélatrice de nos ambitions », complète Mamadou Diouf, responsable de la filiale malienne. Avec un réseau de 15 agences à Dakar et dans les grandes régions, la BSIC est bien implantée au Sénégal.

Le total de bilan est « en progression régulière », passant d’environ 85 milliards de F.CFA en 2015 à 100 milliards de F.CFA (152,6 millions d’euros) en 2016. « Nous entendons continuer sur cette cadence en diversifiant notre portefeuille, en offrant des services bancaires variés, mais aussi en densifiant notre réseau », promet Adama Diop.

Le groupe mise sur son expérience africaine pour faire face à la rude concurrence sur la place de Dakar, qui compte une trentaine de banques et d’établissements financiers. « Le groupe s’est installé depuis une dizaine d’années dans différents pays africains, il continue de développer son réseau d’agences bancaires et les activités sont en train de se développer dans tous les pays où il est présent », explique Mamadou Diouf. Pour Adama Diop, « à Dakar, l’environnement bancaire est favorable, l’économie est dynamique et il y a des chantiers intéressants dans le cadre du Plan Sénégal émergent ».

Intégrer la donne sécuritaire

Depuis le démarrage de ses activités, la BSIC intervient dans tous les secteurs clés de l’économie des pays membres : l’agriculture, les hydrocarbures, l’énergie, les télécommunications, les BTP, l’industrie, le commerce, l’immobilier, etc.

Le montant global des financements accordés à ces secteurs depuis le démarrage des activités de la banque atteint plus de 6,4 milliards d’euros (4 198 milliards de F.CFA), dont 3,8 milliards d’euros (2 493 milliards de FCFA) entre 2012 et 2015. Malgré ce dynamisme, la BSIC est confrontée à de nombreux défis, notamment la question politico-sécuritaire du Sahel. « Cette question sécuritaire est un problème global, qui interpelle tous les acteurs, l’État en premier lieu. Maintenant, c’est clair que sans sécurité, il est difficile d’œuvrer au développement encore moins de faire fructifier les investissements », reconnaît Mamadou Diouf, qui sait que le Mali est l’un des pays les plus touchés par cette insécurité. Si la BSIC essaie de s’adapter à cette nouvelle donne, l’instabilité freine certains projets.

« Il demeure des zones où la situation est encore un peu difficile, mais nous croyons au développement de nos pays ; ce sont des capitaux africains, donc le groupe s’adapte aux différentes situations pour qu’elles ne contrarient pas son développement », explique Mamadou Diouf.

De nouvelles diversifications

De son côté, Ibrahim Abani, le secrétaire général de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD), dénonce « l’image négative » véhiculée par les médias occidentaux sur le Sahel et qui « nuit » aux affaires.

Après le sommet extraordinaire de N’Djamena, mi-février 2013, qui avait permis à la CEN-SAD de sortir de l’hibernation dans laquelle l’avaient plongée la crise libyenne et la mort de Mouammar Kadhafi, l’assemblée générale du 10 avril 2013, tenue à Dakar, avait permis à la BSIC, son bras financier, de continuer ses activités, avec de «nouvelles règles ».

Aujourd’hui, la BSIC entend puiser dans son « expérience africaine » pour intégrer la nouvelle donne politico-sécuritaire et contribuer davantage au financement des économies africaines, notamment dans le secteur des infrastructures, promet Ali Omar Almoktar.

D’autre part, le groupe entend raffermir sa présence sur les marchés financiers avec la création d’une filiale (la Société de gestion et d’intermédiation BSIC Capital) spécifiquement dédiée à ce segment. D’après le PDG, cet instrument devrait jouer un rôle clé dans la relance de l’économie à travers des opérations de levée de fonds pour le compte des États membres de la CEN-SAD et des entreprises nationales.

En outre, dans le souci de diversifier ses opérations, le groupe va lancer des guichets de finance islamique dans l’ensemble de ses filiales. Il va aussi renforcer sa coopération avec les autres institutions financières spécialisées dans le domaine du développement, à travers sa participation aux grandes opérations de financements syndiqués en faveur des États membres et des sociétés nationales, notamment en ce qui concerne l’accompagnement des entreprises exportatrices, ainsi que le financement des importations des produits de première nécessité.

ENCADRE

Le groupe BSIC en quelques chiffres

Créé en avril 1999, en vue d’être le bras financier de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD), forte de 29 pays membres, le groupe BSIC dispose de 14 filiales, deux sociétés affiliées (la société d’assurance Al Qafi la basée en Libye et la société immobilière Sahari dont le siège se trouve au Soudan) et un bureau de représentation basé à Tunis.

À ce jour, le groupe dispose d’un réseau de 146 agences bancaires et emploie plus de 2 200 salariés. Pour l’ensemble du groupe, le total bilan consolidé s’établit à 2,5 milliards d’euros, soit 1 640 milliards de FCFA, au 31 décembre 2015.

Pour consolider sa position, le groupe BSIC a augmenté son capital, passé de 500 à 750 millions d’euros, et accueilli de nouveaux actionnaires.

Conformément aux résolutions adoptées lors de l’assemblée générale ordinaire du 10 avril 2013 à Dakar, le groupe a aussi ouvert ses capitaux aux institutions, fonds et organismes régionaux de développement, et adopté un nouveau plan stratégique pour la période 2014-2018 reposant sur la synergie entre activités de financement du développement et activités de banque universelle.

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Written by African Banker

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