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Politique

Olesegun Obasanjo : Nous pouvons changer les choses

Il est sans doute l’une des personnalités les plus respectées d’Afrique, pour la sagesse de ses réflexions. Nous avons rencontré Olesegun Obasanjo à Londres, à l’occasion du Forum de l’Africa Food Prize, dont il explique le bien-fondé.

Propos recueillis par Charlie Mitchell

 Vous soutenez depuis longtemps l’agriculture africaine et vous présidez le Prix pour l’alimentation en Afrique. Comment ce prix peut-il aider à surmonter les défis liés à l’agriculture africaine ?

On parle de la pauvreté en Afrique. Dieu n’a pas créé l’Afrique pauvre. La pauvreté n’est pas l’oeuvre de Dieu, mais celle de l’homme. Nos politiques, la façon dont nous les mettons en application, notre approche du marché, la manière dont nous abordons la transformation des aliments et nos méthodes de stockage ont rendu l’Afrique pauvre.

L’Africa Food Prize est destiné à identifier les personnes, les groupes, les organisations, les institutions, les organismes de la société civile, etc., qui sont importants dans la chaîne de valeur agricole.

L’unité se réalise quand le peuple fait confiance à son dirigeant. Si ce dernier ne s’intéresse qu’à sa tribu, il a échoué avant de commencer. Un bon dirigeant doit être impartial et donner à chacun ce qu’il mérite.

Nous les identifions, nous les encourageons et nous les présentons comme des modèles afin de stimuler la production agricole et améliorer la sécurité alimentaire, pour que l’Afrique ne soit plus une victime et pour que chaque Africain puisse accéder à l’alimentation de manière fiable, stable et prévisible.

Pourquoi la révolution verte n’a pas eu lieu en Afrique ?

Avant l’ère coloniale, l’Afrique était un continent de production agricole. Pendant l’époque coloniale, l’Afrique produisait essentiellement des biens agricoles qu’elle échangeait contre des biens manufacturés.

Mais nous avons accédé à l’indépendance sans vraiment connaître le fonctionnement du commerce international. Dans certains pays, de nouvelles matières premières sont apparues, comme le pétrole au Nigeria. Ici et là, des conflits ont éclaté. Et certains pays n’ont pas suivi l’évolution des technologies et n’ont pas adopté les semences améliorées. Ainsi, nous avons produit moins de matières premières agricoles, moins de cultures de rente et nous avons été pris au dépourvu.

Lorsque le Nigeria est devenu indépendant en 1960, il ne s’est même pas doté d’un ministère de l’Agriculture. Quelle négligence ! Dans certains pays, les paysans ont perdu leurs terres et, dans de nombreuses régions d’Afrique, les femmes, qui participent activement à la production agricole, n’ont pas de droits fonciers. Ce sont quelques-uns des problèmes auxquels l’Afrique est confrontée.

Pourquoi devrions-nous en Afrique dépendre du blé, alors qu’elle n’en produit pas ? Le manioc et l’igname remplacent très bien le blé.

Quand j’ai été élu Président, le Nigeria produisait 30 millions de tonnes de manioc. Quand j’ai quitté la présidence, huit ans plus tard, notre production était passée à 50 millions de tonnes. Il est possible de changer les choses.

À propos du Nigeria, que pensez-vous de l’absence du président Muhammadu Buhari, à Londres depuis plusieurs mois pour des raisons médicales ?

Tout le monde peut tomber malade ; cela n’a rien d’extraordinaire que le président Buhari soit malade. Notre constitution a prévu cette situation. Si notre Président, pour une raison ou une autre, est absent ou dans l’incapacité de s’acquitter de ses responsabilités de manière temporaire, le vice-Président le remplace. C’est ce qui se produit actuellement. Je souhaite à Muhammadu Buhari un prompt rétablissement, mais je ne pense pas que l’on doive s’inquiéter de cette situation.

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