Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

Société

Codesria et transformations corporelles

Le prochain projet du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria) sur les transformations corporelles africaines vise à produire des connaissances sur les transformations du corps humain en Afrique.

Dans ce sens et en attendant la conférence du 3 au 4 novembre 2016 à Dar es Salaam en Tanzanie (qui réunira environ 60 chercheurs et praticiens des organismes étatiques et non-étatiques, les Organisations de la société civile (OSC), les Organisations non gouvernementales (ONG) et les organisations internationales), une pré-conférence se tiendra le 14 octobre 2016 à l’hôtel Good Rade à Dakar au Sénégal.

Un document de politique sera produit et permettra de lier directement les discussions lors de la conférence avec la politique et la pratique. Cette publication sera plus axée sur la pratique et fera des recommandations aux praticiens qui seront claires, innovantes et politiquement réalisables. Il sera publié en anglais, français, portugais et arabe.

Le but du Codesria à travers cette conférence sur les transformations corporelles africaines est de produire des connaissances sur les transformations du corps humain en Afrique, ainsi que sur leurs relations avec les esthétiques et les aspirations changeantes en Afrique. Le projet permettra d’accroître la compréhension des pratiques en pleine expansion des modifications de la forme et de l’aspect du corps en Afrique.

Il oeuvrera aussi en faveur de la promotion d’une influence conséquente des connaissances produites sur les moyens de lutter contre les effets sanitaires et économiques les plus pernicieux de ces pratiques en Afrique.

Les transformations du corps humain sont devenues une pratique de plus en plus répandue dans les pays africains.

Elles varient dans leur forme et comprennent le blanchiment de la peau, les mutilations génitales féminines, le repassage des seins, le tatouage, les piercings et l’altération de la forme et de la taille des différentes parties du corps par des processus qui vont de la chirurgie et des injections aux régimes spéciaux ainsi que l’apport de diverses substances.

Bien que les pratiques d’altération du corps à visée esthétique et autres soient communes à toutes les sociétés humaines et soient profondément enracinées dans l’histoire des communautés, il est vrai que les nouvelles pratiques sont mises en place dans différentes régions du continent et certaines pratiques déjà existantes sont en train de prendre des formes nouvelles plus intenses. Aujourd’hui, par exemple, certains parlent d’une épidémie de blanchiment de la peau dans diverses régions du continent.

L’intensification de certaines pratiques d’altération du corps et leur propagation à travers le continent méritent des explications. Pourquoi les individus adoptent-ils certaines de ces pratiques tandis que d’autres s’en abstiennent ? Pourquoi certaines de ces pratiques sont-elles extrêmement populaires dans certains pays africains et ne le sont-elles pas dans d’autres ? Ces questions touchent à la nature variée et changeante de l’esthétique et des aspirations dans les sociétés africaines.

Les répercussions de ces pratiques sur la santé ont intéressé les chercheurs et les décideurs politiques préoccupés par les dangers que posent les mutilations génitales féminines, le blanchiment de la peau, les injections et autres astuces visant à améliorer ou réduire diverses zones du corps. Ces effets sur la santé pèsent lourd sur les systèmes des soins publics.

Comment la perception du corps idéal varie-t-elle à travers l’Afrique ? Que signifient la belle vie, le bien-être et la bonne santé dans différentes parties de l’Afrique ? Comment les aspirations pour le bien-être et la bonne santé ont-elles changé au fil du temps ? Ici, il convient de questionner le rôle des différents médias dans la propagation des idéaux de beauté et du bien-être à travers l’Afrique et dans le monde. Il est également intéressant de mentionner la façon dont ces pratiques interagissent avec les hiérarchies préexistantes fondées sur le sexe, la race et l’origine ethnique.

Les répercussions de ces pratiques sur la santé ont intéressé les chercheurs et les décideurs politiques préoccupés par les dangers que posent les mutilations génitales féminines, le blanchiment de la peau, les injections et autres astuces visant à améliorer ou réduire diverses zones du corps.

Ces effets sur la santé pèsent lourd sur les systèmes des soins publics. Comprendre les véritables implications économiques de ces pratiques exige également l’examen des marchés qui les sous-tendent, la façon dont ces marchés sont organisés et la façon dont les gains importants qu’ils produisent sont distribués à travers les chaînes de valeur qui couvrent les continents.

Les inquiétudes concernant les effets néfastes de ces pratiques ont déjà encouragé l’interdiction de certains produits par les États au Ghana, en Afrique du Sud et en Côte d’Ivoire et des campagnes de sensibilisation comme la campagne Nuul Kukk de 2012 au Sénégal.

Les campagnes contre les mutilations génitales féminines à travers l’Afrique sont menées depuis longtemps. Energiques et engagées, elles ont obtenu des succès importants dans certaines parties du continent. Comprendre la myriade d’efforts qui sont et pourraient être déployés pour faire face à certaines de ces pratiques qui constituent des menaces importantes pour le bien-être des populations est nécessaire.

Il est également important de comprendre la mesure dans laquelle divers efforts ont été couronnés de succès dans le traitement de diverses pratiques ainsi que la transférabilité de ces mesures à d’autres contextes.

Related Posts

  • Les ambitions portuaires d’Olam

    Le 14 octobre, Gabon Special Economic Zone (GSEZ) a inauguré le New Owendo International Port (NOIP) en présence du président Ali Bongo Odimba. À cette …

  • Du New Deal africain…

    La rencontre annuelle du Club 2030 Afrique a permis de se rendre compte de l’impérieuse nécessité de réformer l’administration fiscale en Afrique subsaharienne. Au-delà de …

  • Afrique: L’institut Montaigne prend position

    L’Institut Montaigne présente des prospectives africaines plutôt encourageantes. Ses chercheurs proposent, dans un rapport de septembre 2017, une nouvelle stratégie pour la France et une …

Recevez nos Newsletter

Si vous souhaitez recevoir par mail une information pertinente, crédible et incontournable, inscrivez-vous à notre newsletter.

Aidez-nous à améliorer notre contenu