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Mahamadou Bonkoungou PDG de Ebomaf

Du Burkina Faso au Bénin, en passant par la Côte d’Ivoire et la Guinée, le patron de l’Entreprise Bonkoungou Mahamadou et Fils (Ebomaf) fait son nid dans le secteur du BTP ouest-africain.

Ouagadougou, Tiégo Tiemtoré

Son imposante silhouette est devenue familière sur les chantiers dans les pays voisins de son Burkina Faso natal. À la force de son poignet, Mahamadou Bonkoungou engrange marché sur marché, se construisant ainsi une réputation.

Baignant dans la pure tradition d’entrepre­neurs de ses aînés, Mahamadou Bonkoungou a créé son entreprise Ebomaf en 1988. Il se lance dans le commerce général et commence à se faire un nom dans la région de la Boucle du Mouhoun, au centre ouest du pays. Profitant du souffle de la libéralisation économique, l’entrepreneur se lance dans le BTP à la fin des années 1990 et grignote quelques parts des marchés locaux.

Bonkoungou acquiert une solide expérience dans le domaine et développe son carnet d’adresses, ayant en tête le marché sous-régional. Aux côtés de Cogeb de Moctar Mando, l’Africaine des travaux publics (ATP) de Mahamadi Sawadogo, CGE de Saidou Tiendrébégo et BTM d’Henriette Kaboré, Ebomaf a trouvé sa place parmi les masto­dontes du BTP local.

Au Burkina Faso, l’entreprise rafle d’im­portants marchés allant du Palais présiden­tiel au bitumage de routes provinciales et au projet d’aménagement de la Zone d’activités commerciales et administratives.

Un travail reconnu

Désireux de s’internationaliser, il prend bien vite pied au Togo. C’est le début d’une expansion au-delà de ses terres natales. Des travaux du boulevard du 13-Janvier au Togo à l’aménagement de la route Kankan-Kissidougou en Guinée (306 millions d’eu­ros), le projet routier Ferkessédougou-Kong-bretelle de l’aéroport de Ferkessédougou en Côte d’Ivoire (133 millions d’euros), l’ascen­sion sous-régionale ne s’est pas démentie.

Face aux vents contraires et aux critiques

Ces deux dernières années, Ebomaf a consolidé son assise au Bénin, emportant des contrats de plus de 200 milliards de F.CFA. Après le départ de Boni Yayi, le gouvernement béninois, séduit par la qualité des infrastruc­tures déjà réalisées, n’a cessé de lui renouve­ler sa confiance, pour conduire ses projets routiers phares.

Les tronçons Djougou- Bassila-Savalou-Dassa avec les bretelles Bassila- Manigri-Kpèrèkètè et Bassila-frontière Togo, Bodjécali-Madécali-Iloua-frontière du Nigeria, Parakou-Wèwè, Comè-Dogbo, Tangbo-Zè, Missessinto-Zè, Djougou-Kérou-Banikoara, Péhunco-Cota, portent son empreinte.

Pour le patron burkinabé, la confiance du gouvernement du président Patrice Talon est une parfaite « illustration de la reconnaissance du travail de qualité abattu depuis quelques années pour moderniser les infrastructures routières béni­noises.

Assurément, son arrivée sur le marché ivoirien en 2015, avec les travaux de réhabilita­tion de la route Ferkessédougou-Kong, dans le Nord, lui a fait franchir un palier important.

Son important carnet d’adresses doublé de son sens des affaires, lui a permis de finaliser un partena­riat public-privé avec un pool bancaire dirigé par Société Générale Burkina Faso, pour un financement à hauteur de 83 milliards de F.CFA (126,5 millions d’euros).

« Nos dirigeants et nos peuples doivent nous faire confiance pour confier à nous Africains, les grands travaux qui devaient être confiés à des multinationales, car nous nous sommes dotés du matériel nécessaire et du person­nel qualifié pour faire face au développement de l’Afrique de l’Ouest », aime-t-il répéter.

