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Politique

Côte d’Ivoire: Ahoussou Kouadio ministre d’État

Ancien Premier ministre, Jeannot Ahoussou-Kouadio fait le point sur son action, notamment en faveur du Dialogue national et des régions.

Interview réalisée par JO, envoyé spécial en Côte d’Ivoire

En quoi consiste le rôle du ministre chargé du Dialogue politique et des relations avec les institutions ?

Il s’agit de conduire et de maintenir le dialogue entamé depuis septembre 2011 pour construire la confiance. Nous avons pu nouer des liens étroits avec l’ensemble des présidents de partis politiques, ou réunir autour d’une même table les uns et les autres, pour briser le mur de la méfiance.

Pour Jeannot Ahoussou-Kouadio Ministre d’État, chargé du Dialogue politique et des relations avec les institutions, la Côte d’Ivoire c’est  : « Un libéralisme a visage humain »

Nous travaillons pour préserver la cohésion sociale et la paix afin de développer la Côte d’Ivoire. Nous nous inscrivons dans la vision du président Félix Houphouët-Boigny qui a toujours privilégié le dialogue, qu’il qualifiait d’« arme des plus forts et non des plus faibles ».

L’autre axe de notre mission est l’établissement de l’État de droit en jouant un rôle d’interface entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif ainsi que les autres institutions du pays.

Avant votre actuelle fonction, vous étiez Premier ministre, pensez-vous avoir laissé par votre gestion une image incontestable dans le capital affectif des Ivoiriens ?

Mon bilan est globalement satisfaisant. Les nombreuses mesures visant principalement la normalisation de la vie politique nationale ont permis le retour des exilés et le renforcement de la confiance entre le gouvernement et les partis de l’opposition. La décrispation du jeu politique a favorisé la participation de tous aux élections présidentielles et législatives qui, de l’avis de tous les observateurs, ont été justes, transparentes, démocratiques et sans violences.

Un avant-projet de loi concernant le statut et le financement des partis politiques et des campagnes électorales a été adopté ; la situation des fonctionnaires ayant abandonné leurs postes suite à la crise post-électorale a été régularisée ; les biens privés et publics illégalement occupés ont été libérés ; la Commission électorale indépendante a été installée…

Quelles actions menez-vous dans le cadre de la réconciliation et la paix ?

Le président Alassane Ouattara, bénéficiant du soutien du président Konan Bédié, a fait de la réconciliation et de la paix l’une de ses priorités. C’est d’ailleurs ce qui a permis de pacifier le pays et de lui donner son niveau de développement et de croissance économique. Bien sûr, la réconciliation et la paix ne se décrètent pas et ne se quantifient pas de manière arithmétique. C’est une démarche de longue haleine qui repose sur le dialogue avec l’autre en vue de rapprocher les positions, de construire la confiance gage de toutes les concessions.

Nous sommes sur la bonne voie grâce aux actions d’apaisement du climat politique et social. Dans cette dynamique, nous ne rompons jamais le dialogue avec l’opposition, y compris avec le RHDP. Le gouvernement met tout en oeuvre pour permettre aux habitants de ce pays de se sentir mieux et de vivre dans la quiétude.

Justement, quelles sont vos options pour attirer les investisseurs ?

Vous le savez, depuis l’indépendance, la Côte d’Ivoire a fait le choix du libéralisme à visage humain. C’est ce qui fait le charme de son économie qui continue d’attirer bon nombre d’investisseurs. La Côte d’Ivoire est aujourd’hui, avec les réformes entreprises par le gouvernement, l’un des marchés les plus attrayants en matière d’investissement et de rentabilité avec une croissance qui oscille entre 8 % et 9 %.

L’ambition que tous les Ivoiriens partagent est celle d’une Côte d’Ivoire prospère, dynamique, conquérante et émergente à l’horizon 2020. Pour cela, nous avons adopté l’option de la remise à niveau de toutes les infrastructures de base qui constituent l’indispensable socle d’une économie attrayante et dynamique. Ainsi donc, le pays a entamé une transition économique, il a facilité l’accès de la population à l’électricité, l’eau courante, à l’éducation, à la santé, en modernisant ses routes et en développant des autoroutes pour relier les principales villes.

En outre, nous suivons une politique d’endettement responsable qui crédibilise aujourd’hui les comptes de l’État. La dynamisation des régions et districts donne satisfaction.

Elle n’aurait pas besoin d’être accélérée ?

Oui, d’ailleurs nous préparons une réforme majeure destinée à accélérer le processus de décentralisation afin de dynamiser le développement local, de proximité. Elle permettra de concrétiser les politiques de développement participatif qui sont définies dans les plans stratégiques de développement régionaux. Nous ambitionnons, avec le concours des bailleurs de fonds et autres partenaires au développement, de créer la richesse locale pour avoir des emplois et réduire la pauvreté.

Justement, vous êtes également le président de l’Assemblée des régions et districts (ARDCI). En quoi consistent les réalisations de cette structure ?

L’ARDCI est une plateforme de mutualisation et d’harmonisation des réflexions et des initiatives pour aboutir à des actions capables d’impulser le développement des collectivités territoriales. En tant que faîtière, elle joue un rôle d’interface au plan national et international.

Cette dynamique contribue efficacement à approfondir le processus de décentralisation. Le plan stratégique couvrant la période 2014-2018 est bâti autour de six axes stratégiques pour renforcer les capacités de ses membres, la communication interne et externe, les capacités financières des régions et districts, l’implication effective des collectivités, le développement de partenariats au niveau national, régional et international, et l’appui au processus de décentralisation en Côte d’Ivoire. L’ARDCI vise à assurer un développement des collectivités.

En liaison avec l’Union des villes et communes de Côte d’Ivoire (Uvicoci), la faîtière soeur avec laquelle nous travaillons en symbiose, nous avons engagé des réflexions dans le but de mettre en place une plateforme de concertation et d’échanges ainsi que des mécanismes et des instruments d’appui conseil et de promotion du développement de nos territoires. Nous avons aussi la volonté de positionner les régions ivoiriennes sur l’échiquier international.

Abordons à présent vos activités au sein du PDCI-RDA et vos actions notamment sur la question de l’alternance et du parti unifié…

Notre parti, le PDCI-RDA, est aujourd’hui l’une des principales formations politiques en Côte d’Ivoire. Malgré tous les coups durs qu’il a subis depuis le coup d’État militaire de décembre 1999, le PDCI-RDA a su conserver intactes son organisation, sa capacité de mobilisation et son indéniable influence sur la scène politique nationale.

Comme vous avez pu le constater ces dernières années, le PDCI-RDA s’est même bonifié pour devenir une force incontournable. Aujourd’hui, nous sommes dans le RHDP, la coalition au pouvoir et nous travaillons à l’avènement d’un parti unifié. Nous travaillons donc tous à mettre en oeuvre les instructions du président Henri Konan Bédié, qui avait indiqué la voie et les orientations politiques permettant de consolider la paix, la stabilité, la cohésion et le développement. 

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