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Gabon : Deux contrats pour une usine d’eau et un barrage

Les autorités gabonaises ont pour objectif d’améliorer la fourniture d’eau potable et d’électricité. Deux nouvelles conventions viennent d’être conclues en ce sens.

Par Gérard Choisnet

L’Etat gabonais, dans le cadre de son Plan stratégique Gabon émergent (PSGE), le Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS) et le groupe industriel panafricain Eranove, ont signé le 20 mars un protocole d’accord pour le financement, la conception, la réalisation, l’exploitation et l’entretien-maintenance d’une nouvelle usine de production et de traitement d’eau potable dans la province de l’Estuaire, aux environs de Libreville.

Le Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, le ministre de l’Economie, de la prospective et de la programmation du développement, Régis Immongault Tatagani, l’administrateur directeur général du FGIS, Serge Thierry Mickoto, et les responsables du groupe Eranove, Vincent Le Guennou (président), Mansour Cama (administrateur) et Marc Albérola (directeur général), participaient à la cérémonie.

Le document signé établit les modalités de collaboration pour la réalisation des études techniques, environnementales et économiques du projet, ainsi que la structuration du plan de financement.

« Cette signature du protocole d’accord constitue une étape décisive dans le processus engagé par les autorités gabonaises pour améliorer la desserte en eau de Libreville et de ses environs par le renforcement de la capacité de production afin de répondre à la demande sans cesse croissante de la population », soulignent les promoteurs.

La nouvelle unité sera alimentée par captage et transfert des eaux brutes du fleuve Komo entre les villes de Kango et Ntoum, et disposera d’une capacité de production de 140 000 m3 d’eau par jour (l’usine actuelle de Ntoum produit 215 000 m3/j)

Déjà partenaires, le FGIS et Eranove,  à la suite de la conclusion d’un protocole d’accord le 5 décembre 2014, avaient signé le 21 octobre 2016 deux contrats de concession de 30 ans pour la conception, le financement, la construction et l’exploitation de deux centrales hydroélectriques.

La centrale de Ngoulmendjim (73 MW, 500 GWh/an) sera située à 125 km de Libreville sur le Komo. La centrale  de Dibwangui (15 MW, 90 GWh/an) sera implantée sur la rivière Louetsi au sud-ouest du Gabon, à 152 km de Mouila, capitale régionale de la Ngounié.

Selon les promoteurs, ces ouvrages « sont respectivement appelés à renforcer les moyens de production des réseaux électriques interconnectés (RIC) de Libreville et de la Louetsi, arrivés à saturation en raison de l’augmentation de la demande tendancielle (avec un taux d’accroissement annuel moyen de 5%) alors que l’offre d’énergie reste déficitaire et inadaptée car fortement à base thermique ».

L’Etat gabonais a par ailleurs signé le 21 mars avec le FGIS, la société française Meridiam et la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) un protocole d’accord relatif au projet de centrale hydroélectrique de Kinguélé aval.

Eranove (ex-Finagestion), dont les principaux actionnaires sont les groupes Emerging Capital Partners (ECP) pour 55,9% et AXA pour 18,6%, est un acteur industriel « de premier plan » dans la gestion de services publics et la production d’électricité et d’eau potable en Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Sénégal, Mali) et centrale (RD Congo).

Avec une puissance installée gérée d’environ 1 250 MW et une production d’eau potable de 409 millions m3 en Afrique, Eranove sert 1,63 million de clients en électricité et 1,56 million en eau.

L’Etat gabonais a par ailleurs signé le 21 mars avec le FGIS, la société française Meridiam et la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) un protocole d’accord relatif au projet de centrale hydroélectrique de Kinguélé aval.

Le document porte sur le financement, la conception, la construction et l’exploitation de cette centrale, et définit les modalités de collaboration comme pour le projet d’eau potable.

Située dans la province de l’Estuaire, sur la rivière Mbéi, en aval des ouvrages de production existants de Kinguélé et de Tchimbélé, cette centrale pourrait produire entre 30 et 60 MW.

Elle marque un nouveau pas en avant dans l’action du gouvernement visant à porter les capacités de production d’énergie électrique du Gabon à 1200 MW à l’horizon 2020.

A travers ce protocole d’accord, selon la présidence de la République, l’Etat gabonais «  confirme sa volonté de valoriser le potentiel hydroélectrique du Gabon en rehaussant à hauteur de 80% la part de l’hydroélectricité dans le mix énergétique gabonais afin de satisfaire la demande d’électricité à un coût compétitif ».

La SEEG (groupe français Veolia) assure la délégation du service public de l’eau potable et de l’électricité au Gabon en vertu d’une convention de concession signée le 13 juin 1997 pour une durée de 20 ans.

Selon la société, « l’électricité produite au Gabon a deux origines : l’origine hydraulique (Kinguélé, Tchimbélé, Poubara, Bongolo, Médouneu), qui représente environ 40% de l’énergie électrique produite, et l’origine thermique (gasoil et gaz)».

La SEEG dispose d’une puissance installée totale de 440 MW et d’une capacité installée de 315 000 m3/j d’eau. Outre les projets évoqués ci-dessus, le Gabon, par un nouvel appel d’offres lancé en 2014,  a confié au groupe chinois CGGC la réalisation des barrages FE II et des Chutes de l’Impératrice, dont les travaux n’ont pas encore démarré.

Créée en 2005 et basée à Paris, Meridiam est spécialisée dans l’investissement et la gestion d’actifs dans les infrastructures au service de la collectivité. La société investit exclusivement en fonds propres.

Le FGIS a été créé en 2012 afin d’aider le Gabon à développer de nouvelles filières capables de générer suffisamment de revenus pour se substituer à ceux tirés de la production de pétrole. Le FGIS est le gestionnaire exclusif du Fonds souverain de la République gabonaise.

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