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African Business

Henriette Kaboré, présidente de BTM Immobilier

Des travaux publics à l’immobilier, Henriette Kaboré bouscule les préjugés et sait faire entendre sa voix dans le gotha économique d’Afrique subsaharienne. Elle demeure un symbole de réussite dans l’entrepreneuriat féminin.

Ouagadougou, Tiégo Tiemtoré

Il a fallu du cran à Henriette Kaboré pour se jeter dans un domaine qui était jusque-là, l’apanage des hommes. Bravant les stéréotypes, elle fonde BTM (Bâtiments-travaux-publics-maintenance) à la fin des années 1970 en Côte d’Ivoire, avant de s’implanter à Ouagadougou, en 1996. Et au bout du compte, acquérir une reconnaissance méritée, au-delà de ces frontières.

Henriette Kaboré, qui compte dans le gotha économique du pays, veut désormais offrir un nouveau visage à la zone de Koubri (une vingtaine de km de la capitale) à travers la réalisation de 6 132 logements sociaux sur 475 ha.

Elle affirme qu’il n’y a pas de secret, « juste un comportement : aimer ce que tu fais, bien faire ce que tu fais, respecter tes engagements vis-à-vis de tes partenaires et de tes clients dans ce que tu fais ». Parmi les réalisations de BTM, figurent entre autres, des amphithéâtres de plus de mille places chacun à l’université de Ouagadougou, le siège de l’Office de l’eau et de l’Assainissement (ONEA), les postes de l’Uemoa à Cinkansé (frontière avec le Togo), le siège de la Banque commerciale du Burkina, le campus scolaire de l’université de Cocody, à Abidjan…

Regards vers le futur

Au milieu des années 2000, elle décide de donner un nouvel élan à son entreprise, via la promotion immobilière, au sein du gigantesque projet de « la Cité les dauphins », qui s’étale sur 62 ha, à la périphérie sud de la capitale. Son ambition est de permettre aux Burkinabè de devenir propriétaires immobiliers, pour des souscriptions de 33,5 à 345 millions de F.CFA (51 000 à 526 000 euros). Grâce à un partenariat avec la Bank of Africa, les logements sont remboursables, au choix, sur dix, quinze et vingt ans.

Henriette Kaboré veut désormais offrir un nouveau visage à la zone de Koubri (une vingtaine de km de la capitale) à travers la réalisation de 6 132 logements sociaux sur 475 ha. « Ce projet de programme immobi­lier présente un intérêt pour tous les acteurs de la zone. Il crée un pôle d’activités susceptible de générer des emplois pour les jeunes et des recettes fiscales pour la commune. »

Des accointances gênantes ?

Consul honoraire de la Corée du Sud au Burkina Faso, membre consulaire de la Chambre de commerce, membre du Club des hommes d’affaires franco-burkinabé et ancienne présidente du conseil d’admi­nistration de la Maison de l’entreprise,

Henriette Kaboré compte dans le gotha économique du pays. Elle n’est pas dupe et entend les commentaires à son égard, certains lui reprochant sa proximité avec le régime Compaoré et surtout l’ancienne Première dame, Chantal Compaoré, une amie de longue date.

« Dans un secteur comme celui de l’immobi­lier en général, et de la promotion immobilière en particulier, les résultats sont conditionnés par la qualité du management et l’organisation financière qui vous mettent à l’abri des chocs écono­miques. Notre organisation nous a permis de garder intacte la confiance de nos différents parte­naires et de trouver les ressources nécessaires pour continuer à réaliser nos marchés selon les cahiers de charges convenus », justifie-t-elle.

« Aucun homme ou femme d’affaires de ce pays, tout comme dans les autres pays africains, n’ose se mettre à dos les pouvoirs politiques. C’est logique. Connaissez-vous des opérateurs économiques africains qui soient affichés dans les oppositions politiques ? », fait observer ce conseiller économique d’une chancellerie occidentale.

Un nouveau programme immobilier

À l’image des entreprises du secteur, BTM veut tirer profit du nouveau programme immobilier du Burkina Faso. Selon les projections du ministère de l’Habitat, la population urbaine burkinabé doublera d’ici à 2030. Pour les deux principales villes du pays, Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, les besoins sont estimés à plus de 30 000 loge­ments par an.

Reconnaissant que les financements publics ne peuvent suffire à répondre à cette problématique, le gouvernement a recours à l’initiative privée. Il a lancé, en juin 2017, un programme de construction de 40 000 logements d’ici à 2020, d’un coût supérieur à 500 milliards de F.CFA (760 millions d’eu­ros), pour rendre « le logement accessible à toutes les bourses ».

Le Programme national de construction de logements (PNCL) vise « la mise en place d’un mécanisme pérenne de production de logements décents accessibles à la majorité de la population dont les revenus sont faibles face à des coûts de production de plus en plus élevés ».

Le programme devrait permettre la construction de logements dans les grandes villes, la promotion de la construction du logement locatif privé, de l’assistance à l’auto construction et la promotion des coopéra­tives d’habitat.

« À terme, ce sont 20 000 logements qui seront bâtis à Ouagadougou, 8 000 à 10 000 à Bobo-Dioulasso, 250 à 300 dans les autres chefs-lieux de région, 50 à 100 dans les chefs-lieux de province et une vingtaine dans les 302 communes rurales », selon le coordonna­teur du Programme, Aimé Camille Soubeiga.

Il est prévu de l’exécuter dans le cadre d’un partenariat public privé dans lequel l’État devra mobiliser et aménager les sites à hauteur de 85,7 milliards de F.CFA (130,6 millions d’euros) et permettre aux promoteurs immobiliers et aux banques de financer et réaliser ces logements. N

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Written by African Business

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