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African Banker

Jean-Philippe Prosper et l’Afrique

Quelles sont les forces et les faiblesses en termes d’investissements privés et dans la dynamique des affaires en Afrique subsaharienne ?

Souvent les gens parlent de l’Afrique comme d’un seul pays alors que c’est un continent de 55 pays ! Un grand nombre d’entre eux regorgent de ressources naturelles, pétrole, gaz, etc. C’est le cas du Kenya, de la Tanzanie, de l’Ouganda, par exemple ; du Mozambique, aussi. En Zambie, côté agriculture et minerais, nous avons de quoi faire. La RD Congo est l’un des pays les plus riches du continent. La Guinée a un sous-sol très fécond… mais il y a beaucoup de choses à mettre en place pour bien tirer profit de cela. Il est indispensable d’améliorer le climat des affaires, d’augmenter les investissements, de s’attaquer aux problèmes de corruption et de mettre en oeuvre la bonne gouvernance.

La corruption est d’une ampleur telle qu’elle dissuade d’investir ?
Certainement. Je pense que les États commencent à s’en rendre compte progressivement. Une prise de conscience s’opère, la nouvelle génération de dirigeants y est pour beaucoup. C’est vrai qu’il y a de la corruption, mais l’Afrique n’a pas le monopole non plus ! L’Afrique n’est pas que cela. Il faut poursuivre sur la voie du progrès et nous y travaillons, car la tendance est positive.

À quoi ressemblera l’Afrique en 2020 ?
2020… c’est bientôt, mais cette date pourrait être significative, par rapport aux progrès réalisés. Je vois une réduction de la pauvreté plus importante que celle enregistrée actuellement. Que ce soit le groupe de la Banque mondiale ou d’autres institutions bilatérales, nous mettons de plus en plus l’accent sur la croissance inclusive dans les programmes engagés et les pays sont obligés de faire attention à certains paramètres. Sans doute, il y aura aussi une amélioration du côté de la corruption ; certes, elle n’aura pas disparu mais la pression pour l’endiguer est forte. Je suis optimiste pour l’Afrique en 2020, mais il faut des programmes de formation pour les jeunes, afin qu’ils puissent saisir les nouvelles opportunités qui s’offriront à eux.

Être éduqué, détenir le savoir sans avoir d’électricité, ne sert à rien. En parallèle plutôt, ce serait bien. Si nous y arrivons, ce serait le jackpot pour l’Afrique !

Et votre vision de l’Afrique en 2040 ?

En 2050 même, quand on sera le continent le plus peuplé ! Mon espoir pour l’Afrique, c’est que l’on améliore l’éducation. Le chantier est en bonne voie, nous avons commencé à nous y attaquer.  

D’ailleurs, n’aurait-il pas été plus logique de commencer par  l’éducation plutôt que par les infrastructures ?
Je ne le pense pas. Être éduqué, détenir le savoir sans avoir d’électricité, ne sert à rien. En parallèle plutôt, ce serait bien. Si nous y arrivons, ce serait le jackpot pour l’Afrique ! N’oubliez pas, l’éducation privée aide, mais l’État doit aider encore plus massivement ! Voilà pourquoi il faut laisser les investissements dans l’infrastructure au secteur privé afin que l’État se charge rapidement et sérieusement du social. Là réside son devoir et sa priorité. 

*Vice-président Afrique subsaharienne, Amérique latine et Caraïbes, IFC

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Written by Le Magazine de L'Afrique

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