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Société

L’e-Santé, une solution aux déserts médicaux

Les initiatives numériques en matière de Santé touchent davantage de populations et de spécialités médicales. Le « tout numérique » permettra-t-il de désenclaver les déserts médicaux ?

Par Marie-France Réveillard

L’Afrique subsaharienne est dotée de moins de 20 médecins pour 100 000 habitants, selon les chiffres de l’OCDE qui souligne de grandes disparités régionales. D’après l’Institut d’études des écoles médi­cales en Afrique, seulement 170 écoles médicales couvrent le continent. Les nombreuses expatriations du personnel médical africain viennent aggraver cette situation critique.

Afin d’améliorer les conditions de prise en charge des patients en Afrique, des initiatives diverses se sont multi­pliées, en s’appuyant sur la révolution numérique et sur l’essor de la téléphonie mobile en particulier.

On le sait, l’Afrique représente le deuxième marché mon­dial (+ 70 % d’utilisateurs entre 2010 et 2015), comptant 560 millions d’uti­lisateurs recensés en 2015 et un taux de pénétration de 82 %. Aujourd’hui, un Africain sur deux dispose d’un abonne­ment. Les prix à l’achat des téléphones portables ne cessent de diminuer, favo­risant le « tout numérique » qui apparaît désormais comme une solution aux manques d’infrastructures, y compris en matière de santé.

C’est dans ce contexte que la « m-Santé » (santé mobile), ou « e-Santé », s’est développée à travers des initiatives multiples à l’image de eHealth & Information Systems Nigeria dont l’application mobile a permis de réduire le temps de transmission des données, de 12 à 6 heures, durant l’épidémie d’Ebola, en 2014.

Un observatoire pour les pays du Sud

Les projets relatifs au VIH-Sida (U-Report en Zambie développé par l’Unicef), au paludisme (SMS for Life en Tanzanie), à la santé maternelle ou encore à la tuberculose se multiplient. La numérisation des systèmes de santé pré­sente plusieurs avantages parmi lesquels l’accès à des traitements adaptés, l’opti­misation des rendez-vous médicaux ou des hospitalisations.

Depuis 2015, la Fondation Pierre Fabre propose son observatoire de l’e- Santé pour les pays du Sud, la plateforme ODESS I-O, dont la mission repose sur l’identification, la documentation, la promotion et l’aide au développement d’initiatives en e-Santé pour favoriser l’accès aux soins et aux médicaments.

La Fondation cherche à regrouper les don­nées des start-up spécialisées en mSanté au sein de son observatoire qui doit per­mettre une meilleure visibilité des initia­tives locales ; lesquelles peinent encore à lever les fonds nécessaires à leurs projets, faute de visibilité. Parmi, les entreprises identifiées par la Fondation, HOPE Sénégal, la plateforme digitale consacrée au don de sang grâce aux SMS, permet…

Afin d’assurer la fiabilité des données, nous vérifions donc chaque information pour favoriser ensuite la mise en réseau et faciliter l’appui de partenaires en matière de compétences, de partenariats et de financements.

…aux établissements de transfusion san­guine d’élaborer des réseaux intercon­nectés de donneurs et de volontaires en cas de besoins urgents.

La deuxième Conférence sur l’e- Santé consacrée au pays du Sud, qui s’est tenue le 3 juillet à Lavaur (sud-ouest de la France), a notamment permis au professeur Cheick Oumar Bagayoko, médecin spécialiste en informatique bio­médicale et de santé, et directeur général du Centre d’expertise et de recherche en télémédecine et e-Santé (Certes), coor­dinateur international du Réseau en Afrique francophone pour la téléméde­cine (RAFT) qui regroupe 18 pays, de faire le point sur les premiers pas de l’ap­plication de télé-expertise Bogou, qui facilite la communication entre les per­sonnels médicaux.

« Nous travaillons avec Samir Abdelkrim de Start-upBrics, une société de conseil qui identifie les initiatives les plus prometteuses parmi les start-up qui ne sont pas encore inscrites dans les circuits institutionnels, mais qui ont prouvé leur efficacité. Nous ne cherchons pas à mul­tiplier les projets-pilotes, car l’e-Santé ne doit pas être considérée comme un gadget », déclare Béatrice Garrette, directrice de la Fondation Pierre Fabre.

La télé-dermatologie au Mali

Parmi les initiatives soutenues par la Fondation, Karangué s’engage dans les campagnes de vaccination au Sénégal : « Avec le soutien de personnalités nationales et grâce aux messages vocaux, y compris en langues locales, cette initiative a touché les personnes analphabètes dans les villages les plus reculés et le taux de vaccination a aug­menté de façon significative. »

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