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Art et Culture

Emmanuel Ngapela, cofondateur des Africa Culture Days

Le « hub culturel de l’Afrique », Africa Culture Days, organise le premier festival panafricain, entre mai et septembre. Il réunira une centaine d’artistes internationaux et créateurs, précise Emmanuel Ngapela Cofondateur des Africa Culture Days ; président de Africanlab. Pour lui : « La culture est une source de développement durable »…

Africa Culture Days se présente comme l’« un des premiers ambassadeurs de la culture africaine sur le continent et bien au-delà… » Pouvez-vous développer cette vision ?

La culture africaine est l’ADN même de l’Afrique, elle est l’élément principal qui définit le mieux la pluralité et la particularité des Africains. Sa richesse inouïe traduit bien les valeurs africaines. C’est pourquoi cette richesse culturelle doit être valorisée pour devenir une source de développement durable.

Cette tournée démarrera à Brazzaville (Congo) du 21 au 23 septembre 2017, fera escale à Abidjan (Côte d’Ivoire) 26 au 28 octobre 2017,  avant de finir à Casablanca (Maroc) du 23 au 25 novembre 2017…

Cette même culture ancestrale se doit d’être protégée, mais aussi promue au-delà des frontières terrestres du continent. La culture africaine est un exemple de richesse humaine, sociale, historique ; il est temps de la promouvoir comme moteur de développement. Nous souhaitons rejoindre toutes ces volontés qui sont animées par la même envie que nous, le même besoin… Promouvoir notre culture, ses valeurs et en faire un acteur de développement.

Je peux vous citer des exemples de réussites remarquables : Mawazine, Rythmes du Monde, Visa For Music, au Maroc, Le MASA en Côte d’Ivoire, le Fespam au Congo… Des associations comme Afrikayna opèrent sur le continent et proposent des solutions adaptées aux différentes problématiques du secteur. Nous souhaitons, par le biais de ces Africa Culture Days, les valoriser et créer des synergies entre les différents intervenants du secteur et surtout montrer les exemples de réussite qui peuvent servir de modèle.

Bien que le secteur des industries culturelles et créatives ne soit pas encore pleinement structuré en Afrique, il génère chaque année environ 4 milliards de dollars de revenus et emploie plusieurs centaines de milliers de personnes.

Pourtant, le marché africain est mal structuré : les biens culturels sont en grande partie offerts par l’économie informelle. Comment allez-vous renverser la tendance?

Africa Culture Days vient tout d’abord créer des synergies entre toutes les initiatives et les bonnes volontés, car c’est ensemble que nous pouvons créer de la valeur. Nous n’avons aucunement la prétention de dire ou de croire qu’une seule initiative peut tout changer !

Africa Culture Days ambitionne d’être le miroir d’une Afrique dynamique, en plein essor et aux énormes potentiels économiques, sociaux et culturels. Comment tout ceci se met-il en marche ?

Africa Culture Days vient aussi pour sensibiliser, informer et former sur la question des industries culturelles et créatives qui sont indéniablement un atout important dont dispose notre continent avec toute sa richesse culturelle, son capital humain et ses valeurs spirituelles.

C’est seulement après ces étapes que nous pourrons renverser la tendance que vous évoquez. Ce, bien évidemment avec l’aide des institutionnels, des organismes internationaux et surtout l’implication des enfants africains.

Les conclusions du rapport Brundtland peuvent paraître encore loin de la réalité, en confinant le développement durable dans l’espace étroit de l’économie. Y a-t-il urgence à ce que les industries culturelles et créatives africaines jouent le rôle de socle stratégique de l’émergence du continent ?

Oui, bien sûr. Pour nous, la culture est une solution efficace pour le développement des pays africains, car les industries culturelles et créatives ne demandent pas beaucoup d’investissement, contrairement aux industries de télécoms et d’agroalimentaire ou encore pharmaceutiques.

Cette industrie culturelle peut toutefois générer des revenus plus importants que ceux des industries télécoms ou automobiles ! Le calcul est simple… Avec un minimum d’implication et de restructuration, la culture peut rapporter gros au continent.

Il faudrait, toutefois, trouver cette alchimie qui permettrait de promouvoir les industries culturelles, les porter, sans pour autant toucher à l’âme même de la culture, sans la travestir et en faire un « business quelconque ».