Avec des activités au Bénin, en Côte d’Ivoire, en Guinée- Conakry et au Togo, Mahamadou Bonkoungou peut s’enorgueillir d’avoir réalisé une partie de son rêve, plus de deux décennies après son entrée dans le BTP.

Se diversifier

Aujourd’hui, forte de plus de 5 000 employés, Ebomaf qui est présente en Afrique de l’Ouest (Bénin, Côte d’Ivoire, Guinée-Conakry, Togo) et centrale (Centrafrique, Tchad) a une soixan­taine de projets routiers dans son carnet de commandes. Bonkoungou s’appuie sur Techno firmes, son entreprise basée à Madrid, pour la réalisation d’infrastructures.

À ses détracteurs, qui l’accusent d’avoir profité de ses accoin­tances avec l’ancien régime de Blaise Compaoré – l’accusant parfois d’en être un prête-nom –, il a toujours botté en touche, serein. Le siège d’Ebomaf n’a pas échappé aux actes de vanda­lisme perpétrés lors de l’insurrection populaire burkinabé en 2014.

Les pertes y ont été esti­mées à plus de 2 milliards de F.CFA. Hors du Burkina Faso, ses relations avec les présidents Faure Gnassingbé, Alpha Condé, Boni Yayi et son successeur, Patrice Talon, sont perçues comme un sésame. « L’exécution des marchés publics est régie dans l’espace Uemoa par une directive à laquelle l’ensemble des pays membres doivent se soumettre dans la forme et le fond en vue de concilier les performances des entreprises avec la qualité des ouvrages. Avec cette harmoni­sation des textes dans la sous-région, il est impos­sible d’être médiocre dans son pays d’origine et paraître excellent ailleurs», affirme Mahamadou Bonkoungou.

Lequel est, depuis février 2016, consul honoraire du Togo auprès du Burkina Faso. Dans certains pays, l’entreprise est criti­quée pour sa « fâcheuse réputation d’importer  l’ensemble de son personnel, y compris la main-d’oeuvre, depuis son pays d’origine : le Burkina Faso ».

Au Togo, l’Alliance nationale pour le changement s’était élevée contre la disparité de salaires entre le personnel d’encadrement et les locaux confinés aux travaux subalternes de manoeuvres. En Guinée, des parlementaires ont évoqué les conditions d’octroi de marché de la route Kankan- Kissidougou attribué à Ebomaf.

« Ebomaf dispose de plus d’un millier d’en­gins, et emploie des milliers de travailleurs dans chacun des pays où elle exécute des projets routiers. Son impact sur les économies nationales, la lutte contre la pauvreté et le chômage est remarquable. C’est ce qui importe », explique cet homme d’affaires burkinabé, pourtant son concurrent dans le BTP.

Loin de se laisser griser par ces succès, Mahamadou Bonkoungou envisage de s’ouvrir vers d’autres secteurs. Disposant déjà d’une compagnie aérienne d’affaires, Liza Transport International (LTI), spécia­lisée dans les voyages d’affaires, et d’une chaîne hôtelière, Zind-Naba, Mahamoudou Bonkoungou ambitionne de se lancer aussi dans l’industrie agroalimentaire.

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Written by African Business

Fort de son succès, ce magazine est une référence pour les femmes et les hommes d’affaires en Afrique. Il permet aux décideurs d’avoir une approche concrète du marché et de saisir de nombreuses opportunités à travers le continent africain. African Business est respecté et reconnu pour son intégrité éditoriale et sa contribution au développement de l’Afrique. Tous les secteurs de l’économie sont couverts par des journalistes renommés. Les numéros annuels sur les “200 Premières banques” et les ‘‘250 Premières entreprises’’ sont devenus de réels outils de travail et des indicateurs du climat des affaires en Afrique. Chaque année, les Trophées d’African Business récompensent la réussite des entrepreneurs et des les entreprises les plus performantes du continent.

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