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African Banker

Karim Sy, fondateur et directeur de Jokkolabs

Un an après le lancement par la Société Générale de son « Lab » africain dédié à l’innovation dans le secteur de la finance, le fondateur et directeur du réseau d’espaces de co-working Jokkolabs, qui abrite le géant bancaire, fait le point.

Devenu en 2010 une figure de proue de l’innovation sociale avec la création de Jokkolabs, le Franco-malien-libanais d’origine sénégalaise, Karim Sy, ne peut que se féliciter du rapprochement avec les équipes de la Société Générale.

«Jokkolabs est un écosystème ouvert à l’international, explique ce polytechnicien qui a toujours été féru d’informatique et d’innovation sociale. Il était normal que nous nous rapprochions d’une banque comme Société Générale qui a une forte présence historique en Afrique », dans pas moins de 18 pays.

Un an après, il est « fier » que ce rapprochement avec une entreprise de la taille de Société Générale (11 000 collaborateurs et 3 millions de clients sur le continent) ait abouti à une meilleure prise en compte des besoins des start-up qu’il aide à grandir. « Comme dans nos discussions avec Google, nous avons réussi à mettre en place un échange nourri et vertueux avec la Société Générale, confie-t-il.

Grâce à ce “partenariat premium grande entreprise”, des formations aux métiers de la banque sont désormais proposées. En plus d’être primés, les jeunes entrepreneurs sélectionnés par Jokkolabs lors de Hacklaton sont garantis d’être suivis voire de travailler comme prestataires de services avec des grands groupes qui les ignoraient jusqu’alors. Ce modèle est en soi révolutionnaire ! », insiste-t-il.

Pionnier en Afrique

Pour ce globe-trotteur de la mondialisation qui a grandi dans une famille de fonctionnaires internationaux – ses parents travaillaient pour la FAO – et qui a vécu au Mali, au Canada, en France, en Côte d’Ivoire et en Éthiopie, une nouvelle culture digitale pour appréhender l’économie numérique commence à émerger.

« Il y a encore quelques années, vous ne trouviez aucun ouvrage consacré à ce sujet chez les libraires. Aujourd’hui, l’entrepreneuriat social est en train de remonter jusqu’à Davos et aura bientôt pignon sur rue », constate-t-il. À Bamako, la ville de son enfance, il suit ses premières classes de lycée, puis part vivre à Paris et y obtient son baccalauréat.

Il étudie ensuite à Québec et intègre, en 1991, l’École polytechnique de Montréal. Il en sort diplômé en génie informatique en 1994. Dans l’esprit de ce pionnier de l’innovation sociale en Afrique, le continent a un rôle fondamental à jouer grâce aux valeurs de partage et de générosité qui y sont profondément ancrées.

«Jokkolabs n’est pas une société de conseil ou un simple “Tech hub”. Quand je l’ai créé en 2010, c’était avec l’idée d’en faire le premier espace de co-working et un hub d’initiatives au Sénégal. Depuis, nous contribuons à renforcer cette culture digitale avec des expériences comme Jokkokids pour former les enfants à la créativité du numérique et devenir plus résilients en développant leur capacité de critiquer », insiste-t-il.

De retour chez lui après ses études, et une expérience d’installation, à 19 ans, de pompes à eau au Mali puis un passage par une société d’aviation, Karim Sy commence par racheter la marque Oracle au Sénégal. En 1996, il fonde une société d’ingénierie informatique : Opensys. Dix ans plus tard, il s’engage avec APS Company, une société de services financiers basée en Afrique de l’Ouest, et devient le directeur développement et stratégie.

En 2008, il rejoint le groupe ATN (African Television News) en tant que directeur. Au même moment, il rencontre l’équipe de Maarch, entreprise fondée par deux Français, spécialisée en systèmes open source. Il en devient le mana­ger régional, en charge du développement au Sénégal, puis membre de la direction.

En 2011, il est nommé président de Maarch Afrique de l’Ouest et devient, un an plus tard, membre actif de Free and open source software Foundation for Africa (Fossfa). Élu membre Ashoka, le plus grand réseau d’entrepreneurs sociaux dans le monde, il est consacré en 2013 parmi les « 25 leaders de demain » par Jeune Afrique.

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Written by Christine Holzbauer

Christine Holzbauer travaille comme journaliste en Afrique pour les éditions en français de New African, African Business et African Banker depuis 2012. Auparavant, elle était correspondante régionale pour «L'Express », « La Croix » et « La Tribune », d’abord basée au Mali puis au Sénégal. Elle est diplômée de Sciences Po. Paris, a obtenu un DESS de la Sorbonne et fait ses études de doctorat à American University (Washington, D.C.) en relations internationales, développement et communication internationale.

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