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Ce qu’a dit la ministre Rosine Sori-Coulibaly

Malgré un contexte sécuritaire préoccupant, le Burkina Faso enregistre des résultats encourageants, sous l’impulsion du PNDS 2016- 2020, estime la ministre de l’Économie, Rosine Sori-Coulibaly. Des progrès à confirmer.

Propos recueillis par Marie-France Réveillard

Comment expliquez-vous les résultats économiques du Burkina Faso ?

L’atteinte de ces résultats repose notamment sur les investissements publics. Avec la mise en oeuvre en 2017 du Programme d’investissements publics, de l’ordre de 1 200 milliards de F.CFA (1,83 milliard d’euros) dans l’énergie, l’agro-industrie et les infrastructures hydroa­gricoles, la relance économique, entamée en 2016, s’est confortée en 2017, avec une croissance du PIB de 6,8%. Les dépenses en capital ont bondi de 392,8 milliards de F.CFA (74,6 %) par rapport à 2016, atteignant 919,2 milliards. Cela s’explique par des dépenses exécu­tées sur ressources propres, pour 319,7 milliards.

Dans quelles mesures la transformation structurelle définie dans le PNDES peut-elle conduire à davantage d’inclusivité ?

Le PNDES permet d’assurer une croissance forte et soutenue, génératrice d’emplois et de revenus : nous affichons plus de 50 000 emplois décents par an et nous prévoyons la baisse de l’incidence de la pauvreté en dessous de 35 % d’ici à 2020.

Selon la ministre de l’Économie, des finances et du développement, Rosine Sori-Coulibaly, des indicateurs macroéconomiques sont assez satisfaisants.

Le schéma adopté conduit à plus d’inclusivité car il permet de relever le défi de la bonne gouvernance, de l’amélioration de la qualité des institutions, de la disponibilité et de l’employabilité de ressources humaines adaptées aux besoins de l’éco­nomie nationale. Il répond au défi du développement des secteurs productifs et de la transformation des produits nationaux, pour un développement industriel durable générateur d’emplois.

Quels sont les principaux secteurs d’activité qui soutiennent la croissance ?

Le secteur primaire qui emploie près de 80 %, a contribué pour 27,4 % au PIB en 2017 contre 29,1% en 2016. La contribution du secteur secondaire au PIB est passée de 20,7 % en 2016 à 21,2% en 2017. Enfin, la contri­bution du secteur tertiaire (au sens large) est passée de 50,3 % en 2016 à 51,3% en 2017. La croissance économique a pratiquement toujours été tirée par le secteur tertiaire.

En emplois, le secteur primaire a totalisé 8 265 675 dans l’agriculture vivrière, l’agri­culture de rente, l’élevage, la sylviculture et la pêche, en 2017, pour 493 502 emplois dans le secteur secondaire, tandis que le secteur tertiaire représentait 483 090 emplois.

Quelle est la stratégie déployée pour attirer les investisseurs étrangers ?

L’amélioration du climat des affaires a favorisé la création d’entreprises et a facilité la gestion des conflits, par la mise en place de structures comme le Centre d’arbi­trage, de médiation et de conciliation de Ouagadougou (CAMCO) et les tribunaux de commerce, avec des délais réduits pour rendre les jugements, ainsi qu’une législation et une réglementation qui protègent les investissements privés et accordent des avantages fiscaux à travers le Code des investissements, le Code général des impôts et autres textes de loi et textes réglementaires.

Ensuite, le gouvernement a opté pour la mise en oeuvre de pôles de croissance économique comme Bagré ou Sourou. Nous déployons également une stratégie de partenariat public-privé pour attirer les investisseurs privés étrangers. La loi PPP accorde des avantages fiscaux et douaniers aux partenaires privés, en plus des avantages accordés par le Code des investissements. Ainsi, un régime fiscal et douanier en fonction de la nature de l’investis­sement peut être accordé, durant toutes les phases de développement du projet depuis la phase de construction à celle d’extension, en passant par celle d’exploitation.

Quels sont les principaux axes pour développer les infrastructures indispensables pour soutenir un développement pérenne ? Comment les financer ?

Les infrastructures indispensables sont orientées vers la transformation des bases productives pour améliorer la compétitivité. Pour ce faire, nous suivons les orientations suivantes : la disponibilité en quantité de l’énergie pour les besoins du secteur industriel, la réduc­tion des coûts des facteurs de production, la dynami­sation de la recherche-développement vers les besoins réels d’innovations techniques et technologiques nationaux ou encore l’instauration d’une dynamique de réallocation des ressources et des activités à faible productivité vers des activités à plus forte productivité. Ces infrastructures se déclinent en 87 projets struc­turants dans le PNDES et sont évaluées à hauteur de 7 449 milliards de F.CFA.

Quelles sont les performances du Burkina en matière de mobilisation des ressources internes ?

Après la période 2014-2015 marquée par des crises sociopolitiques, celle 2016-2017 a été plus favorable. Les recettes sont passées de 1 119,02 milliards de F.CFA en 2013 à 1 072,49 milliards en 2014 puis à 1 060,72 milliards en 2015. Cependant, avec la reprise de l’activité écono­mique à partir de l’année 2016, le niveau de mobilisation des ressources internes est passé de 1 236,51 milliards de F.CFA en 2016 à 1 384,97 milliards en 2017.

Ces résultats reposent en partie sur la géolocalisation des marchandises en transit, l’usage de scanners dans les principaux bureaux de dédouanement à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, l’externalisation de l’évaluation des véhicules d’occasion de moins de dix ans et des engins de travaux publics confiée au Centre de contrôle des véhicules automobiles, l’interconnexion des systèmes informatiques douaniers nationaux avec ceux des pays voisins, le renforcement de la lutte contre la fraude, grâce au nouvel outil d’analyse du risque (SYGICOD), le redéploiement du personnel et la facture normalisée.

Comment rendre compatible la maîtrise du budget avec les revendications sociales ?

Les revendications sociales que vous évoquez sont celles portées par les syndicats des travailleurs salariés des administrations publiques d’État et de ses démem­brements. Elles portent généralement sur les conditions de vie et de travail des salariés.

La catégorie de dépenses en cause est celle relative aux charges salariales dont le niveau est passé de 23 % des dépenses totales du budget de l’État en 2013 à 33 % en 2017, amenuisant fortement les capacités de l’État à faire face à certaines dépenses d’investissements porteuses de croissance. Pour limiter ce risque majeur qui gangrène nos finances publiques, le chef de l’État a recommandé une réforme urgente du système de rémunération. Courant 2018, une conférence nationale sur la rationalisation du système de rémunération des agents publics de l’État sera organisée.

Quel regard portez-vous sur la création d’une monnaie commune dans la zone Cedeao ?

Elle est une nécessité. La décision a été prise sur fond de multiples problèmes concernant la multiplicité des monnaies non convertibles, le faible volume des échanges, le système financier sous-développé et la faiblesse des systèmes de paiement transfrontalier et des transactions connexes.

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Written by African Business

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