Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

African Business

Anta Babacar Ngom Bathily DG de Sedima

À 32 ans, la tête bien faite, Anta Babacar Ngom Bathily a pris les rênes de l’entreprise familiale, la Sedima, fondée par son père (Babacar Ngom), avec l’ambition d’en faire le n° 1 de l’agroalimentaire en Afrique de l’Ouest.

Dakar, Seydou Ka

C’est l’histoire d’une jeune femme née dans une ferme, à Malika, dans la grande banlieue de Dakar, et qui est devenue l’une des femmes d’affaires les plus influentes d’Afrique. « Elle est à l’aise aussi bien à Manhattan, à Lagos que dans un village des profondeurs du Sénégal », glisse un proche collaborateur. En janvier 2016, Anta Babacar Ngom Bathily a succédé à son père, Babacar Ngom, à la tête de la Sedima, l’une des entre­prises les plus dynamiques et leader de l’avicul­ture au Sénégal.

De ce « père-mentor », un self-made-man qui, qui avec 60 000 F.CFA, a bâti une entreprise qui pèse aujourd’hui 80 millions d’euros de chiffre d’affaires, elle garde, natu­rellement, une certaine admiration.

Mais cela l’agace d’être vue simplement comme la fille de… « Au-delà d’une transmission de père en fille, c’est le passage d’une génération, celle des Babacar Ngom, Aliou Sow (le défunt fonda­teur de la Compagnie sahélienne d’entreprise) à l’autre. Et il se trouve que je suis sa fille », se défend-elle. « Elle n’est pas là exclusivement en tant que fille de Babacar Ngom, elle a son propre leadership », appuie un cadre de l’entreprise. Qui voit en elle « la meilleure directrice générale de la Sedima pour les dix prochaines années ».

Anta Ngom met surtout en avant son parcours. Une vie de combats. «Je me levais tous les jours à 4 heures du matin pour aller à l’école, j’ai grandi avec deux grands frères, ce qui forge une personnalité». De son histoire, elle retient que «tout est possible» et que «ni le genre, ni l’âge ne sont des freins». Pour Anta Ngom, sa situation constitue plutôt « un atout, parce que c’est rare» de voir une femme à la tête d’une entreprise. «Et du coup on s’im­pose une certaine rigueur, on ne se donne pas le droit d’échouer», dit-elle, d’un regard où se mêlent timidité et détermination.

Continuer l’oeuvre du père

Le vrai défi, ajoute Anta Ngom, ce n’est pas de reprendre l’entreprise familiale, mais quoi en faire. Surtout si l’on sait qu’au Sénégal, seules 3 % des entreprises familiales survivent à leur fondateur. Se sentant investie d’une mission, celle de continuer à construire pour faire survivre l’entreprise familiale « au-delà d’une deuxième ou troisième géné­ration », Anta Ngom décide d’aller se former dans les meilleures universités.

D’abord à celle de York au Canada (2005-2009), puis à Paris Dauphine (2010-2011) et enfin à Sciences Po Paris (2011-2013). Ses diplômes en poche, la jeune femme décide de rentrer au Sénégal pour rejoindre l’entreprise familiale, malgré les opportunités qui se présentaient en France. Elle confie à son père qu’elle est dans son élément. « J’ai toujours voulu travailler dans l’aviculture, parce que je ne connais que cela, je suis née dans la ferme en voyant mon père faire du poulet de chair, ma mère de l’agriculture ». L’autre raison, c’est qu’elle croit en l’avenir de l’Afrique : « Ça se passe ici. L’Afrique, ce n’est pas le continent du futur, c’est le présent».

Le père ne pose qu’une seule condition : elle doit commencer « par le bas ». Convaincue que le conseil du père ne pouvait qu’être bénéfique, elle accepte de « ramer » et gravit peu à peu les échelons. Ce qu’elle « ne regrette pas ». Fidèle à « certaines valeurs africaines »,  elle conserve le noyau de l’équipe léguée par son père, « la mémoire de l’entreprise », tout en apportant du sang neuf, notamment une touche féminine.

Rate this article

Author Thumbnail
Written by African Business

Fort de son succès, ce magazine est une référence pour les femmes et les hommes d’affaires en Afrique. Il permet aux décideurs d’avoir une approche concrète du marché et de saisir de nombreuses opportunités à travers le continent africain. African Business est respecté et reconnu pour son intégrité éditoriale et sa contribution au développement de l’Afrique. Tous les secteurs de l’économie sont couverts par des journalistes renommés. Les numéros annuels sur les “200 Premières banques” et les ‘‘250 Premières entreprises’’ sont devenus de réels outils de travail et des indicateurs du climat des affaires en Afrique. Chaque année, les Trophées d’African Business récompensent la réussite des entrepreneurs et des les entreprises les plus performantes du continent.

Related Posts