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African Banker

Analyse : L’essor du financement participatif

Un nombre encore limité de ces entreprises se développe suffisamment et accède ensuite au secteur formel : l’enjeu de la microfinance est désormais d’accom­pagner ces microentreprises vers le secteur formel pour permettre au crowdfunding de prendre le relais du financement sur des montants plus importants. En outre, finance participative et microfinance se combinent déjà, l’une servant à lever les capitaux auprès des internautes, l’autre agissant sur le terrain pour distribuer les microcrédits auprès des entrepreneurs locaux.

C’est le modèle mis en oeuvre par Kiva.org, avec son réseau de Field Partners constitués notamment d’institutions de microfinance. Le succès de ce type de plate­formes et, plus généralement des plateformes non-résidentes, est illustratif du fait que la diaspora utilise la finance participative pour financer des projets locaux.

Quelques contraintes

La diaspora africaine, qui constitue un des premiers gisements d’investisseurs sur le continent, paraît favorable au développement de ces outils. Parallèlement, le rattrapage économique de grande ampleur en cours sur le continent africain est freiné par les difficultés rencontrées par les petites entreprises et des projets innovants à accéder au financement.

En effet, le crédit bancaire, d’une part, se concentre sur certains secteurs seule­ment et se caractérise par des spreads élevés, des maturités relativement courtes et une aversion généralisée au risque. Les marchés boursiers ont, d’autre part, une taille et une liquidité modestes et cela, malgré l’exis­tence de bourses dédiées aux PME comme Nilex en Égypte ou Altex en Afrique du Sud.

Enfin, le capital-investissement rencontre un faible taux de pénétration sur le continent, avec 3,6 milliards $ levés en Afrique subsa­harienne durant l’année 2015, à comparer aux 44 milliards levés au total dans les pays émergents durant la même période.

C’est dans le secteur traditionnel du don (avec ou sans contrepartie) que le crowdfun­ding s’est d’abord développé en Afrique, relève la Banque mondiale. Ainsi, les principales plateformes résidentes, M-Changa (Kenya) et Thundafund (Afrique du Sud) sont des plateformes de don. Dans ce contexte, il existe bien un potentiel de croissance important pour le crowdequity et le crowdlending en Afrique, à l’instar de ce qui se passe dans le reste du monde.

Le taux de bancarisation en Afrique est l’un des plus faibles au monde. Or, les solutions de paiement généralement utilisées par les plateformes de crowdfunding (cartes bancaires, Paypal, Apple Pay, etc.) nécessitent pour les porteurs de projet, comme pour les internautes, de disposer d’un compte bancaire.

Toutefois, le développement rapide des services financiers sur mobile (tels les porte-monnaie électroniques et les solu­tions de M-payment) devrait permettre de lever cet obstacle. M-Changa est ainsi l’une des premières plateformes à marier mobile wallets et crowdfunding en utilisant la solution de paiement par mobile, mises en oeuvre par M-Pesa.

ENCADRE

Comment cela marche…

Le financement participatif (ou crowdfunding) permet à des porteurs de projet de lever des fonds, par l’intermédiaire d’une plateforme internet spécialisée, auprès d’un large public d’internautes composé de personnes physiques ou morales, sans aucune limite géographique, comme le permet l’Internet. Peuvent être financés par cet intermédiaire la création de start-up, des projets culturels, artistiques ou associatifs. Le modèle se décline en trois grands types de plateformes : Les plateformes de prêt, rémunéré ou non. C’est le crowdlending ou peer-to-peer lending.

Les plateformes de don, avec ou sans contrepartie. Lorsque le don est réalisé avec une contrepartie, cette dernière correspond généralement à une récompense sous forme de biens ou services liés au projet financé. Les plateformes qui lèvent des financements sous forme de titres financiers (actions ou titres de dette, voire bons de caisse dont les mini-bonds). C’est le crowdequity.

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Written by African Banker

C'est le seul magazine dédié au secteur bancaire et financier en Afrique. Deux éditions en français et en anglais couvrent la totalité du continent. African Banker est un réel outil de travail pour tout les acteurs de ce secteur. Le monde bancaire et financier connaît une croissance et une concurrence de plus en plus fortes et joue un rôle essentiel dans le développement économique de l’Afrique.

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