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African Banker

Brèves bancaires d’Afrique

Le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), le programme de développement économique de l’Union africaine, a réuni le 18 septembre au Nasdaq Stock Market de New York, des investisseurs internationaux

Par Gérard Choisnet

Le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) – le programme de développement économique de l’Union africaine – a réuni le 18 septembre au Nasdaq Stock Market de New York, des investisseurs internationaux et dirigeants d’entreprise de haut niveau, pour le lancement officiel de sa campagne intitulée Agenda 5%.

Lancement de l’Agenda 5% du NEPAD pour financer les infrastructures

Ce lancement se tient cinq années après qu’un Sommet de l’Union africaine (janvier 2012) a adopté le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA), avec ses 51 programmes d’infrastructure transfrontalière et plus de 400 projets à mettre en œuvre dans quatre secteurs prioritaires.

L’Afrique a seulement réussi à clôturer 158 projets de financement au cours de la décennie 2004-2013 avec une dette s’établissant à 59 milliards $, ce qui représente seulement 5% des besoins en investissements dans les infrastructures et 12% des flux financiers réels.

La campagne Agenda 5% rappelle que seule une approche collaborative réunissant à la fois les acteurs des secteurs publics et privés pourra apporter des réponses efficaces à ces problématiques et appelle les investisseurs institutionnels à augmenter leurs financements dans les infrastructures pour atteindre l’objectif déclaré de 5%.

Le lancement de la campagne a réuni des investisseurs internationaux du plus haut niveau ainsi que des PDG et chefs d’entreprise, issus notamment du Réseau d’affaires continental (CBN) du PIDA, un réseau dirigé par le NEPAD et qui constitue une plateforme de dialogue dédiée au secteur des infrastructures pour les dirigeants du secteur privé.

Pour le Nigérian Tony O. Elumelu, l’un des entrepreneurs les plus en vue en Afrique et membre actif du CBN, « les gouvernements africains doivent créer des environnements propices pour attirer ces investissements qui sont si importants pour la croissance et le développement du continent ».

Selon un rapport McKinsey de 2016, les investisseurs institutionnels et les banques disposeraient de 120 000 milliards $ d’actifs, dont une partie pourrait donc soutenir les projets d’infrastructures en Afrique.

Toutes ces problématiques sont au cœur de la feuille de route de l’Agenda 5% qui constitue la colonne vertébrale de la campagne du NEPAD et dont les résultats attendus sont notamment :

  • Le déblocage de sources notables et mesurables de capitaux nécessaires à la mise en œuvre des projets d’infrastructure nationaux et régionaux sur le continent.
  • L’élargissement et l’approfondissement des marchés de capitaux africains qui sont actuellement peu substantiels, tout en contribuant de manière significative à l’intégration régionale et à la création d’emplois.
  • La promotion du développement de produits innovants sur les marchés de capitaux, qui sont spécifiques aux enjeux et au potentiel du continent s’agissant du développement des infrastructures.
  • L’éveil, sur la base des étapes concrètes et des projets mis en évidence, de l’intérêt d’investir chez les autres financeurs institutionnels et non institutionnels qui hésitaient jusqu’alors à inclure les projets d’infrastructures africains comme actif de leur portefeuille sur la base des prochaines étapes concrètes et des suggestions de projets.

Bpifrance et Société Générale appuient les PME et ETI françaises

Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, et Frédéric Oudéa, directeur général de Société Générale, ont signé le 20 septembre une convention de partenariat visant à dynamiser le développement des Petites et moyennes entreprises (PME) et Entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises en Afrique.

Les deux établissements s’engagent à apporter conjointement et de manière complémentaire conseils, mises en relation et dispositifs de e-learning aux PME et ETI françaises ayant des projets de développement sur le marché africain. Dans le même temps, les deux institutions participeront ensemble à des projets permettant notamment de contribuer à l’essor de secteurs clés, tels que les énergies vertes ou la filière agro-industrielle en Afrique.

La collaboration entre Bpifrance et Société Générale se traduira par l’organisation d’une mission d’immersion d’entreprises françaises clientes visant à accompagner leur développement sur ce marché.

Les relations partenariales s’illustrent notamment par la souscription de Société Générale au Fonds franco-africain, lancé en 2017 par Bpifrance et Africinvest. Ce fonds, tranfrontalier entre le continent africain et la France, d’un montant de 77 millions d’euros, a pour objectif d’accélérer la croissance de PME innovantes africaines et françaises, ayant des projets de développement sur les deux continents.

La BAD et la BID signent pour 2 milliards $

La Banque africaine de développement (BAD) et la Banque islamique de développement (BID) ont signé, le 11 juillet à Abidjan, un « accord historique » qui renforce leur partenariat en faveur du développement en Afrique.

Les deux parties sont convenues de réunir la somme de 2 milliards $, au cours des trois prochaines années, afin de financer des projets dans les domaines de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, des énergies renouvelables, des petites et moyennes entreprises et du développement humain (santé et éducation). La BAD et la BID devront chacune fournir 1 milliard $ sur trois ans.

