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Politique

Maroc : Jusqu’où ira Aziz Akhannouch ?

Depuis qu’il a pris les rênes du Rassemblement national des indépendants, Aziz Akhannouch entend gagner les prochaines élections législatives de 2021. Bousculant le jeu politique marocain.

Casablanca, Yacouba Barma Aboubacar

La fulgurante ascension politique de l’homme d’affaires Aziz Akhannouch, ce proche de Mohammed VI, chamboule l’échiquier politique marocain. Cache-t-elle une tentative du Palais de fermer la parenthèse islamiste ouverte en 2011 ?

Le ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime a pris, fin 2016, la présidence du Rassemblement national des indépendants (RNI), une formation fondée en 1977. Son ambition ne fait aucun doute : remporter les élections législatives de 2021.

L’intense activité politique que déploie Aziz Akhannouch depuis quelques mois et alors que les prochaines élections sont encore loin, peut lui permettre de légitimer une éventuelle victoire.

Et donc, accéder à la Primature. Bien sûr, l’intéressé botte en touche sur cet aspect, une manière de ne pas brûler la politesse au Palais, car si la Constitution dispose que le chef du gouvernement devrait être issu du parti ayant remporté les élections, le Roi dispose de toute latitude pour choisir la personnalité qui lui convient.

« Si dans quatre ans je ne gagne pas les élections législatives, je quitte la scène politique », se contente donc de répéter le puissant businessman. Lequel, chaque semaine, parvient à faire l’actualité, à coups de meetings politiques aux airs de campagne électorale.

Certes, « Si Aziz » affiche des ambitions légitimes mais la tâche semble loin d’être aisée, au regard de l’histoire de la formation qui lui sert désormais de tremplin. Avec 37 députés (contre 60 en 2011) à la Chambre des représentants au sortir des législatives d’octobre 2016 sur 305 sièges, le RNI n’est actuellement que la quatrième force politique du pays derrière l’Istiqlal (46 députés), le PAM (103 députés) et très loin derrière les islamistes du PJD (125 députés). Pourtant et à l’évidence, celui qu’on affuble désormais du titre d’Amghar (« chef » en berbère) semble bien croire à son étoile.

Un proche du Roi

C’est d’abord dans les affaires que Aziz Akhannouch a fourbi ses premières armes au point de s’imposer désormais comme l’homme le plus riche du Royaume avec une fortune estimée à 2,4 milliards de dollars, selon le dernier classement du magazine Forbes.

Patron d’Akwa Group, une holding constituée d’une cinquantaine de sociétés, spécialisées dans la distribution pétrolière, la communication et les services, il a été formé à l’université de Sherbrooke au Canada avant de revenir au Maroc à la fin des années 1980 et de prendre la direction de l’entreprise familiale qu’il a depuis restructurée.

Son groupe est l’un des principaux fleurons de l’économie marocaine et le couple qu’il forme avec son épouse Salwa Akhannouch, surnommée « la reine des franchises », et patronne du groupe Aksal (propriétaire du Morocco Mall), est l’un des poids lourds du monde des affaires.

Ce n’est que dans les années 2000 qu’il s’intéresse à la politique en se faisant élire député au titre de l’ex-région agricole du Souss-Massa-Drâa dont il est originaire. En 2007, il devient ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime, poste qu’il occupe encore à ce jour.

Fulgurante ascension politique

À 57 ans, Aziz Akhannouch est un homme de dossier et de réseaux, membre de plusieurs associations culturelles et caritatives notamment celle qui organise le concert de la Tolérance d’Agadir. C’est surtout un manager hors pair qui applique les méthodes du privé au sein de la haute administration marocaine.

Preuve de la confiance du Palais : il est chargé de la mise en oeuvre du Plan Maroc vert, une des stratégies sectorielles phare du « nouveau Maroc » de Mohammed VI, et chapeaute les négociations avec l’Union européenne en vue de nouveaux accords agricoles et de pêche.

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