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Société

Sénégal : Grogne sociale

Après un ultime round de négociations à la Primature, suivi d’une audience au Palais, le 30 mars, Macky Sall a proposé aux syndicats d’enseignants de revaloriser cette indemnité de 60 000 à 85 000 F.CFA, soit une hausse de 25 000 F.CFA, dont 15 000 payables à compter du 1er octobre 2018, et 10 000 à compter du 1er janvier 2019, en plus d’une revalorisation du traitement des professeurs et maîtres contractuels à hauteur de 10 000 F.CFA.

Des efforts qui, considère-t-il, traduisent son « engagement ferme et constant » en faveur du système éducatif, qu’il dit être « au coeur » de ses préoccupations, mais jugés « insuffisants » par les enseignants, qui maintiennent leur mot d’ordre de grève. Les leaders syndicaux promettent de soumettre la proposition du président de la République à la base, « qui va indiquer la conduite à tenir ».

La crainte des syndicalistes est de voir le gouvernement jouer la montre : « Non seulement beaucoup de nos camarades disent que la proposition du président de la République est en deçà de nos attentes, mais certains nous disent même que vous n’avez aucune garantie que le gouvernement va respecter ses promesses », explique Saourou Sène. Lors des précédents accords, en 2014, le gouvernement avait déclaré : « Pour la première fois nous avons signé des accords réalistes et réalisables avec les enseignants. » Ce sont les mêmes points qui font l’objet de revendication aujourd’hui.

Vers une sortie de crise dans la ssanté

« La vérité, c’est qu’il y a le malaise enseignant. Il est né de la situation conjoncturelle dans laquelle le monde enseignant vit, avec un régime indemnitaire qui le défavorise. Il n’y a que dans ce pays où on considère que l’enseignement n’est qu’un sacerdoce. Notre situation salariale ne nous permet pas de vivre », fustige Saourou Sène. Certaines franges de l’opinion reprochent aussi aux enseignants de profiter du contexte de veille électorale pour faire de la surenchère.

Un reproche qui ne vise pas uniquement les enseignants, puisque la grogne gagne d’autres secteurs comme la santé. Où, toutefois, on s’achemine vers une sortie de crise. Fin mars, le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames) a observé un mouvement de grève de 72 heures pour réclamer, entre autres, une augmentation des salaires, l’octroi  d’une indemnité de logement, etc.

Après ce mouvement qui a paralysé les hôpitaux, le gouvernement a cédé sur l’essentiel des revendications. « Nous avons eu des réponses concrètes sur la question indemnitaire qui était centrale », se réjouit Boly Diop, le secrétaire général du Sames.

Là aussi, Mahammed Dionne était aux manettes, obtenant une levée du mot d’ordre de grève après avoir donné l’assurance que le gouvernement va satisfaire six des sept points de revendication. Le gouvernement promet notamment une enveloppe de 12 milliards de F.CFA (18,3 millions d’euros) pour faciliter l’accès au logement des médecins, ainsi que le relèvement de l’âge de la retraite de 60 à 65 ans.

En revanche, le mouvement se poursuit du côté de la Justice. Depuis fin mars, le Syndicat des travailleurs de la justice (Sytjust) multiplie les mouvements d’humeur, dénonçant « le manque de sincérité que lui a manifesté le gouvernement qui, apparemment, remet en cause la mise en oeuvre effective des réformes qu’il avait pourtant engagées d’un commun accord avec le Sytjust».

Leur principale revendication porte sur une « amélioration significative des rémunérations dans le secteur public de la justice par l’octroi d’une indemnité représentative de logement, d’une prime d’incitation à la célérité et par l’augmentation de l’indemnité de participation à la judicature ». Ce qui montre que la tempête n’est pas finie sur le front social. 

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