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Société

Sénégal : Grogne sociale

À moins d’un an de la présidentielle de 2019, alors que l’opposition peine à mobiliser, les syndicats mettent la pression sur le gouvernement, poussant le Premier ministre à monter au créneau.

Dakar, Seydou Ka

Macky Sall avait décrété 2018 « année sociale ». Les travailleurs semblent l’avoir saisi au mot : depuis plusieurs semaines, tout le front social est en ébullition : éducation, enseignement supérieur, santé, justice, etc. Les mouvements de grèves se multiplient pour réclamer, entre autres, des revalorisations salariales.

Cette résurgence du monde du travail intervient au moment où le régime de Macky Sall se trouve dans une situation relativement confortable : une écrasante majorité à l’Assemblée nationale, des indicateurs économiques au vert, notamment grâce à une croissance supérieure à 7 %.

À cela s’ajoute une opposition qui peine à se faire entendre – seul Idrissa Seck parvient à occuper le terrain –, tandis que le débat sur le parrainage fait rage. Deux rivaux potentiels du Président, Karim Wade et Khalifa Sall, l’un en exil à Doha, l’autre en prison, pourraient bien être écartés de la course…

Pour désamorcer le mouvement, et espérer ainsi arriver sereinement à la présidentielle de 2019, lors de laquelle Macky Sall sollicite un second mandat, le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne a personnellement pris en main les négociations, multipliant les rencontres avec les syndicats. « L’implication du Premier ministre dans les négociations est à saluer », note Saourou Sène, secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire du Sénégal (Saems).

Sans doute le principal atout de Macky Sall en ce moment, un « PM » réactif, loyal et reconnu comme étant très efficace dans le traitement et le suivi des dossiers. Si les partenaires sociaux saluent son « pragmatisme », dans les sphères du pouvoir, on loue sa « constance et son leadership » dans la conduite de l’action gouvernementale.

Des efforts jugés insuffisants par les enseignants

Dans tous les cas, l’implication de Mahammed Dionne a permis de « stabiliser » divers points avec les syndicats d’enseignants, notamment les lenteurs administratives, la question des passerelles professionnelles, des administrateurs professionnels, des prêts « DMC » (Direction de la monnaie et du crédit) qui étaient gelés depuis des années, les rappels d’avancement, d’intégration ou de validation, etc.

C’est pourquoi, le chef du gouvernement veut croire à une sortie de crise imminente sur le front de l’éducation. « Sur plus de 33 points de revendication, il n’y en a plus que trois sur lesquels nous avons à discuter », déclarait-il aux députés, le 29 mars. Parmi les points en suspens figure l’indemnité de logement, la pomme de discorde, que les enseignants souhaitent voir porter « à 120 000 ou au moins à 100 000 F.CFA ».

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