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African Business

Dossier : Cameroun, un pays aux multiples talents

Première économie francophone en Afrique centrale, le Cameroun vise l’émergence à l’horizon 2035. Des grands travaux d’infrastructure ont été entrepris, mais il reste encore beaucoup à faire.

Dossier réalisé par Christine Holzbauer, envoyée spéciale à Yaoundé et Douala

Très bien doté en ressources naturelles et aussi en ressources humaines, le Cameroun offre, par ses magni­fiques paysages, une « Afrique en miniature » à travers dix régions, dont deux anglophones.

Les déséquilibres, toutefois, sont nombreux, sur le plan de l’aménagement spatial ou dans les différents secteurs d’acti­vité dont certains comme les mines (hors hydrocarbures) ou le tourisme restent entiè­rement à développer ; ou dans la cohérence, voire la cohésion des différentes politiques sectorielles entre elles et particulièrement dans les secteurs jugés les plus porteurs pour le décollage économique du pays.

Du coup, selon les experts du Minepat, le ministère en charge de l’Économie, de la planification et de l’aménagement du terri­toire, la mise en oeuvre de la « Vision 2035 » développée par le chef de l’État, Paul Biya, pour réduire la pauvreté par la croissance et l’emploi, suppose d’évaluer « avec préci­sion » le potentiel existant, mais également les contraintes qui en découlent. D’autant que celles-ci ont encore été amplifiées, ces dernières années, par une conjoncture inter­nationale défavorable et l’instabilité régionale provoquée par l’irruption de Boko Haram.

Le Cameroun dispose d’un cadre institu­tionnel « quasi unique au monde, regroupant l’économie, la planification et l’aménagement du territoire », commente Slim Jerbi, l’ad­ministrateur de la filiale locale de la société tunisienne d’ingénierie Studi International chargée d’élaborer l’étude diagnostic devant permettre au Cameroun de se doter du tout premier Schéma national d’aménagement et de développement durable du territoire (SNADDT) en Afrique subsaharienne. Ce cadre, poursuit-il, permettra d’apporter « une correction aux inégalités spatiales, criantes au Cameroun sous l’effet de la pression démogra­phique et de la forte urbanisation ».

Pour aider le pays, le FMI a accordé, le 26 juin, 666,2 millions de dollars en faveur du pays dont un décaissement immédiat de de 171,3 millions $. L’engagement s’inscrit dans le cadre de la FEC (Facilité élargie de crédit) qui vise à soutenir un programme de réformes structurelles destinées à atténuer l’impact des difficultés conjoncturelles.

Réduire l’endettement

 S’appuyant sur une croissance comprise entre 5,6 % et 5,9 % de 2013 à 2015, le président Paul Biya s’était ouvertement réjoui devant ses invités, lors de la confé­rence économique présidentielle des 17 et 18 mai 2016 à Yaoundé, de la capacité de son pays à résister aux chocs exogènes et de sa résilience.

Mais, après la mission du FMI qui s’est déroulée du 20 février au 6 mars 2017, également à Yaoundé, le Président a quelque peu déchanté. « La chute des cours des matières premières, les menaces sécuritaires dans le bassin du lac Tchad et, jusqu’à une période récente, les troubles civils en République centrafricaine ont eu des retombées négatives sur la situation extérieure et budgétaire du Cameroun. L’économie a certes réussi à résis­ter à ces chocs jusqu’à présent, mais la dette publique s’est considérablement alourdie et les marges de manoeuvre extérieures et budgétaires se sont sensiblement amenuisées », a prévenu la chef de délégation, Corinne Deléchat.

Venue négocier un plan triennal d’aide d’urgence incluant l’« ensemble des poli­tiques économiques et financières sur la base d’un programme appuyé par le FMI », elle a été obligée de mettre les points sur les « i ».

Compte tenu de l’augmentation exponen­tielle de la dette publique, « les autorités came­rounaises ont été invitées à réduire le rythme des nouveaux emprunts, notamment ceux de nature non concessionnelle », a-t-elle confié à l’issue de ses entretiens avec les intéressés. L’urgence est d’autant plus grande que dans son rapport de mai 2017 sur les « Perspectives économiques de l’Afrique », le FMI prévoit une croissance du PIB réel du Cameroun de 3,7 % contre 4,4 % en 2016.

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Written by Christine Holzbauer

Christine Holzbauer travaille comme journaliste en Afrique pour les éditions en français de New African, African Business et African Banker depuis 2012. Auparavant, elle était correspondante régionale pour «L'Express », « La Croix » et « La Tribune », d’abord basée au Mali puis au Sénégal. Elle est diplômée de Sciences Po. Paris, a obtenu un DESS de la Sorbonne et fait ses études de doctorat à American University (Washington, D.C.) en relations internationales, développement et communication internationale.

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