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Jemal Taleb : Avocat, ambassadeur itinérant

Homme d’influence ? Brillant dilettante ? Rebelle et provocateur ? Insaisissable, l’avocat mauritanien Jemal Taleb est, en apparence un peu de tout cela à la fois.

Par Guillaume Weill-Raynal

Je suis incapable de me définir », répond-il lorsqu’on l’interroge sur lui-même. Ajoutant aussitôt : « J’espère bien que je ne me définis pas par une seule chose ». Jemal Taleb s’affirme à travers des identités multiples : « Je suis Mauritanien, francophone, arabophone, anglophone, très attaché à la langue et la culture française – même si je suis colonisé, je suis très content de ce point de vue là –, très attaché à l’esprit rebelle français, j’aime bien l’âme européenne, je suis passionnément africain… ». Il considère, d’ailleurs, « qu’on est toujours misérable si on a une seule culture, une seule identité, une seule langue… ». Et il revendique « une identité subsaharienne non négociable ». Il donne l’impression d’avoir mis longtemps à se trouver.

L’Afrique est rentrée dans un schéma beaucoup plus ouvert et plus démocratique qu’on ne le croit. La démocratie, ce n’est pas que les élections, c’est un ensemble de choses.

Aujourd’hui, tout en consacrant 90% de son temps au cabinet d’avocats Clyde dont il est associé – il y traite de dossiers d’infrastructures et d’énergie, d’activités portuaires, d’arbitrages, d’assistance générale en matière de contrats internationaux et de réglementation générale -, il est ambassadeur itinérant de son pays natal.

Un titre autour duquel il semble s’amuser à entretenir une part de mystère. Une fonction « bénévole », qu’il dit avoir acceptée par amitié pour l’actuel président Ould Abdel Aziz pour lequel il a « beaucoup d’estime et de considération ». Sa fonction consiste à « donner une assistance globale au gouvernement de Mauritanie, sur les points où on me le demande ; je le fais sur des questions de droits de l’homme, de diplomatie parallèle, sur des questions de lobbying politique ».

Son parcours est marqué, au départ, par son esprit rebelle, incapable de marcher droit dans les sentiers battus – « J’ai été exclu du collège parce que turbulent ; du lycée, parce que mauvais. Je ne savais pas écouter, je n’aimais pas l’école » –, jalonné de ruptures, de déracinements, d’exils et d’identifications successives à des pères de substitution avant de choisir sa voie.

Jebal Taleb est né à Nouakchott au début des années 1970 ; ses parents mettent un terme à une scolarité médiocre en l’envoyant suivre une formation de Génie mécanique, en Algérie. Sans succès. Retour en Mauritanie. Son grand frère, de 13 ou 14 ans son aîné, « une figure quasi paternelle », lui donne le goût de la lecture et le pousse à se cultiver. À l’âge de 23 ans, Jemal Taleb passe enfin son bac. Et milite au sein d’une organisation clandestine de l’opposition mauritanienne.

Cette période fait naître en lui « quelque chose d’enfoui », le désir de s’intéresser aux questions internationales et à l’engagement politique. En 1999, il est emprisonné, puis assigné à résidence. Départ pour la France. Une période de sa vie qu’il décrit comme une succession de « plongeons » d’une vie dans une autre.

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Written by African Business

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