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Art et Culture

Samtou Kidabili : « Nous refusons d’être absents du circuit mondial »

l’Afrokalyptik challenge, battle conçu spécialement pour le festival All4house Afrika, qui met en compétition uniquement des danseurs pratiquant des danses d’origine africaine ou caribéenne ; le All Styles Challenges, battle qui met en compétition des danseurs pratiquant tous les styles de danses hip-hop. La finale est en fait la globalité de l’événement en Côte d’Ivoire qui clôture la boucle de tous ceux que nous avons eu sur les autres continents.

Depuis sa création, All4House a organisé des éditions au Brésil (2016), en Corée (2016), au Cameroun (2017), aux États-Unis (2017) et d’autres spectacles sont en cours de négociation pour être organisés en Suède et en Corée du Sud. Est-ce pour cela que All4House organise un évènement à Abidjan ?

En fait All4House organise des événements dans divers pays pour donner une vitrine à All4House Afrika. En effet, réunir des danseurs férus de culture house, leur proposer des rencontres à l’issue desquelles le vainqueur gagnera sa participation à la finale au All4House Afrika – aux côtés de tous les autres participants venus de tous les horizons du monde – c’est ça le but.

Qu’il s’agisse des événements All4House mondiaux ou du festival All4house Afrika l’objectif est de faire converger vers l’Afrique, des danseurs des quatre coins du monde. Dans tous les cas, les danseurs se voient offrir l’opportunité de se surpasser en côtoyant d’autres danseurs, d’autres styles, d’autres cultures et tous ces échanges doivent contribuer à l’enrichissement de toutes les pratiques.

Après Abidjan, quelle est la suite ? Un rendez-vous annuel en Afrique comme il en existe en Europe avec Battle of the Year, Summer Dance Forever ou Juste Debout ? 

C’est exactement cela : nous prévoyons un rendez-vous annuel en Afrique. Cette année nous avons choisi la Côte d’Ivoire, notamment, parce que nous y avions des partenaires, ce qui devait faciliter sa mise en œuvre. Mais le but est de choisir un pays africain différent pour chaque finale, car pour nous l’Afrique symbolise le retour à la source.

Pourquoi estimez-vous que les événements de All4House dans le monde sont aussi une vitrine pour l’Afrique ?

C’est pas tant une vitrine pour l’Afrique qu’une vitrine pour les danseurs dans l’espace africain. Par exemple, aujourd’hui, les danseurs partout dans le monde veulent participer au « Juste Debout », parce que cet événement est une vitrine de ce qui se fait de mieux en matière de danses urbaines, pas parce que c’est une vitrine de la France ou de Paris. C’est la qualité de l’événement et le niveau de ses participants qui en fait une vitrine pas le lieu. C’est ce que nous souhaitons pour All4House Afrika : devenir un rendez-vous annuel de haut niveau intégrant les danseurs du monde, y compris les Africains.

Ousmane Sy, dit Babson*, développe le concept All4House depuis 2014. Il est danseur et chorégraphe hip-hop, spécialiste de house dance. Que veut-il ? Où va-t-il avec cette initiative culturelle ? A-t-il un message spécifique à faire passer ?

Avec l’expérience acquise en tant que membre du groupe Wanted Posse, co-fondateur du groupe Serial Stepperz et fondateur du groupe ParadoxSal, Babson sait qu’il y a « des bons danseurs partout dans le monde, de l’Asie aux Etats-Unis, de l’Europe à l’Afrique – même si ces derniers sont souvent les grands oubliés de la scène internationale ».

En tant que danseur, il souhaite donc que ses pairs « aient tous les mêmes chances, peu importe le continent dont ils sont originaires ». Comme selon lui « est maître des lieux, celui qui organise », il considère qu’il est temps de créer des alliances nouvelles qui transcendent les appartenances continentales non seulement en intégrant voire en faisant émerger les danseurs africains, mais aussi et surtout en déplaçant l’épicentre des festivals et autres Battles organisés dans le monde.

Il sait que le challenge est difficile à relever d’autant plus pour quelqu’un d’origine africaine né en France ; mais il reste convaincu que cette initiative permettra d’encourager les organisateurs d’événements autour de la danse, à entreprendre en Afrique. Dans tous les cas, connaissant l’extraordinaire pouvoir de fédération de la danse, il espère que ce retour aux sources africaines rappellera aux participants du monde son caractère universel.

*Ousmane Sy, dit Babson est membre du groupe Wanted Posse, co-fondateur du groupe Serial Stepperz et fondateur du groupe ParadoxSal.

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