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Société

Hub Africa : À la découverte des talents africains

L’offre marocaine s’étoffe

Sur ce marché de l’accompagnement des start-up, les Marocains ont bâti une offre de plus en plus clarifiée, autour notamment de la Caisse centrale de garantie (CCG). Cette institution vieille d’une soixantaine d’années a remodelé son offre envers les entrepreneurs. Cofinancements de haut de bilan, garanties pour les financements privés, labellisation de dispositif de, la CCG décline son offre pour les start-up marocaines depuis 2017.

Elle propose désormais, dans le cadre du Hub Africa, d’élargir son offre à un fonds « Africa Innov Invest », prêt à « soutenir plus de 300 projets africains innovants qui choisiraient de s’établir au Maroc ces cinq prochaines années », précise Hicham Zanati Serghini, le directeur général de cet établissement public. De son côté, Hicham Boudraa, le directeur général par intérim de l’agence marocaine de développement des investissements rappelle « tous les efforts réalisés par le pays pour améliorer l’environnement des affaires », positionnant le pays comme une localisation idéale, connectée, pour développer et construire un projet à l’échelle africaine.

Une dynamique de réseau

Le Hub Africa ne se contente pas de cet ancrage marocain, même si Zakaria Fahim souhaite que le rendez-vous annuel bénéficie d’une « unicité de lieu » à Casablanca. L’effort tend à étendre le spectre de ce rendez-vous, tout en confortant son assise locale.

Présent dès le premier de ces rendez-vous, le président de la région, Mustapha Bakkourry, donne des gages de ce point de vue en soulignant « l’intérêt pour la région de Casablanca de concevoir des partenariats forts avec les régions étrangères gères dans lesquels la diaspora marocaine est présente ».

Ainsi, une délégation fournie de la région Provence Alpes Côtes d’Azur valorise-elle tout le bénéfice de créer des formes de hubs « miroirs », en soulignant à quel point Marseille et sa région « peuvent être des portes d’entrée vers l’Europe ».

Le discours de la grande verticale Afrique-Europe reprend corps dans les débats, particulièrement dans le contexte de réflexion sur les moyens de mobiliser les diasporas, de part et d’autre. Abdou Diop, président de la commission de la coopération Sud-Sud de la confédération patronale marocaine, la CGEM, remarque cependant : « Toutes les villes et régions africaines aspirent légitimement à devenir des hubs régionaux et il faut adopter avant tout des logiques de complémentarités économiques fortes. » Aussi, conclut-il, « nous devrons sans doute inventer comment il est possible de développer ces réseaux régionaux sans entrer dans une logique de concurrence ». 

Trois questions à…

Zakaria Fahim, président du Hub Africa

Qu’est-ce qui vous a poussé à la création de Hub Africa, voici six ans ?

L’Afrique a énormément de talents. C’est notre conviction. Les entrepreneurs y foisonnent. Aussi, il a fallu songer à installer un concept qui permette à tout l’écosystème des entrepreneurs, à la fois confirmés et en herbe, de se retrouver.

En outre, nous nous retrouvons dans une certaine contribution à faciliter l’accompagnement de la PME, de la TPE et dans l’éclosion de jeunes pousses… les Pitchs Road Shows, les Bootcamps… sont autant de moments pour les détecter et sanctionner leurs accomplissements à travers des récompenses. Toutes ces raisons nous ont poussées à la création d’une telle rencontre. Au sortir de la 6e édition, vu la participation globale, les débats et échanges, aussi bien en sessions plénières qu’en sessions restreintes en ateliers ou B2B… nous croyons ne pas avoir fait le mauvais choix !

Comment Hub Africa agit-il dans un contexte d’accès difficile aux financements, pour les PME et ETI ?

Bon an mal an, Hub Africa arrive à programmer des Side Events, pendant lesquels les entrepreneurs trouvent les bons créneaux pour un accompagnement à la formation, pour l’accès au financement, et trouvent diverses pistes pour prendre langue avec les différents relais. Par la vulgarisation des instruments de financement, par le rapprochement entre les fonds d’investissement, institutions de garanties, et autres associations professionnelles, Hub Africa réduit les écarts entre investisseurs et PME ou ETI. Les personnalités de haut niveau et les décideurs qui font, à chaque fois, le déplacement, restent des partenaires privilégiés pour porter la voix des entrepreneurs.

La diaspora africaine mobilise chaque année plus de 65 milliards de dollars de « remittances » vers le continent, pourtant très peu de cet argent va vers les entreprises ou l’investissement…

Il manque aux entreprises africaines la volonté de traduire concrètement la célérité de l’acte d’investir. Créer des guichets uniques ne suffit pas. Tout l’écosystème d’encouragement de la création d’entreprise doit être mis en branle. Cela va d’un cadre incitatif global et dédié à cette diaspora, à l’accompagnement des associations professionnelles vers plus de qualité, vers un branding simplifié mais sûr. Les bases de centres d’excellence, constituées dans des incubateurs par des aménageurs-développeurs dans ces pays, pour du « plug & play », permettraient de surfer sur ces transferts de fonds. Les coûts d’installation, mieux d’implantation, seraient ainsi réduits au maximum.

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Written by Olivier Deau

Olivier Deau est diplômé de l’Institut d’études politiques de Rennes et de l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques de Paris. Etabli au Maroc depuis 2009, il couvre l’actualité de ce pays pour le Magazine de l’Afrique et African business depuis 2011. Il a été pendant trois années le directeur scientifique du forum MEDays organisé à Tanger sur des thèmes de relations internationales, de développement économique et de sécurité. Il s’intéresse aux processus politiques et sociaux au Maghreb, enseigne et travaille à l’Ecole de Gouvernance et d’Economie, une importante école de sciences politiques sise à Rabat.

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