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Analyse et Opinion

[Devoir de mémoire] – Plus de 400 ans de violence

L’effectif dans cette petite maison variait entre 150 et 200 esclaves. L’attente du départ durait parfois près de trois mois. Ces esclaves ayant affaire à des voiliers pour le transport. Dans cette maison, le père, la mère et l’enfant étaient dans les cellules séparées », ne cessait de répéter Joseph Ndiaye, défunt conservateur de cette « maison des esclaves » de Gorée.

Au terme de cette attente interminable, l’heure vient du déchirement, de la blessure, de la séparation et du départ, à travers le couloir du voyage sans retour, vers l’inconnu. A cet étape précise, les bateaux négriers prennent le relais, entassent les « sous-hommes » les uns sur les autres pour une longue, très longue traversée de la mer, et les quelques courageux esclaves qui osaient se rebeller étaient tout simplement jetés à l’eau à la merci des requins.

  

Pendant 400 ans, les colons ont ainsi dépeuplé l’Afrique, la réduisant à sa plus simple expression, plombant son évolution socio-politique, anéantissant ses rites culturels et cultuels et pillant ses ressources. L’Afrique n’a pas oublié.

Evoquer ce passé douloureux n’est assurément pas « regarder dans le rétroviseur », encore moins s’apitoyer sur son sort. Pourquoi donc instruit-on un procès en nostalgie à l’endroit de ceux qui appellent les coupables à admettre que ce qu’ils ont fait défie toute compréhension humaine, et donc qu’ils doivent tout au moins le reconnaître ?

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