Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

Analyse et Opinion

Opinion : Tunisie un peu d’espoir

Où en est la Tunisie aujourd’hui ? De nombreux signaux sont à l’orange. Le taux de croissance résume à lui seul les difficultés du moment. Il n’a pas, selon l’Institut national de la statistique (INS), dépassé en 2016 les 1%.

Par Mariem Brahim – économiste à l’Ipemed

C’est bien en dessous des attentes. Le secteur agricole a notamment tiré la croissance vers le bas en enregistrant une chute de 8,1% de sa production. Du reste, en écartant celui-ci, le taux de croissance s’établirait à 2%.

Les industries non manufacturières, quant à elles, ont affiché un repli de 1,9%, ce qui est surtout dû à la baisse de la valeur ajoutée des secteurs des hydrocarbures et de l’extraction minière, respectivement de 3% et de 3,3%.

La Tunisie doit, à présent, engager ou poursuivre des réformes structurelles ainsi qu’un plan d’investissement ambitieux. Il s’agit de donner un nouveau souffle aux entreprises et aux différents secteurs, notamment l’industrie et le tourisme.

En résulte une envolée du taux de chômage, de l’ordre de 15,5% en 2016. Depuis la révolution du 14 janvier 2011, l’économie tunisienne continue de faire preuve d’une grande fragilité dans des contextes national et international difficiles. Mais cette vision globale masque la diversité des situations.

Prenons, pour l’illustrer, le cas de l’industrie. Selon le Bulletin de conjoncture de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (Apii), l’investissement déclaré dans le secteur industriel a atteint, en janvier 2017, un montant de 203,9 MD, contre 223 MD lors du mois de janvier 2016.

C’est une baisse de 8,6%. Par rapport à décembre 2016, le mois de janvier 2017 a connu une baisse de 47,8% au niveau des projets à réaliser, une diminution de 78,4% pour les investissements déclarés et un recul de 55,5% concernant les emplois à créer.

Si l’on s’attache aux investissements déclarés par secteur, celui des industries chimiques a affiché un taux d’accroissement de 31,7%, soit 30,3 MD, contre 23 MD en janvier 2016. Mais cette poussée est essentiellement due à la création d’une unité de fabrication de produits d’entretien pour un montant de 12 MD, dont le capital est par ailleurs totalement d’origine étrangère.

Il en est de même pour le secteur du cuir et de la chaussure, dont les investissements déclarés ont grimpé de 180%, soit 1,4 MD en janvier 2017, contre 0,5 MD durant le mois de janvier 2016. 

A l’inverse, les autres secteurs industriels ont enregistré des résultats négatifs durant le mois de janvier 2017. Dans l’agroalimentaire, les investissements ont diminué de 23,9%, passant de 68,3 MD à 52,0 MD.

Les industries mécaniques et électriques ont, elles aussi, enregistré une baisse de 7,4% en janvier 2017, avec des investissements déclarés de 67,8 MD, contre 73,2 MD dans le même mois de l’année précédente.

Il est vrai qu’en janvier 2016 avaient été déclarées la création d’une fonderie totalement exportatrice pour un montant de 25 MD et l’extension d’une unité (totalement exportatrice) de fabrication de cartes électroniques pour un montant de 11,7 MD, avec un capital étranger à 100%.

Les matériaux de construction, la céramique et le verre ont connu la même chute. Les investissements déclarés se sont limités à 22,8 MD, contre 31,6 MD, soit une baisse de 27,8%. Dans le secteur du textile-habillement, enfin, le recul a été de 18,8% (7,8 MD contre 9,6 MD en janvier 2016).

Aussi contrasté soit-il, un tel bilan joue sur la balance commerciale. Comme en témoignent les dernières statistiques publiées par l’INS sur l’évolution des échanges avec l’extérieur, le déficit commercial s’aggrave. Il a doublé en l’espace d’un an : 507,2 MDT enregistrés en janvier 2016 contre 1221,8 MDT cette année.

De fait, le taux de couverture des importations par les exportations est passé de 80,2% en 2016 à 64,8% un an plus tard. Les importations ont donc augmenté de 35,6% pour un volume de 3474,8 MDT, contre une baisse de 18% enregistrée une année auparavant.

Une hausse de 277,9% a ainsi été observée dans les importations des produits énergétiques : 371,9 MDT contre 62.7 MDT, soit un solde énergétique déficitaire de 309,2 MDT. C’est la raison pour laquelle la Banque Centrale de Tunisie, dans sa dernière note d’analyse, a rédigé un vibrant appel pour limiter les importations improductives.

1

Rate this article

Author Thumbnail
Written by African Business

Fort de son succès, ce magazine est une référence pour les femmes et les hommes d’affaires en Afrique. Il permet aux décideurs d’avoir une approche concrète du marché et de saisir de nombreuses opportunités à travers le continent africain. African Business est respecté et reconnu pour son intégrité éditoriale et sa contribution au développement de l’Afrique. Tous les secteurs de l’économie sont couverts par des journalistes renommés. Les numéros annuels sur les “200 Premières banques” et les ‘‘250 Premières entreprises’’ sont devenus de réels outils de travail et des indicateurs du climat des affaires en Afrique. Chaque année, les Trophées d’African Business récompensent la réussite des entrepreneurs et des les entreprises les plus performantes du continent.

Related Posts

Recevez nos Newsletter

Si vous souhaitez recevoir par mail une information pertinente, crédible et incontournable, inscrivez-vous à notre newsletter.

Aidez-nous à améliorer notre contenu