Votre programme Africa Culture Days entend être le premier hub culturel africain, il se veut un cadre de réflexion privilégié autour des problématiques que rencontrent les industries culturelles et créatives en Afrique. Comment créer un écosystème dynamique ?

Il ne s’agit pas de la seule et unique réponse ! Africa Culture Days est notre réponse face au défi du développement durable en Afrique. D’autres initiatives existent et certaines ont même inspiré notre démarche.

À travers ce hub culturel, nous désirons éveiller les consciences sur l’importance des industries culturelles et créatives dans le cadre du développement durable en Afrique. Bien que mal structuré, elles génèrent chaque année environ 4 milliards de dollars de revenus et emploient plusieurs centaines de milliers de personnes.

Il est donc primordial de bien « recadrer » ce secteur afin de pouvoir en tirer profit. Les quatre concours lancés par les ACD ambitionnent de permettre la révélation de talents dans différents domaines : Design, Mode, Technologie et entrepre­neuriat féminin.

En marge de ses journées culturelles, un forum économique permettra de créer des synergies entre les différents acteurs du secteur, de créer des liens entre les différents peuples du continent. Tout est question de partage.

La première édition d’Africa Culture Days sera accueillie dans trois pays : Elle démarrera à Brazzaville (Congo) du 21 au 23 septembre 2017, fera escale à Abidjan (Côte d’Ivoire) 26 au 28 octobre 2017,  avant de finir à Casablanca (Maroc) du 23 au 25 novembre 2017…

Le choix de ces trois pays s’est fait tout naturellement, d’une part, parce que je suis Congolais installé à Casablanca et que je souhaitais faire connaître mon pays aux Marocains, et vice versa.

Marc Aurèle Doba, cofondateur des Africa Culture Day, est Ivoirien et tous deux nous sommes installés au Maroc. Nous avons également opté pour des pays que nous connaissons, pour une meilleure gestion logistique… Avant de nous attaquer, dans les prochaines éditions à de nouveaux terrains !

Pour cette première vous avez choisi le thème « Culture, créativité et développement durable », avez-vous une raison spéciale ?

Il important pour nous, Africains, de comprendre et d’admettre enfin que l’ensemble de nos actions doit être inscrit dans la durabilité afin de préserver notre beau continent et les richesses qu’il contient.

Le développement durable n’est pas un effet de mode, mais une réalité à laquelle nous aurions dû être confrontés il y a très longtemps. Le continent africain regorge de richesses naturelles… C’est aussi le continent qui produit le moins de pollution, mais qui en subit les conséquences !

Cette injustice nous mène à une réflexion profonde et je suis certain que d’autres y ont pensé avant nous : il faut protéger les ressources africaines !

En quoi consiste la tournée panafri­caine que vous organisez ? On parle de la participation de plus d’une centaine d’artistes de renommée internationale, de concours créatifs, de conférences économiques et de rencontres B to B…

Tout à fait : nous pouvons déjà vous citer quelques noms d’artistes qui seront présents : Alphadi, le fashion designer du Niger, Manou Gallo, une chanteuse incroyable de la Côte d’Ivoire, Van et Ahmed Sultan du Maroc, Mando Jazz de l’Afrique du Sud, Hicham Lahlou, le designer marocain, et plusieurs autres artistes africains de renom.

ENCADRE

Emmanuel Ngapela

Emmanuel Victoire Ngapela, d’origine congolaise (Congo-Brazzaville), entrepreneur dans les technologies de l’information, est le président de l’Association Africanlab. Il a effectué son parcours scolaire à Brazzaville et Pointe-Noire et a continué ses études universitaires à Casablanca au Maroc dans une école d’ingénieurs en informatique.

Juste après avoir obtenu son diplôme, il a intégré une SSII française installée à Casablanca et dans la foulée il a créé sa propre entreprise qui accompagne les sociétés africaines dans les systèmes d’information et le digital.

Africanlab

Africanlab est une association de start-up et professionnels africains, installée à Casablanca, dont le but est de contribuer efficacement au développement social et culturel du continent africain à travers la promotion des industries culturelles et créatives, l’éducation et l’entrepreneuriat.

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