« La BAD et la BID ont quelques traits en commun, et l’accord que nous signons est le montant le plus élevé jamais conclu avec une banque de développement », a souligné le président de la BAD, Akinwumi Adesina. « Nous allons travailler sur une réserve de projets en Afrique… Nous devons créer des emplois pour les femmes et nos jeunes ».

La BID est l’un des plus gros contributeurs de la BAD en termes de co-financement. Elles ont cofinancé ensemble pour plus de 2,5 milliards $ de projets sur la période 2002-2016.

Deutshe Bank soutient Ecobank

Ecobank Transnational Incorporated (ETI), maison mère du Groupe Ecobank basée à Lomé, a signé le 5 septembre avec la Deutsche Bank AG une facilité de prêt privilégié non garanti de 250 millions $ sur cinq ans.

La Public Investment Company (PIC), détenue en totalité par le gouvernement d’Afrique du Sud, et l’un des principaux actionnaires institutionnels d’ETI, fournit un important appui à Deutsche Bank dans cette transaction, par une sous-participation aux risques.

« Cette nouvelle facilité de 250 millions $ sera utilisée en priorité pour le refinancement des emprunts arrivant à échéance », précise Ecobank.

Quatre financements de la BID

La Banque islamique de développement (BID) a approuvé le 2 juillet des financements en faveur de quatre pays francophones pour un montant de 337,31 millions $, dont :

  • 165,4 millions $ au Mali pour la centrale thermique de Sirakoro (100 MW) ;
  • 102,8 millions $ au Burkina Faso pour la centrale de Kossodo (50 MW) à Ouagadougou ;
  • 15,4 millions $ en Guinée pour le projet rural d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans la région de Nzérékoré ;
  • et 53,71 millions $ au Cameroun pour le projet d’infrastructures agricoles et de développement de la chaîne de valeur.

AFRIQUE DE L’OUEST

RÉGIONAL

Africa Link Capital s’engage dans la titrisation

Le groupe Africa Link Capital (ALC), première banque d’affaires indépendante de l’Uemoa, a créé un pôle titrisation formé de deux entités : ALC Structuration et ALC Titrisation.

Animé par six experts, ce nouveau pôle offre : des services de conseil stratégique et financier pour structurer des opérations de titrisation et constituer des Fonds communs de titrisation de créances (FCTC), et des services de gestion de FCTC selon la réglementation de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et les meilleurs standards internationaux.

Suite à l’adoption par l’Uemoa, en 2010, d’un cadre réglementaire propice à la titrisation, le Groupe ALC s’est approché en 2012 du Conseil régional de l’épargne publique et du marché financier (CREPMF) afin d’obtenir un agrément pour exercer en tant que société de gestion de FCTC.

La croissance de la titrisation sur la zone est portée par deux banques de développement (BOAD et BID) dont les filiales (BOAD Titrisation et Taïba Titrisation) gèrent des sukuks (titres financiers islamiques) depuis 2014 ; cette évolution suscite un intérêt accru de la part de ses clients.

La titrisation permet de lever des fonds en cédant un portefeuille de créances à un FCTC. Ce dernier émet par ailleurs des titres (parts et obligations) à maturité variable (court, moyen ou long terme) dont le recouvrement permet de rembourser et rémunérer leurs détenteurs.

« Le pôle titrisation envisage la structuration et la gestion de quelques opérations majeures dès 2017 », selon Serge Tidiane Diop, directeur général du Groupe ALC.

Le groupe ALC, société de droit ivoirien fondée en 2006 par Serge Tidiane Diop, a levé à ce jour 370 milliards de F.CFA (564 millions d’euros) auprès d’établissements financiers pour le compte d’entreprises, de banques et d’États parmi les plus dynamiques de la région.

Proparco garantit quatre filiales d’Ecobank

Proparco et le groupe bancaire panafricain Ecobank ont signé le 12 juillet à Abidjan une ligne de garantie de trade finance d’un montant de 50 millions$.

Cette garantie permettra de soutenir les échanges commerciaux entre les pays africains et européens, en augmentant la capacité de financement d’opérations d’import/export de quatre filiales ouest-africaines du groupe Ecobank (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Conakry et Mali) auprès d’Ecobank International EBI S.A., filiale française d’Ecobank portant le développement du groupe à l’international.

La cérémonie de signature s’est déroulée à Abidjan en présence de Grégory Clemente, directeur général de Proparco, et Charles Daboiko, directeur général d’Ecobank Côte d’Ivoire.

« La mise en œuvre d’un projet pilote de trade finance figurait parmi les objectifs que s’est fixée Proparco dans sa stratégie 2017-2020 pour répondre aux besoins de ses clients. Nous sommes heureux de réaliser notre première opération de ce type avec Ecobank, un partenaire de longue date et une référence du secteur bancaire en Afrique », a déclaré Grégory Clemente.

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Written by African Banker

C'est le seul magazine dédié au secteur bancaire et financier en Afrique. Deux éditions en français et en anglais couvrent la totalité du continent. African Banker est un réel outil de travail pour tout les acteurs de ce secteur. Le monde bancaire et financier connaît une croissance et une concurrence de plus en plus fortes et joue un rôle essentiel dans le développement économique de l’Afrique.

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