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African Banker

Erick Yong et les start-up africaines

Soucieux de développer durablement l’Afrique grâce à l’émergence d’une classe de jeunes entrepreneurs qu’il veut aider, Erick Yong est devenu la référence en Allemagne pour les start-up africaines.

Par Christine Holzbauer

L’allure athlétique du joueur de basket, son sport favori, et le regard déter­miné derrière ses lunettes d’intello, le fondateur en 2015 de GreenTec Capital Partners avec son associé Thomas Festerling, – ancien de la Deutsche Bank Asset Manage­ment –, est, aujourd’hui, incontournable en Allemagne.

Erick Yong, fondateur de GreenTec Capital Partners ou l’espoir allemand des start-up allemendes

Dans un pays où les investisseurs se montraient jusqu’ici plutôt hésitants à investir dans des start-up africaines, la performance des investissements de sa société de private equity relève du miracle… à l’allemande ! « Nous avons construit un portefeuille de onze start-up et PME depuis 2015 et devrions atteindre la cinquantaine d’ici à la fin de 2020 », explique fièrement cet entrepreneur dans l’âme, installé en Allemagne depuis plus de trois ans.

Bien que privilégiant l’impact sociétal, économique et environnemental, ses inves­tissements n’en obéissent pas moins à des critères relevant de l’analyse du risque-pays, du profil de l’entrepreneur et du potentiel d’expansion du secteur d’activité (énergies renouvelables, agriculture, TIC, santé et éduca­tion). GreenTec entre au capital des sociétés visées à hauteur de 20 % au maximum, mais ce qui fait véritablement son succès, selon son PDG, « est un mécanisme unique en son genre qui assure l’amélioration et le suivi de leur performance sur la durée ».

Jusqu’à présent, les pays anglophones d’Afrique ont été privilégiés « car la dynamique du secteur des start-up innovantes y est plus ancienne. L’Afrique francophone devrait être plus présente à partir de cette année », promet-il, se référant au développement impression­nant du fonds d’impact I&P, présent dans de nombreux pays sahéliens francophones.

Un spécialiste de la RSE

Avant de surfer sur la vague des start-up africaines, ce fils d’un diplomate camerounais a vécu dans de nombreux pays, voyageant au fil des affections de son père. Bien qu’il soit né en 1975 à Bonn, alors capitale de l’Allemagne fédérale, ses racines sont avant tout camerou­naises. « Je n’ai jamais oublié d’où je venais et le développement de l’Afrique a toujours été une constante dans mes préoccupations professionnelles».

Après des études en école de commerce à Strasbourg en marketing et business développement, il crée en 2002 sa première société en France dans la collecte de déchet. Bien plus tard, il se retrouvera employé comme consultant par un cabinet en conseil stratégique suédois spécialisé dans le dévelop­pement durable. « C’est là que j’ai développé mes compétences de réflexion stratégique à l’international en travaillant sur l’implantation de programmes gouvernementaux en RSE », se souvient-il.

En 2010, il rejoint un groupe d’investisse­ment chinois au Luxembourg pour superviser le lancement et la mise à l’échelle de nouveaux concepts commerciaux à l’international. Spécialisé pendant quatre ans dans l’élabo­ration de stratégies marketing global pour PFFG Luxembourg, il est alors chargé du développement de son portefeuille d’activités en Europe et en Asie.

Déjà, il se passionne pour l’impact envi­ronnemental et économique des projets sur lesquels il travaille. Comme il se passionne pour les efforts d’innovation des équipes internationales qu’il dirige : « J’ai toujours cherché à aller plus loin dans la réalisation de stratégies d’entreprises qui m’étaient confiées par mes partenaires. Car, pour moi, ce qui est important, c’est d’avoir des solutions systé­miques pérennes !»

Solutions innovantes

De là à se consacrer à l’univers des start-up dans un écosystème qui leur est de plus en plus favorable, il n’y avait qu’un pas que ce visionnaire polyglotte n’a pas hésité à franchir ! À l’aise aussi bien en allemand qu’en français ou en anglais, il élabore une approche d’inves­tissement innovante permettant de combiner « financement, transfert de connaissances et renforcement des capacités opérationnelles des start-up ».

Devenu une référence en Allemagne, il n’a pas son pareil pour dénicher et investir dans des sociétés africaines prometteuses, tout en contribuant à leur stratégie globale et à leur développement commercial. Son premier investissement au Rwanda dans ARED a été suivi par une dizaine d’autres en Ouganda, au Ghana, au Cameroun et au Nigeria, dont le dernier en date dans Framcrowdy, une agri-tech nigériane est aujourd’hui courtisée par certains des plus grands fonds d’impact américains. Avec toujours la même vision : « La première exigence de GreenTec Capital Partners est de permettre aux fondateurs des entreprises africaines que nous soutenons de créer des entreprises durables, socialement et économiquement performantes. C’est en cela que nous nouons des partenariats bénéfiques de part et d’autre. »

Tournant historique

Invité dans les différents forums liés à l’investissement, il intervient régulièrement en tant qu’expert sur l’Afrique. Et, à chaque fois, il cherche à favoriser le dialogue entre les décideurs politiques allemands, le secteur privé en Allemagne et l’Afrique. Ainsi, lors d’une conférence organisée par Afrolynk à Berlin, le 1er septembre dernier, à l’initiative de GreenTec Capital Partners et Microsoft, il a insisté lors d’une table ronde consacrée à l’investissement en Afrique subsaharienne sur les raisons pour lesquelles « cet investissement faire une différence en créant des emplois ».

Une conviction soutenue par un sens du réseautage qui, jusqu’à présent, lui a été favorable : en février 2017, GreenTec Capi­tal Partners a reçu à Nairobi, des mains du ministre allemand du Développement, Gerd Müller, le prix de l’« Entreprise de l’année 2017 en faveur du développement ».

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Written by African Banker

C'est le seul magazine dédié au secteur bancaire et financier en Afrique. Deux éditions en français et en anglais couvrent la totalité du continent. African Banker est un réel outil de travail pour tout les acteurs de ce secteur. Le monde bancaire et financier connaît une croissance et une concurrence de plus en plus fortes et joue un rôle essentiel dans le développement économique de l’Afrique.

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