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Analyse et Opinion

Opinion : Le retour de Ramaphosa

Une fortune fulgurante

Puis Ramaphosa a quitté la scène politique, un peu forcé. Mandela lui a confié un Black Economic Empower­ment sans moyens conséquents. C’est en utilisant l’argent des fonds de retraite des mineurs qu’il va réussir et à constituer la plus importante base capitalistique noire du pays et à se bâtir une fortune person­nelle considérable.

Ce, non pas grâce à son statut d’importateur de Coca-Cola et de McDonald, comme ses détracteurs le rapportent, mais parce qu’il a voulu que la presse écrite du pays revienne aux Noirs. Avec l’argent des fonds de pension, il a racheté Johnnic, une maison d’édition un peu endormie. Il y a trouvé une filiale encore sans grande activité, l’opérateur de téléphonie mobile NTM. Il négocie alors son introduction au Nigeria où l’opé­rateur prend très vite la première place du marché. La plus value est tellement considérable que les administrateurs des fonds de pension décident d’introduire NTM à la Bourse de Johannesburg.

Et c’est de là que Ramaphosa, possesseur d’actions NTM qu’il préside, tient le début de sa fortune. Tout en continuant à investir l’argent des retraites des mineurs dans l’économie moderne du pays, notamment dans les banques locales (en les obligeant à investir essentiellement dans le pays et non à l’étranger), il crée son propre fonds d’investissement. Résultat : les mineurs sont aujourd’hui propriétaires de plus de 12 % de la capitalisation boursière sud-africaine et Ramaphosa disposerait d’une fortune supérieure à 500 millions de dollars ! Ce, sans avoir, lui, bénéficié d’une rétrocession minière comme tous les autres milliardaires noirs sud africains proches des présidences successives.

Ses amis syndicalistes le pressent depuis des années pour qu’il revienne à la politique : non pas que les frasques de Jacob Zuma leur fassent réellement peur, mais parce qu’ils sentent que leur poids politique s’érode. La croissance a ralenti, les investissements ont terriblement baissé et les revenus restent très inégaux (voir graphiques). Ramaphosa accepte et devient vice-président à côté de Zuma en 2014 avec la perspective de lui succéder à la fin de son mandat en 2019.

Les deux hommes ont une vue très différente des actions à mener : Zuma est assez traditionaliste et estime que les Noirs doivent retrouver la propriété du sol, de l’agriculture et des mines, pour s’émanciper. Alors que Ramaphosa, plus impliqué dans l’économie moderne, souhaite que les entreprises du pays ait un encadrement noir et que les Noirs deviennent propriétaires de la grande majorité des entreprises.

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Written by African Business

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