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African Business

Kaci Ibrahim, PDG d’IFRI : Le succès en bouteille

Ce quadragénaire est l’héritier d’un groupe familial multiforme qui multiplie les succès. L’embouteilleur écoule 6 millions d’hectolitres par an. Kaci Ibrahim vient d’inaugurer une usine de boissons d’où peuvent sortir 2 millions de bouteilles chaque jour.

Alger, Samia Lokmane-Khelil

 C’est un patron heureux qui vient d’inau­gurer un nouveau site de production à Béjaïa, au nord-est de l’Algérie, où se trouvent la plupart des infrastructures d’IFRI, son groupe industriel spécialisé dans la fabrication d’eaux minérales, de boissons gazeuses et de jus fruités et lactés. L’usine est moderne. Elle est équipée de la seule ligne asep­tique d’Afrique.

Cette ligne assure la mise en bouteille de boissons fruitées de haute gamme, à base de jus de fruits naturels, de nectars et de lait, sans additifs, arômes artificiels ni conservateurs. Les techniques de stérilisation permettent d’éviter toute contamination via l’air, l’emballage ou le matériel par des micro-organismes d’altéra­tion (levures et moisissures) ou des pathogènes.

« Depuis la création de la marque Ifruit, le label principal d’IFRI, en 2010, nous avons opéré un changement radical dans notre mode de fabri­cation », se réjouit Kaci Ibrahim qui précise que l’usine est également équipée d’un labo­ratoire d’autocontrôle qui veille à la qualité des produits, en effectuant tous types d’analyses physico-chimiques et microbiologiques.

Un simple puits dans le jardin

Plus de 800 analyses sont réalisées chaque jour. La capacité de production de l’usine est estimée à deux millions de bouteilles quoti­diennement et à 500 millions l’an.

En comp­tant toutes les autres boissons, le groupe devrait mettre sur le marché 1 milliard de bouteilles l’année prochaine ; il compte égale­ment lancer deux nouvelles unités de produc­tion de sodas dans des bouteilles de verre et du jus en canette.

En multipliant les investissements, Kaci Ibrahim veut montrer qu’on peut toujours aller plus loin et qu’il suffit de le vouloir.

Déroulant les bilans de sa compagnie, il dévoile un chiffre d’affaires enviable de 180 millions d’euros pour l’exercice 2015, réparti entre quatre filiales : les usines d’eau et de boissons sucrées, General Plast, qui fabrique des préformes pour bouteilles en PET et des bouchons, Béjaïa Logistique, qui intervient dans le transport de marchandises, et Numidia, spécialisée dans la production oléicole.

Environ 2 000 personnes sont employées par le groupe. La main-d’oeuvre est issue de la région.

En 1986. Kaci Ibrahim avait, tout juste, 16 ans. Son père, Hadj Laïd Ibrahim, a eu l’idée d’exploiter un puits situé dans le jardin pour fabriquer de la limonade.

La maison familiale se trouvait à Ighzeur Amokrane, dans la vallée de la Soumam, un haut lieu de la Révolution algérienne. Dans cette région montagneuse, des sources d’eau conduiront les Brahim à investir dans l’or bleu.

« Notre région, riche pour sa diversité, servira de point d’ancrage à la création et au développement des activités de notre groupe. Cet ancrage sera conforté par notre milieu familial imprégné des valeurs du travail bien fait, de rigueur, de sérieux et de notre relation affective avec les produits du terroir », rappelle Kaci Ibrahim.

En 1995, la SARL Ibrahim & fils obtient un titre de concession lui permet de mettre en bouteille l’eau minérale. Aujourd’hui, IFRI couvre la moitié du marché national. Elle est l’une des marques favorites des consommateurs algériens.

« Notre positionnement parmi les leaders du marché dans les autres filières comme les eaux fruitées et les sodas, témoigne de nos atouts et de nos efforts continus pour nous adapter à la demande et à être au diapason en matière d’innovation et de management », fait savoir le jeune patron qui s’est inspiré de l’expérience de son père pour nourrir ses propres ambitions.

Son passage dans une école de gestion et de comptabilité en France lui servira aussi à parfaire ses compétences. Dans les années 2000, Kaci Ibrahim prend les commandes du groupe familial et écrit les nouvelles pages de la succes story.

IFRI dispose actuellement de 85 références (eaux minérales plates et gazéi­fiées, sodas et boissons fruitées). Les différents liquides sont embouteillés par General Plast qui fabrique les préformes et les bouchons.

Les atouts de l’huile d’olive

La nouvelle filiale a permis au groupe de suspendre les importations coûteuses de ces deux objets. En organisant son propre réseau de distribution, l’embouteilleur a également fait des économies.

«Notre groupe a sans cesse ciblé l’intégration de la chaîne logistique, en implantant un réseau de distribution avec une flotte de camions de divers tonnages, afin d’assurer l’approvisionnement des grands pôles urbains et la couverture du marché».

Après le marché algérien, IFRI s’est tourné rapidement vers l’international. Aujourd’hui, ses boissons sont vendues dans les rayons des hypermar­chés dans les pays du Golfe et en Europe (France, Belgique, Italie, Royaume-Uni) par le biais d’importateurs algériens.

Outre l’or bleu, le groupe dispose d’un autre trésor : l’huile d’olive. Il compte dorénavant sur sa nouvelle filière oléicole, Numidia, pour conquérir les marchés mondiaux. « La gamme d’huile d’olive extra-vierge conditionnée dans des bouteilles en verre haut de gamme avec différentes contenances cible les marchés nord-américains et asiatiques où ce produit est très prisé compte tenu de sa qualité supérieure et ses vertus théra­peutiques », fait savoir Kaci Ibrahim.

En 2012, Numidia a été consacrée par la Chambre natio­nale d’agriculture comme le meilleur produc­teur oléicole dans le pays. La filiale participe à de nombreuses foires internationales, donnant une plus grande visibilité à la production oléi­cole algérienne dans le monde.

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Written by Samia Lokmane-Khelil

Samia Lokmane-Khelil est journaliste collaboratrice au Magazine de l’Afrique, Africain Business et African Banker depuis 0ctobre 2009. Elle également correspondante à Paris (auparavant à Londres) du quotidien algérien Liberté. Détentrice d’un magistère en sciences politiques et en relations internationales, elle s’intéresse tout particulièrement aux thématiques en rapport avec l’éducation, la bonne gouvernance politique et économique et l’autonomisation des femmes.

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