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African Business

Le développement c’est l’électricité

Le spécialiste mondial de la construction de matériels électriques, Schneider Electric, a pris l’initiative d’une grande enquête en Afrique sur l’impact des produits électriques contrefaits. Son président à l’international, Georges el Mir, en présente les conclusions.

Pourquoi avoir choisi le continent africain pour réaliser une étude sur la contrefaçon électrique ?

Schneider Electric est une multinationale que l’on peut qualifier de « glocale ». C’est-à-dire que nous avons une envergure globale, mais que nous agissons localement. Le besoin d’avoir davantage d’informations pour lutter contre ce fléau émane du terrain : de nos partenaires, d’abord, qui en ressentent, chaque jour, les méfaits, et de nos équipes sur place, ensuite. Or, il n’y a pas ou peu d’études sur la contrefaçon des produits électrique en Afrique. Si nous avons choisi 11 pays africains pour mener cette enquête, c’est pour avoir des chiffres qui nous permettent de prendre la pleine mesure du phénomène et pour commencer à sensibiliser, localement, sur l’impact de cette contrefaçon en ce qui concerne la sécurité des personnes et des biens. Certes, les autres continents ne sont pas épargnés, mais l’urgence est en Afrique. C’est là que la guerre contre les produits électriques contrefaits doit être menée, car c’est là que la contrefaçon électrique tue le plus.

Quelles sont les « surprises » des conclusions de cette étude ?

Je ne m’attendais pas à ce que près de 70 % des produits électriques en circulation en Afrique subsaharienne francophone soient contrefaits ! Et aussi, que certains pays africains soient capables de produire eux-mêmes de la contrefaçon électrique. La mission de Schneider Electric est d’apporter une électricité sûre. Jusqu’à présent, surtout en Afrique, l’impact des produits électriques contrefaits a été sous-estimé. Cette étude a le mérite de faire remonter beaucoup de chiffres qui interpellent l’ensemble des constructeurs de matériel électrique. Tout le monde – fabricants comme utilisateurs – est victime des produits électriques contrefaits, qui sont non seulement dangereux, mais coûtent, au final, plus cher. C’est pourquoi la sensibilisation est essentielle, surtout en Afrique où la plupart des économies sont encore en développement. En ce qui nous concerne, nous avons décidé d’étendre nos formations à l’ensemble des professionnels du secteur pour les rendre plus à même de reconnaître les produits contrefaits ; et de collaborer plus étroitement avec les administrations afin de renforcer les compétences locales pour parvenir à éradiquer ce fléau.

L’Afrique va sauter les étapes techniques de la construction électrique, comme elle l’a fait avec le téléphone portable, et parvenir très vite à des réseaux intelligents. 

Que pèse l’Afrique dans l’activité globale de Schneider Electric ?

Le reste du monde (hors Europe de l’Ouest, Asie-Pacifique et Amérique du Nord) représente 19 % de notre chiffre d’affaires et l’Afrique, sur ce total, compte pour une bonne partie. Schneider Electric est présent en Afrique depuis de nombreuses années. C’est un marché en pleine croissance démographique auquel nous croyons beaucoup compte tenu des besoins énormes en énergie. Mais l’implication de Schneider Electric sur le continent africain va bien au-delà de la simple approche commerciale. Elle concerne l’implication des populations locales dans les efforts d’électrification, notamment rurale, qui sont en cours.

Pourquoi avoir choisi de privilégier l’électrification rurale ?

Dans les missions de développement durable que nous menons, notre premier souci est d’apporter de l’électricité aux quelque 1,3 milliard de personnes dans le monde qui en sont privées,  

sachant que 50 % d’entre elles sont en Afrique… Les gouvernements locaux, comme les fabricants de matériel électrique, y sont d’ailleurs très sensibles ; ils ont mesuré l’ampleur de la tâche à accomplir pour développer le continent. Car, sans une alimentation électrique pérenne et à un prix abordable, il n’y a pas de développement possible. Cela dit, pour alimenter les régions les plus reculées d’Afrique, Schneider Electric croit qu’il faut privilégier les régies traditionnelles et développer les réseaux off grid, c’est-à-dire déconnectés des lignes habituelles. Nous estimons qu’il faut une combinaison des deux. Aujourd’hui, on a un mix énergétique qui se diversifie partout dans le monde avec, notamment, une montée en puissance des énergies renouvelables. 

Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous vous heurtez ? 

Chaque cas d’électrification est particulier. Il ne suffit pas de dire qu’en Afrique tous les pays sont ensoleillés et qu’il faut mettre des plaques photovoltaïques ou bien du solaire concentré, partout. Beaucoup de facteurs doivent être pris en compte avant de décider quelle est la meilleure technologie pour électrifier tel ou tel village. La vraie question, c’est comment parvenir à la création d’un écosystème local, capable d’induire des activités économiques durables. Car, il ne s’agit pas de produire de l’électricité à n’importe quel prix ; à grand renfort de groupes électrogènes, par exemple ! 

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Written by African Business

Fort de son succès, ce magazine est une référence pour les femmes et les hommes d’affaires en Afrique. Il permet aux décideurs d’avoir une approche concrète du marché et de saisir de nombreuses opportunités à travers le continent africain. African Business est respecté et reconnu pour son intégrité éditoriale et sa contribution au développement de l’Afrique. Tous les secteurs de l’économie sont couverts par des journalistes renommés. Les numéros annuels sur les “200 Premières banques” et les ‘‘250 Premières entreprises’’ sont devenus de réels outils de travail et des indicateurs du climat des affaires en Afrique. Chaque année, les Trophées d’African Business récompensent la réussite des entrepreneurs et des les entreprises les plus performantes du continent.

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