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African Banker

Franc CFA : Sauvetage à la grecque

Les quatorze pays africains plus la France, doivent donc émettre sur le marché international des capitaux, des titres communautaires CFA, dont le produit sera affecté à la diminution des ratios d’endettement dans la CEMAC jusqu’en zone soutenable. Cette solidarité intra-Zone CFA n’est pas négociable. En effet, au fondement de toute zone monétaire se trouve la solidarité entre les pays membres. Pourquoi y aurait-il deux poids, deux mesures ? Solidarité en Zone euro, chacun pour soi en Zone CFA. Insouciance en Italie, souffrances au Congo ?

Dynamique de croissance hors pétrole

C’est uniquement dans un tel cadre de solidarité que les injonctions faites à l’administration congolaise pour une meilleure gouvernance prendront sens. C’est en effet la solidarité européenne qui a permis au Premier ministre grec, Alexis Tsipras, d’obtenir la majorité au parlement pour appliquer des mesures pour le moins impopulaires.

Dans le cas du Congo, le retour à la croissance sera d’autant plus rapide, que ce pays dispose de très larges marges de manoeuvre. L’administration aux affaires au Congo pense que le retour à la croissance est conditionné par une remontée des cours du pétrole. Alors que l’actuelle crise de la dette est une extraordinaire opportunité pour susciter une dynamique de croissance hors pétrole.

Il faut d’abord ouvrir les vannes de la création monétaire ex nihilo, ensuite, adopter une politique directive du crédit. En effet, la dette totale du Congo est insignifiante. On appelle dette totale, la dette publique augmentée de la dette des entreprises et de celle des ménages. La dette totale est une variable clé de la gestion macroéconomique d’un pays.

Quand la dépense publique diminue pour cause d’ajustement, la dette privée doit augmenter, jouant ainsi un rôle contra-cyclique. Inversement, en phase de désendettement des agents privés, la dette publique s’accroît pour maintenir stable la demande. C’est ce qui s’est passé en Espagne lors du krach immobilier, ou aux États-Unis, en 2008.

Année au cours de laquelle la dette totale américaine a atteint 400 % du PIB, par hausse brutale de la dette publique. Aujourd’hui encore, avec un PIB américain évalué à 19 377 milliards $, la dette totale de ce pays reste à 370 % du PIB ! Le Congo est très loin de tels ratios. Il dispose encore de larges marges d’endettement privé, utilisables pour relancer une dynamique de croissance, non adossée au pétrole.

Une dette très faible

À ce jour, les banques ne prêtent presque pas aux entreprises congolaises. Elles n’existent que pour accompagner les multinationales, non pour générer une capacité productive propre au Congo.

Il n’existe pas des humains incapables de souffrir, les Européens, et des humains assignés à la souffrance, les Noirs subsahariens.

Relancer le système productif congolais en usant du levier du crédit aux entreprises et aux ménages est donc une aventure obligée. En Chine, le crédit à l’économie représente depuis près de trente ans 125 % à 130 % du PIB. C’est ce qui a permis à ce pays de rattraper les États-Unis.

Quand on a un projet productif en Chine, l’argent n’est jamais un problème. Quand le système bancaire formel ne finance pas, il existe un Shadow Banking moins regardant sur les garanties et autres obstacles au crédit. La dette totale de la Chine est aujourd’hui à 230 % du PIB, hors secteur financier. En Afrique CFA, le crédit à l’économie est de l’ordre de 10 % à 12 % du PIB avec une pointe à 25 % du PIB en Côte d’Ivoire.

Bref, le Congo a de la marge. Les ménages congolais ne doivent rien au système bancaire. Hors quelques crédits immobiliers dans les zones urbaines, immédiatement présentés au réescompte de la Banque centrale, le crédit aux ménages est inexistant au Congo. Pas de consommation à crédit.

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