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Analyse et Opinion

Opinion : Pour en finir avec l’afro-pessimisme

Face à l’image parfois négative de l’Afrique dans les médias occidentaux, les faits ont la peau dure : la croissance économique est solide, les termes de l’échange sont favorables et l’optimisme reste de mise.

Par Christian d’Alayer

Avec la baisse relative des prix des matières premières, l’afro-pessimisme a d’autant fait sa réapparition que nombre d’émigrés africains en France, surtout les intellectuels, restent très aigris vis-à-vis de leur patrie d’origine.

Ajoutons à cela la petite voix des ONG, au regard combien parcellaire sur le continent, et l’on obtient une image plutôt catastrophique de pays qui, pourtant, ont fait la preuve de leur dynamisme ces dernières décennies. Image qui revient aujourd’hui en force depuis qu’il se confirme que le Nigeria et l’Afrique du Sud ont enregistré une très faible croissance économique en 2016. Il apparaît donc nécessaire de rétablir la vérité sur cette réalité.

Voici tout d’abord la situation économique sous la forme d’un graphique et de deux tableaux qui prouvent de nombreuses évidences : Tout d’abord, il y a une corrélation évidente entre la hausse du prix des matières premières et l’accélération de la croissance africaine.

A contrario, on pourrait penser qu’inversement, une baisse des prix des matières premières entraînerait ipso facto une décélération de cette croissance. Pourtant, si on regarde l’origine de la décélération globale en 2011, 2013, 2014 et 2015, on voit très nettement qu’elle provient essentiellement de l’effondrement de la croissance dans les pays d’Afrique du Nord suite au Printemps arabe.

L’impact de la baisse des prix des matières premières sur la croissance africaine ne se fait réellement sentir qu’en 2016, si les premières estimations de la Banque mondiale se confirment. Or, et même sans faire appel à d’autres estimations moins pessimistes, on voit (cf. tableau 3) que les deux plus gros blocs de l’Afrique subsaharienne, l’Est et l’Ouest, ont continué à croître avec vigueur.

En Afrique de l’Ouest, on peut d’ailleurs se demander comment la Cedeao a pu enregistrer l’an dernier une croissance de plus de 6 % avec un Nigeria qui aurait stagné ! Sans doute l’Angola a-t-il fi ni par pâtir de la baisse des prix du pétrole.

Bien sûr, l’Afrique centrale souffre de l’instabilité politique avec Boko Haram et les divisions au sein des populations de la République centrafricaine. Pourtant, et c’est le dernier point que montrent les tableaux et le graphique, les prix des matières premières sont loin de s’être effondrés.

J’ai déjà évoqué l’indice Mundi dans ces colonnes en remarquant que le prix moyen des matières premières avait été multiplié par 5 de 2000 à 2015 et par 3,5 seulement ces deux dernières années, toujours par rapport à l’an 2000. Ce qui se confirme au niveau du prix du pétrole en Europe.

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