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African Business

Guinée : L’agriculture détrône les mines 

Les mines tardant à répondre aux attentes, la Guinée fait de l’agriculture une priorité dans sa stratégie vers l’émergence économique. Il reste à concrétiser les ambitions affichées.

Conakry, Tokpanan Doré 

En septembre 2017, le président Alpha Condé a limogé son troisième ministre de l’Agriculture. Selon des sources proches de la Présidence, Jacqueline Sultan a été remerciée pour « manque de résultats », tout comme ses deux prédécesseurs. Et comme pour démontrer qu’il tient beaucoup à l’agriculture, Alpha Condé a décidé de rattacher ce département à la Présidence. En attendant de trouver le ministre idéal pour diriger ce ministère stratégique, Condé a confié l’intérim à son secrétaire permanent à la Présidence, Kiridi Bangoura. 

De fait, le président guinéen, quoiqu’étant à la tête d’un des pays africains les plus riches en ressources naturelles, ne croit plus aux mines pour le développement de son pays. « Les mines ne peuvent pas être le levier de notre développement », a-t-il déclaré lors d’un symposium minier, tenu en mai dernier à Conakry et qui s’intitulait pourtant « Le secteur minier : levier de transformation de l’économie nationale au profit de tous les acteurs ». Pour Alpha Condé, les mines ne peuvent qu’être utiles à une chose : financer l’agro-industrie, qui reste à ses yeux le levier principal du développement de son pays. Et c’est pour ce motif qu’il tient à davantage de transparence dans le secteur des industries extractives, mais aussi à la transformation locale des matières premières. 

Alpha Condé a quelques raisons de se tourner vers l’agriculture : la Guinée ne manque pas d’atouts pour devenir une puissance agricole. Partout dans le pays, les terres arables foisonnent ; pour une superficie de 245 857 km2, la Guinée a un potentiel évalué à 6, 2 millions d’hectares, soit un quart de son territoire. Un potentiel arrosé par une pluviométrie pouvant atteindre les 400 milliards de m3 d’eau par an. Dans certaines préfectures du sud du pays, il peut pleuvoir dix mois sur douze. Une tendance il est vrai démentie en 2017, le pays enregistrant dans plusieurs régions un déficit pluviométrique. 

Initiatives gouvernementales 

La Guinée bénéficie néanmoins d’un vaste réseau hydrographique – le pays est d’ailleurs appelé le Château d’eau de l’Afrique de l’Ouest – et d’une carte climatique qui autorise des cultures tout au long de l’année. De plus, le pays dispose d’énormes ressources humaines, même si celles-ci restent à qualifier. Selon des chiffres du ministère guinéen de l’Agriculture, 70 % de la population guinéenne vivent de l’agriculture. 

Fort de ces atouts naturels et humains, le gouvernement guinéen a lancé des projets agricoles tous azimuts : anacarde, riz, café, cacao, palmier à huile, ananas… aucune culture n’est épargnée. Cela étant, ces projets ne concourent pas tous au même objectif. Si le gouvernement a pris la résolution d’encourager la production et la commercialisation du riz local, c’est pour assurer l’autosuffisance alimentaire dans un bref délai.

Jusqu’en 2016, l’importation du riz en Guinée atteignait parfois les 300 000 tonnes par an. Cette importation a diminué de 9 % lors de la dernière campagne. De son côté, la production guinéenne avait pris un bel élan avant d’être ralentie par l’épidémie Ebola. Le Président guinéen réaffirme ses ambitions : « Nous voulons être autosuffisants d’ici fin 2018. » Malheureusement, dans certaines régions, la campagne agricole tourne mal en raison de la mauvaise utilisation des engrais fournis par le gouvernement ou à cause des bouleversements climatiques. 

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