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African Business

Cameroun : Inflation de diplômes professionnels

L’accroissement du nombre d’instituts d’enseignement suscite le doute quant à la valeur des diplômes sanctionnant certaines de ces formations. Elles sont chères et encore peu reconnues sur le marché du travail.

Yaoundé, Julien M. Evina

BTS, Licence, Master, et même Doctorats professionnels…, il y en a pour tous les goûts au Cameroun. Depuis quelques années, une flopée d’écoles, instituts, centres de formation, officiant dans le secteur privé, rejointes par les universités publiques, proposent ces diplômes, toutes filières confondues (industrielles, technologiques, TIC, etc.).

De plus en plus, leurs promoteurs sont montrés du doigt, soupçonnés d’être avant tout attirés par l’appât du gain, au détriment de leur mission de formation. Ils qualifient pourtant leurs tarifs de « raisonnables », au regard des enseignements prodigués.

Pour un BTS, par exemple, un étudiant doit débourser en moyenne 400 000 F.CFA (610 euros) chacun des deux ans du cursus. Un montant auquel il faut ajouter environ 50 000 F.CFA (76 euros), au titre des frais d’inscription.

Ces frais n’incluent pas d’autres dépenses plus élevées encore, consenties par l’étudiant, comme le logement en résidence universitaire, le matériel didactique, le trans­port pour le lieu de ses études. Pour une licence professionnelle, les frais de scolarité à verser par un étudiant peuvent s’élever à 1,5 million de F.CFA (près de 2 300 euros).

Ces coûts sont élevés pour le ménage came­rounais moyen, qui a souvent plusieurs enfants à charge. Et pourtant, le responsable de famille ne serait pas au bout de ses peines, si on considère que le cycle master profes­sionnel revient encore plus cher : 1 million de F.CFA (1 525 euros) par année d’étude dans les instituts privés les plus réputés du pays.

Les universités publiques entrent dans le marché

Pourtant, l’espoir d’un avenir meilleur pour leur enfant amène les familles à redou­bler de détermination et surtout d’in­géniosité. « Pour mes parents, c’est un sacrifice que de sortir près d’un million de F.CFA pour payer mes études », reconnaît Hortense, étudiante en master communication des entre­prises dans un institut de formation professionnelle, à Yaoundé. S’étant

rendu compte de la concurrence du privé, les huit universités publiques du pays ont répliqué. En plus des filières académiques regroupées en faculté des sciences – Lettres et Sciences humaines à Yaoundé I ou Sciences juridiques et politiques, Sciences économiques et gestion pour Yaoundé II –, elles proposent depuis peu des filières de formation professionnelle.

Ainsi, à l’univer­sité de Yaoundé I dite «Mère des universités camerounaises» au regard de son ancien­neté, le coût des masters varie de 700 000 à 1,1 million de F.CFA par année, en fonction des filières. Des tarifs comparables sont imposés dans les cursus de masters profes­sionnels des autres universités publiques.

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Written by African Business

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