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African Banker

Club des dirigeants : Entre innovations et risques

Pour un modèle bancaire africain pérenne, il faut trouver un équilibre entre innovation et régulation, estiment les banquiers africains qui se réunissaient à Dakar, début février.

 Dakar, Seydou Ka

Lorsque souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d’autres des moulins », dit un proverbe chinois qui illustre le dilemme des banquiers africains. Demain est « une préoccupation » pour la profession, a expliqué Mamadou Bocar Sy, président de l’Association profes­sionnelle des banques et établissements finan­ciers du Sénégal (APBEFS), lors de l’ouverture de la 29e édition des Journées du Club des dirigeants de banques et d’établissements de crédit d’Afrique qui s’est tenu les 8 et 9 février, à Dakar.

Dans un contexte marqué par de profondes mutations à la fois technologiques et réglementaires, certains évoquent « un modèle en péril » ou, tout au moins, de « la fin d’un modèle » bancaire de proximité physique.

À l’horizon 2022, 20 % des agences aux États-Unis seront fermées. Idem pour l’Europe, où entre 15 % et 20 % des agences physiques devraient disparaître ces prochaines années. Un mouvement qui ne devrait pas épargner l’Afrique. « Cela veut dire qu’il faut revoir le modèle bancaire africain en introdui­sant du numérique, une nouvelle manière de faire de la banque », estime Habib Karaouli, directeur général de Cap Bank (Tunisie).

Selon lui, la banque africaine de demain ne sera pas obligée d’implanter une agence dans chaque quartier où dans chaque ville. Deuxièmement, aucun modèle ne pourra réussir sans intégrer la dimension de l’inclusion financière.

Ce qui, « fatalement », passera par la digitalisa­tion. Troisième recette, la compréhension du client qu’il soit entreprise ou particulier. « La banque africaine de demain, à défaut d’être physique, sera accessible 24h/24 à n’importe quelle sollicitation pour quasiment 95 % des questions qui sont posées par le client et qui peuvent être traitées par les robots advisor. Pour le reste, on ne remplacera jamais l’humain », résume Habib Karaouli.

Sortir du confort actuel

La banque africaine de demain doit aussi être « plus novatrice, et faire les choses différem­ment », ajoute Éric Ouattara, directeur de FDH Bank Malawi, invitant ses collègues à sortir du « confort » du financement des titres publics et de la dette des grandes entreprises et apprendre à financer réelle­ment l’économie, notamment les PME-PMI et les particuliers.

Un chemin que certains établis­sements ont « courageusement » commencé à explorer, explique-t-il. Par exemple, Coris Bank « a grandi très vite, tout en faisant les choses différemment, et malgré cela, conserve des fondamentaux très sains. C’est une des premières banques de la zone à s’engager dans la finance islamique, à se focaliser sur les PME, au moment où ses concurrents misent sur les grandes entreprises et la dette publique ».

Une mission aussi exal­tante que « délicate », fait remarquer Thierno Seydou Nourou Sy, directeur général de la BNDE (Banque nationale de développement économique du Sénégal).

Pour Jonas Siliadin, directeur Risques et réglementaire chez Conix Consulting, les banques africaines doivent être « plus dyna­miques et innovantes », c’est-à-dire oser des expérimentations, tout en restant en phase avec la clientèle, telle qu’elle évolue.

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Written by African Banker

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