Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

African Business

« Empire du poulet » : Alou Naba Maïmouna imbattable

Passionnée par l’élevage traditionnel de la volaille, Naba Maïmouna se bat pour rendre la filière compétitive. Elle doit cependant compter avec la présence d’autres acteurs bien structurés.

Niamey, Sani Aboubacar

« Si on enlève l’aviculture de la vie de Maïmouna, il ne reste plus rien. » C’est ainsi que Seyni Naba définit le rapport de son épouse, Alou Naba Maïmouna, promotrice de l’entreprise Poulet du pays, à l’aviculture. « Les poulets sont des animaux merveilleux et ils sont rentables », se défend cette femme de 49 ans.

À ces fermes, s’ajoute la production locale qui représente la plus grande part des têtes et dont les effectifs étaient estimés à 12 millions de têtes en 2015. Selon le ministère de l’Agriculture et de l’éle­vage, les importations des poulets (d’Europe et d’Asie) augmentent chaque année de 20 %.

Titulaire d’un BTS en comptabilité et gestion des entreprises de l’ENA de Niamey, elle a travaillé pendant douze ans comme assistante comptable à Laborex Niger, une centrale pharmaceutique, avant de la quit­ter pour se consacrer à sa passion : l’élevage traditionnel de la volaille.

« J’ai d’abord créé le groupement féminin Bon poulet qui a abouti à l’ONG Poulailler de développement et elle-même a donné naissance à l’entreprise Poulet du pays, spécialisée dans l’abattage et la vente des poulets issus de l’élevage tradition­nel », résume-t-elle. « Une initiative louable », soutient Adamou Kimba Boubacar, président du Groupement des aviculteurs privés.

En effet, au Niger, la production avicole est dominée par l’aviculture traditionnelle, qui représente plus de 80 % de la produc­tion nationale. « Dans un village de 25 cases, au moins 15 ont de la volaille et chaque case a au minimum 15 poules », explique-t-il, souli­gnant que la filière reste «mal valorisée».

Un challenge pour Naba Maïmouna qui consacre toute son énergie aux femmes rurales à qui elle apprend les techniques de confection de poulailler, l’alimentation et la vaccination des poulets, et comment en tirer le meilleur bénéfice.

En relation avec treize groupements de femmes rurales, Naba Maïmouna se propose de valoriser la filière avicole traditionnelle et mettre les produits dans le domaine de la grande distribution. Son action a permis de constituer l’association des revendeurs de volailles des marchés quotidiens de Niamey qui s’approvi­sionnent auprès des groupements.

« Cette synergie créée entre les différents acteurs de la chaîne de valeur (productrices, collecteurs, grossistes, revendeurs entre autres) va doter cette filière d’une structure bien organisée, compétitive et durable », explique Naba Maïmouna qui ambitionne une position clef dans la filière avicole « afin de freiner les importations de volaille ».

Réduire les importations

L’exploitation intensive du cheptel volaille est limitée à quelques fermes avicoles modernes dans la périphérie des centres urbains, dont Niamey qui comptabilise une centaine de fermes modernes impor­tant leurs poussins de France.

À ces fermes, s’ajoute la production locale qui représente la plus grande part des têtes et dont les effectifs étaient estimés à 12 millions de têtes en 2015. Selon le ministère de l’Agriculture et de l’éle­vage, les importations des poulets (d’Europe et d’Asie) augmentent chaque année de 20 %.

Toutefois, le marché n’est pas couvert à 100 %. « Le danger vient des importations », insiste Adamou Aboubacar. « Tous ceux qui importent arrivent à une production à moindre coût et quand ils viennent sur le marché, ils nous concurrencent », déplore-t-il, soulignant que ceux-ci pratiquent des prix de cession au consommateur final en deçà des productions locales.

Related Posts