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Cameroun : Joël Nana Kontchou, directeur général d’Eneo

Le directeur général de la société concessionnaire du service public de l’électricité au Cameroun, Eneo, a fait de la « qualité de service » rendu aux usagers son cheval de bataille. La stratégie de Joël Nana Kontchou semble payer.

Yaoundé, Eugène C. Shema

C’est une ligne de conduite, une vision, voire une obsession, qui animent Joël Nana Kontchou, depuis son arri­vée à la tête d’Eneo, en août 2014 : la qualité de service.

L’ingénieur de 55 ans, sorti des classes de l’École nationale supérieure polytechnique du Cameroun en 1984 avant d’intégrer la même année la multinationale Schlumberger, savait qu’il était attendu dans les délicates fonctions de directeur général de la compagnie nationale d’électricité.

Joël Nana Kontchou, directeur général d’Eneo Cameroun : Le défi de la qualité de service

Privatisée en juillet 2001 au profit de AES-Sirocco Limited, une filiale de l’américain AES Corporation, la défunte Société nationale d’électricité (Sonel), transformée en AES-Sonel, devait être cédée en mai 2014 au fonds britan­nique Actis, lequel à son tour, pour marquer un changement dans la gestion, baptisait la société Eneo.

Et appelait pour la diriger Joël Nana Kontchou qui a effectué l’essentiel de sa carrière à l’international, au sein de la firme Schlumberger. Il y est entré en 1984 en tant qu’ingénieur de terrain, avant d’en sortir au moment de son recrutement à Eneo en juillet 2014, en qualité de directeur Afrique centrale et de l’Ouest, à la tête de 2 400 employés.

Réduire les délais

Pari du polytechnicien : restaurer « la qualité du service », son mot d’ordre préféré. Il explique vouloir améliorer l’accueil dans les agences et la réactivité de ses équipes.

Les paie­ments électroniques aidant, il n’est plus néces­saire d’aller dans les agences pour payer ses factures. Les principaux opérateurs privés de téléphonie mobile du pays, à l’instar d’Orange Cameroun et de MTN Cameroon, permettent de payer les quittances via le mobile money, sans avoir, pour le client, à se déplacer.

Il faut une «culture du service», précise le directeur général. Il s’agit de changer les mentalités et les «attitudes administratives et bureaucratiques».

Eneo rétablit désormais le service électrique en cas d’interruption en 4 heures contre 89 heures en 2015. Pour avoir un branchement, l’opérateur informe qu’il est possible d’obtenir aujourd’hui un bran­chement en huit jours contre vingt aupara­vant.

La société réaliserait aussi désormais en moyenne 100 000 nouveaux branchements par an contre 72 000 sous l’ère AES-Sonel.

«Beaucoup reste à faire», nuance Nana Kontchou. La société envisage d’installer, notamment, des compteurs prépayés. Une phase pilote est en cours dans plusieurs quar­tiers de Yaoundé. Eneo veut aussi améliorer les services en ligne et mettre en place un centre dédié aux relations avec les clients. Au lieu de «délestages», il préfère parler aujourd’hui de «rationnement».

Tous les quartiers sont infor­més par la radio et la télévision de l’heure et de la durée du rationnement.

D’énormes investissements envisagés

 Le Cameroun se situe dans le top 8 des pays de l’Afrique subsaharienne possédant un taux d’électrification du territoire supérieur à 50 %.

Dans cette liste, on retrouve aussi le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Gabon, la Namibie, l’Afrique du Sud et le Kenya.

D’après la quatrième Enquête camerounaise auprès des ménages (ECAM 4), conduite par l’Institut national de la statistique (INS), le taux d’accès à l’électricité des ménages en 2014 se situait à 95,9% en zone urbaine, et 35,1 % en zone rurale.

Des chiffres assez faibles en comparaison d’un pays comme la Tunisie qui a un taux d’électrification en zone rurale de plus de 99 %.

L’hydroélectricité qui fournit environ 65 % de l’énergie produite, demeure la prin­cipale source. Mais même pour transporter l’énergie disponible actuellement, l’opérateur Eneo fait face à des contraintes liées au réseau vieillissant, qu’il faut réhabiliter et renouve­ler.

Sur la période 2017-2021, selon Joël Nana Kontchou, il faudrait mobiliser 330 milliards de F.CFA (503 millions d’euros) dans la distri­bution ; 900 milliards de F.CFA (1,37 milliard d’euros) dans le transport ; 3 000 milliards de F.CFA (4,57 milliards d’euros) dans la production.

Objectif général de tous ces inves­tissements en prévision : installer 6 000 MW de puissance électrique à l’horizon 2035.

Le gouvernement encourage de nombreux acteurs à entrer dans la « produc­tion indépendante » pour combler la demande. Il faut cependant un climat d’investisse­ment favorable, une meilleure régulation et un meilleur contrôle.

Investir suppose un plan clair faisant ressortir la demande, les procédures d’appel d’offres, la passation de marchés, la transparence. Il faut enfin déter­miner la répartition des ressources, le mix énergétique, dont le pays a besoin pour son électrification : hydroélectricité, éolienne, solaire, gaz, biomasse.

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Written by African Business

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