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African Business

Olowo-N’djo Tchala, fondateur de Alaffia

Spécialiste du commerce équitable Olowo-N’djo Tchala développe, à travers Alaffia, un modèle original qui combine recherche de rentabilité, créations d’emplois et aide au développement. Entre États-Unis et Afrique.

Lomé, Edem Gadegbeku

Taille et physique de catcheur, sens des affaires, pragmatique, Olowo- N’djo Tchala, Américano-togolais, la quarantaine franchie, est depuis 2004 le patron d’Alaffia. Cette entreprise basée à Washington, est spécialisée dans le commerce équitable du beurre de karité, de l’huile de noix de coco et d’autres ressources renouve­lables originaires d’Afrique de l’Ouest, parti­culièrement au Togo.

En 2003, sa première coopérative de transformation du beurre de karité a conforté les premiers pas de la société, cinq ans avant l’éligibilité du Togo au méca­nisme AGOA des échanges américano-afri­cains. « Alafia » est un terme emprunté à une formule de salutation ou d’adieu utilisée dans diverses ethnies, à la fois au Togo, au Bénin et au Nigeria.

La marque Alaffia, commercialisée sur l’en­semble du territoire américain, a développé un modèle commercial rentable et performant, en se basant sur la transformation traditionnelle du beurre de karité et de l’huile de noix de coco par des coopératives de femmes en Afrique occidentale, transformation vouée à produire savons, shampooings et lotion de haute qualité. Des produits destinés aux consommateurs américains soucieux d’éthique.

Encore peu connu du grand public, ce capitaine d’industrie au chiffre d’affaires annuel de 30 millions de dollars a été au centre de toutes les attentions durant la tenue de la 16e édition de l’AGOA Forum, organisé

en 2017, à Lomé. Alaffia collecte et procède à la prétransformation artisanale, suivant des techniques traditionnelles, de ses matières premières dans différentes coopératives gérées par des femmes en milieu rural.

De la suite dans les idées

L’entreprise est devenue le premier employeur privé dans la région Centrale du Togo, avec un total de près d’un millier de membres et d’employées de ses coopéra­tives. L’unité de production finale est basée à Olympia (État de Washington) et emploie près de cent personnes.

« Les bénéfices issus des ventes de nos produits sont redistribués aux coopératives productrices des matières premières », clame le patron d’Alaffia, originaire lui-même du Nord-Togo, précisément du village de Kambolé, et issu d’une famille aux revenus modestes. « Cette entreprise et ses réalisations sociales sont à la fois une fierté et un modèle pour les opérateurs économiques togolais », encourage Bernadette Legzim-Balouki, ministre du Commerce.

Des plantes et des hommes

Marié à une Américaine (ex-volontaire du « Corps de la paix » au Togo, ethnobota­niste de formation, cofondatrice d’Alaffia), père de deux filles, Olowo Tchala symbolise l’archétype de l’homme d’affaires « résolu­ment optimiste », quelles que soient les vicis­situdes auxquelles son entreprise fait face. « L’Afrique peut et doit s’auto-aider via des activités génératrices de revenus, elle a égale­ment des valeurs et un savoir-faire à offrir à l’Occident » : tels sont les slogans favoris de cet Américano-africain au verbe haut, le regard perçant, porteur de convictions solides, ancrées dans les valeurs culturelles d’Afrique.

Une approche à même de dynamiser le commerce Afrique États-Unis dans des filières jusque-là peu valorisées que sont la cosmétique, la lingerie, le vestimentaire ou encore l’agroalimentaire.

Depuis treize ans, les ventes de produits d’Alaffia ont financé la plantation de plus de 57 575 arbres pour accélérer le reboise­ment au Togo, la distribution de fournitures scolaires à plus de 32 842 élèves, des soins maternels de 4 463 femmes rurales, etc.

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Written by African Business

Fort de son succès, ce magazine est une référence pour les femmes et les hommes d’affaires en Afrique. Il permet aux décideurs d’avoir une approche concrète du marché et de saisir de nombreuses opportunités à travers le continent africain. African Business est respecté et reconnu pour son intégrité éditoriale et sa contribution au développement de l’Afrique. Tous les secteurs de l’économie sont couverts par des journalistes renommés. Les numéros annuels sur les “200 Premières banques” et les ‘‘250 Premières entreprises’’ sont devenus de réels outils de travail et des indicateurs du climat des affaires en Afrique. Chaque année, les Trophées d’African Business récompensent la réussite des entrepreneurs et des les entreprises les plus performantes du continent.

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