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Agroalimentaire

Burkina Faso : Comment soutenir fruits et légumes

 …mangue burkinabè, par exemple, d’être bien appréciée en Europe et au Maghreb. Au regard de ces résultats fort encourageants, la Banque mondiale a fait suite à la requête de l’État en lui octroyant en 2016, un financement additionnel de 25 milliards de F.CFA.

Pour optimiser les rendements des fruits et légumes, le Burkina Faso bénéficie, depuis 2011, d’un processus intense de spécialisation. Ce, dans le cadre de la mise en oeuvre du Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (Ppaao). L’ambition est de faire du pays une référence dans la production de l’oignon, de la tomate et de la mangue, à travers le Centre national de spécialisation en fruits et légumes (CNS-FL).

Le centre se charge d’élaborer et mettre en oeuvre des programmes de recherche et de transfert de technologies, de contribuer à l’augmentation de la productivité agricole, afin de devenir à terme, un pôle régional d’excellence de recherche sur les fruits et légumes au sein de l’espace CEDEAO.

Grâce à ce même Programme, le Burkina Faso fait son entrée dans la liste des pays producteurs de banane plantain. Trois variétés de banane plantain FHIA 21, PITA 3 et BigEbanga, sont en phase de vulgarisation. Introduites au pays des Hommes intègres dans le cadre du programme, ces variantes de banane ont donné des résultats pour le moins satisfaisants, compte tenu des conditions climatiques du pays.

Relever les défis de la transformation

Autre initiative, le lancement, en mars 2018, de la première plateforme inclusive de la mangue. Ce projet est porté par l’agence du Nepad et son programme GrowAfrica qui entendent mobiliser 20 millions de dollars sur les trois ans, pour le développement de la filière mangue au Burkina Faso.

La transformation dans les filières agro-sylvopastorales représente de véritables opportunités d’investissement et de création d’emplois. Chaque année, environ 12 500 tonnes de mangues sont transformées sur place, soit moins de 5 % de la production. L’une des ambitions du Plan national de développement économique et social (PNDES 2016-2020) est la création de valeur ajoutée locale ; le Plan souhaite passer de 12 % à 25 % de transformation agricole.

Ainsi, le gouvernement mise-t-il sur le fonctionnement optimal de l’usine de transformation Dafani, dont il a appuyé la remise à flot, pour produire des jus de mangues et d’oranges, ainsi que sur le démarrage de la Société de transformation des fruits et légumes de Ouagadougou.

En avril 2018, l’Union européenne a décidé d’accompagner le gouvernement burkinabè. Aussi, a-t-elle octroyé un financement de 18 milliards de F.CFA pour le développement de la valeur ajoutée des filières agricoles et pour permettre aux entreprises de transformation et de valorisation des produits agro-sylvo-pastoraux, d’accroître et de diversifier de façon rentable et durable, leur offre de produits.

En outre, le démarrage prochain de la Banque agricole du Faso (BADF) pour laquelle la Commission bancaire de l’Uemoa a octroyé son agrément en mars, est de nature à aider les initiatives : « Cette banque va financer aussi la transformation des produits agricoles. Pour ce faire, elle aidera à financer des unités de productions « pour constituer toute la chaîne de valeurs. Production-transformation et commercialisation », assure Mamadou Sereme président du comité de pilotage de la BADF. 

ENCADRE

Les atouts de la Société de transformation des fruits et légumes

Dans l’optique de transformer localement les deux produits phares que sont la mangue et la tomate, le gouvernement burkinabé a créé, en 2009, la Société de transformation des fruits et légumes (STFL) financée par la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) à travers les ressources de la ligne indienne Exim Bank.

Cependant, des questions de gouvernance, doublées des soubresauts politiques, ont fortement handicapé son fonctionnement. Désormais l’optimisme est de mise et les acteurs de la filière attendent avec impatience son redémarrage au plus tôt, après un arrêt total en 2012.

Le ministre du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat, Harouna Kaboré, a pu obtenir l’assurance des autorités indiennes, pour la reprise des travaux, la définition d’un calendrier de finalisation des installations et l’ouverture de l’unité industrielle d’ici début 2019.

« La production journalière sera de 140 tonnes pour la tomate et 140 tonnes pour la mangue », prévoit Issaka Sourwèma, administrateur de la STFL.

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