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Energies renouvelables: 1ers projets de l’IAER

L’Afrique veut accroître l’utilisation de son énorme potentiel en énergies renouvelables, pour un développement à bas ou zéro carbone. L’accès universel pour tous les Africains à des quantités suffisantes d’énergie propre et abordable est visé à l’horizon 2030.

Par Gérard Choisnet

Le président en exercice de l’Union africaine, le chef de l’Etat guinéen Alpha Condé, a présidé le 4 mars à Conakry la 2ème réunion du conseil d’administration de l’Initiative de l’Afrique sur les énergies renouvelables (IAER), auquel participait la ministre française de l’Environnement, de l’énergie et de la mer, présidente de la COP 21, Ségolène Royal. La 1ère réunion du conseil d’administration s’est tenue le 29 janvier 2017 à Addis-Abeba en marge du Sommet de l’Union africaine.

Lors du lancement de l’IAER au cours du Sommet des chefs d’Etat africains organisé à Paris pendant la COP 21 (décembre 2015), 10 bailleurs de fonds comprenant G7, Commission européenne, Pays-Bas et Suède, s’étaient engagés à mobiliser 10 milliards $ pour développer d’ici à 2020 en Afrique une puissance installée supplémentaire renouvelable de 10 GW (phase I, 2017-2020).

« En un temps record, 4 milliards d’euros d’investissements sont mobilisés grâce à la décision majeure prise à Conakry, qui permet à l’Initiative de franchir une étape fondamentale », souligne le ministère français de l’Environnement, précisant que  « 19 projets ont été retenus pour être lancés immédiatement. Ils représentent 1,7 GW de capacité d’énergie renouvelable supplémentaire, plus de 4 milliard € d’investissements et 300 millions € de dons de la Commission européenne ». Les appels d’offres seront lancés dans les semaines à venir, une dizaine de projets étant prévus en zone francophone.

Dans le domaine des lignes électriques, en Afrique de l’Ouest, la « Dorsale Nord » porte ainsi sur la construction de 875 km de lignes d’interconnexion entre le Bénin, le Burkina Faso, le Niger et le Nigeria, afin d’améliorer le transport de l’énergie et l’électrification rurale, et de favoriser l’intégration régionale.

Une interconnexion entre la Côte d’Ivoire et le Ghana prévoit la réalisation d’une ligne électrique de 300 km, qui renforcera la stabilité du réseau ouest-africain. Au Mali, la ligne 225 kV reliant la centrale hydroélectrique de Manantali à Bamako sera doublée.

Dans le secteur de l’énergie solaire, la centrale de Defissol au Bénin disposera d’une puissance de 25 MW. Au Niger, la centrale solaire de Gourou-Banda sera dotée d’une capacité de 30 MW, et la centrale d’Agadez de 13 MW. Au Tchad, la puissance de la centrale solaire de Djermaya sera de 30 MW.

En Guinée, un programme intégré d’électrification rurale par micro-hydroélectricité de 10 MW porte sur quatre projets en Guinée maritime, Moyenne-Guinée, Guinée forestière et Haute-Guinée, pour alimenter des réseaux isolés de plusieurs milliers de personnes.

En RD Congo, Burundi et Rwanda, le barrage hydroélectrique Ruzizi III alimentera des zones de la Communauté économique des pays des Grands lacs (CEPGL) grâce à une puissance installée de 147 MW.

D’autres projets importants sont prévus hors zone francophone, comme la centrale solaire de Bauchi au Nigeria qui disposera de 100 MW, ou intéressent l’ensemble du continent, telle la Facilité d’accélération des EnR en Afrique (ARE Scale-Up) ; celle-ci vise à améliorer le cadre institutionnel et réglementaire de production des EnR et leur accès, et à préparer le financement d’un large portefeuille de projets, publics et privés, entrant dans le cadre de l’IAER, pour une puissance totale de 290 MW.

« Nous allons demander à chaque partenaire de dire exactement le montant qu’il mettra et d’ici à un ou deux mois, on signera la procédure pour que ce soit définitif avant le conseil d’administration de juin », a déclaré le président Alpha Condé lors de la clôture de la réunion de Conakry.

« Cette réunion est très importante », estimait Ségolène Royal. « Je suis là pour vérifier que les bailleurs de fonds tiennent bien leurs engagements et pour aider au démarrage des projets. Certains pourront démarrer dès la semaine prochaine avec les appels d’offres. Nous passons de l’engagement à l’action ».

Le 20 septembre 2016, la présidente de la COP21 a remis aux Nations unies un rapport sur l’IAER recensant 240 projets pour 45 GW de nouvelles capacités renouvelables installées. Ce rapport, outil d’aide à la décision pour les porteurs de l’Initiative, a été établi sur la base de déplacements de la ministre dans une vingtaine d’États africains, de rencontres avec les dirigeants du continent, et de contributions des pays africains.

La phase II (2020-2030) de l’IAER porte sur une augmentation d’au moins 300 GW de capacité de production nouvelle et additionnelle d’énergie à partir de sources renouvelables. Sous mandat de l’UA, la Banque africaine de développement (BAD) est l’administrateur de l’Initiative, dont elle  héberge l’Unité indépendante de mise en œuvre.

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Written by African Business

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