Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

Analyse et Opinion

Opinion : L’Afrique au rendez-vous de la blockchain

Les ambitions de l’Afrique

Les institutions financières banques, assurances, sociétés de gestion sont, de même, fortement impliquées dans cette dynamique, elles engagent de nombreuses expérimentations et applications opéra­tionnelles.

En France, la Société Générale a lancé trois plateformes blockchain, We.trade pour le paiement sécurisé entre PME européennes, Newco pour le post-trade dans le secteur énergétique et Easy Trading Connect pour le négoce interna­tional de matières premières.

Pour sa part, BNP Paribas a réalisé, en début d’année, une première transaction de souscription en s’appuyant sur une solution blockchain, JP Morgan teste une plateforme d’émission de titres de dettes ICBC, en Chine a lancé une plateforme blockchain d’approvision­nement, etc. Les exemples se multiplient au niveau mondial et l’ensemble des grandes institutions internationales explorent cette technologie, à la fois très prometteuses, mais également fortement disruptive.

Dans ce domaine, les initiatives en Afrique restent assez timides. Au niveau des Banques centrales, seule la South African Reserve Bank (SARB) a lancé, en février 2018, un proof of concept (PoC), visant à répliquer la compensation et le règlement-livraison interbancaire basée sur une cryptomonnaie, Ethereum.

Les Banques centrales africaines suivent ces évolutions de près. C’est le cas de la BCT, qui vient de se doter d’un laboratoire block­chain. De même, la Banque centrale du Nigeria a constitué un comité qui finalise une feuille de route. Au Kenya enfin, un cercle de réflexion réuni par le gouverne­ment analyse les enjeux et le déploiement de la blockchain.

Le secteur privé africain est plus dynamique et engagé dans ce processus. Contrairement aux pays dont les systèmes financiers sont plus matures, où les initiatives sont portées par les acteurs financiers « traditionnels », en Afrique celles-ci sont portées par des Fintechs ou des entreprises technologiques, c’est le cas d’Hightech Payment Systems, multinatio­nale marocaine, leader dans l’édition des solutions de paiement électronique, de DigitUS, start-up tunisienne spécialisée dans la crypto-finance qui, avec l’appui de La Poste tunisienne, déploie une solution blockchain de paiement et de transferts de fonds.

Une approche multidimensionnelle

De son côté, le Nigeria Virtual Terminal Network, spécialisé dans le paiement mobile, a constitué un lab blockchain. En Afrique du Sud, on note l’initiative Springblock, un consortium réunissant des acteurs bancaires et qui vise à implémenter la blockchain dans toutes les transactions bancaires et financières, pour développer de nouvelles solutions.

C’est dans ce contexte que s’inscrit l’Africa Blockchain Summit, qui a pour ambition de contribuer aux réflexions et travaux en cours, pour en tirer les meilleures pratiques pour l’Afrique. Il s’agit de proposer dans une approche africaine, une nouvelle grille d’analyse et de compré­hension de cette technologie, de sensibiliser sur la nécessité d’en comprendre les tenants et aboutissants afin d’en appréhender les risques et opportunités pour une mise en oeuvre efficiente en Afrique.

Les promoteurs de l’Africa Blockchain Summit ont souhaité déployer une approche multidimensionnelle de la blockchain, pour en identifier les défis, les enjeux et les applicatifs potentiels sur la finance africaine. Trois séquences complémentaires sont ainsi prévues au programme :

La première, institutionnelle, la Conférences des Banques centrales, réunissant experts blockchain au sein des Banques centrales et hauts responsables de la finance, africains et internationaux.

La deuxième sera consacrée à des ateliers sur des usages concrets de la blockchain dans le secteur financier.

Enfin, la troisième séquence sera axée sur la recherche et l’innovation, à travers un Hackathon réunissant FinTechs, académiciens, chercheurs et développeurs autour d’un défi blockchain, centré sur les préoccupations opérationnelles.

Cet événement donnera lieu à la présentation d’un livre blanc sur la blockchain en Afrique, qui visera à la fois à identifier des axes de développement dans une optique tenant compte des réalités africaines et à la lumière des expérimen­tations et leçons tirées des pratiques internationales.

L’édition 2018 est la première édition de l’Africa Blockchain Summit ; l’ambi­tion de ses promoteurs est d’en faire un rendez-vous régulier de l’Afrique avec cette technologie disruptive dans de nombreux pays, mais qui pourrait permettre à l’Afrique d’avancer très vite dans la modernisation de ses systèmes bancaires et financiers. 

Related Posts