Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

Transport

Bénin : Le nouvel aéroport vise la modernisation

Prévu pour accueillir 1,6 million de passagers par an, l’aéroport de Glo-Djigbé devrait remplacer d’ici trois ans le site actuel de Cotonou. Aviation Industry Corporation of China et Aéroports de Paris devraient démarrer les travaux très prochainement.

Cotonou, Max-Savi Carmel

Le 24 février, dans la grande salle de la présidence, Patrice Talon a reçu pendant plusieurs heures une immense foule. Il ne s’agit pas que des propriétaires terriens de la zone censée abriter le nouvel aéroport de Cotonou, concernés par le projet. Autour de la table plusieurs élus locaux, maires et préfets mais aussi des ministres dont ceux des Travaux publics et des Finances.

Alors que le service d’ingénierie d’Aéroports de Paris a fini la première étude et que les travaux sont sur le point de débuter, le président béninois veut aplanir les différends entre l’État et les riverains sur le système de dédommagement foncier. Objectif, démarrer au plus vite les travaux du nouvel aéroport à 25 km de Cotonou. Un démarrage que le ministre des Infrastructures et des transports, Cyr Koty, espère « pour avril ou mai ». Car coincé en agglomération et tech­niquement inextensible, l’unique aéroport du Bénin a du mal à faire face un trafic aérien sans cesse en augmentation.

Une modernisation accélérée

Les travaux qui dureront trois ans sont confiés à Aviation Industry Corporation of China (AVIC) en qualité de maître d’oeuvre. L’entreprise chinoise sera assistée et contrôlée par Aéroports de Paris Ingénierie (ADPI) avec qui un contrat complémentaire, a été signé récemment.

Sur un coût total de 360 milliards de F.CFA (550 millions d’euros), le Trésor public apportera à peine 40 % et 215 milliards de F.CFA (328 millions d’euros) seront mobilisés auprès du secteur privé. Cet aéroport moderne pourra accueillir jusqu’à 900 passagers en heure de pointe et sera doté d’une piste de 4 250 mètres, et large de 60 mètres. Deux terminaux modernes sont prévus pour accueillir au moins 400 passa­gers au quotidien de même qu’une aérogare de fret d’une capacité annuelle de 12 000 tonnes.

Plusieurs déposes-minutes, des issues rapides ainsi que des bretelles de raccordement seront reliées à une autoroute express de 40 km. Avec 1,6 million de passagers et ses nouveaux pôles économiques au profit du « Grand Cotonou », l’aéroport de Glo-Djigbé, après avoir divisé longtemps l’opinion, commence à faire l’una­nimité. Le projet remonte au milieu des années 1970 et devrait enfin être une réalité d’autant qu’il est inscrit parmi les 45 grands projets du Programme d’action du gouvernement. Sur les 3 028 hectares réquisitionnés, 1 600 seront occu­pés entièrement par l’aéroport.

Le Bénin peut devenir concurrentiel

Construit sur 250 hectares dont à peine la moitié exploitée, l’unique aéroport international en service au Bénin ne dispose que d’une seule piste de 2 400 mètres qui peine à faire face à un flux de passagers croissant. « Pour une moyenne d’une douzaine d’avions par jour, c’est très juste pour le personnel compétent dont nous disposons », regrette la direction.

D’ailleurs, afin d’en capitali­ser les potentialités en attendant que le projet de Glo-Djigbé n’aboutisse, l’aéroport de Cadjehoun sera bientôt géré par l’ADP avec lequel les négo­ciations sont en voie d’aboutissement.

Avec une moyenne hebdomadaire de 21 000 passagers au départ et à l’arrivée, l’aéroport rebaptisé en 2008 Bernardin-Gantin, du nom du seul cardi­nal catholique de l’histoire du pays, a du mal à absorber le flux. Depuis qu’en 2017, le Togo a ouvert un nouveau terminal moderne dans le cadre de l’élargissement de l’aéroport de Lomé, plusieurs compagnies y ont multiplié des vols, privant Cotonou d’une partie de ses recettes.

Pour cause de prix concurrentiels de billets d’avion et de la proximité de Lomé, une partie des passagers pour le Bénin préfèrent atterrir au Togo avant de rallier par la route Cotonou, distante de 150 kilomètres.

Rate this article

Author Thumbnail
Written by African Business

Fort de son succès, ce magazine est une référence pour les femmes et les hommes d’affaires en Afrique. Il permet aux décideurs d’avoir une approche concrète du marché et de saisir de nombreuses opportunités à travers le continent africain. African Business est respecté et reconnu pour son intégrité éditoriale et sa contribution au développement de l’Afrique. Tous les secteurs de l’économie sont couverts par des journalistes renommés. Les numéros annuels sur les “200 Premières banques” et les ‘‘250 Premières entreprises’’ sont devenus de réels outils de travail et des indicateurs du climat des affaires en Afrique. Chaque année, les Trophées d’African Business récompensent la réussite des entrepreneurs et des les entreprises les plus performantes du continent.

Related Posts