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Angola : la perle de l’Afrique

Interview avec José António Maria da Conceição e Silva, le ministre angolais de l’Urbanisme et du logement 

L’Angola fait partie des rares pays à avoir élaboré une politique et un programme d’urbanisation à l’échelle nationale. Comment ce processus est-il né ?

Le mouvement d’urbanisation en Afrique est irrépressible. Dans quelques années, la plus grande partie de la population africaine vivra en ville. Mais, hormis quelques pays qui prennent de véritables mesures — peut-être le Nigeria, le Kenya et des nations nord-africaines comme le Maroc — beaucoup se contentent de discussions, mais agissent peu !

La plupart des pays d’Afrique espèrent que la question de l’urbanisation se résoudra d’elle-même. Nous savons qu’il n’en sera rien. Nous avons entrepris de nous attaquer à la question dès que cela a été possible. Notre objectif était non seulement de résoudre le problème des infrastructures urbaines et du logement, mais aussi de créer de nouveaux centres de croissance.

Il est important d’insister sur le fait que c’est le Président lui-même qui a formulé et dirigé le programme d’urbanisation et de logement. José Edouardo Dos Santos nous a ordonné de tout mettre en œuvre pour lancer ce projet — ces projets, devrais-je dire — afin de proposer aux Angolais des logements de qualité à un prix abordable.

Il a coordonné l’action au plus haut niveau politique pour souligner son importance dans le développement national.

À la faveur de l’appui présidentiel, le programme a bénéficié de toutes les ressources nécessaires. Grâce à l’engagement et à l’enthousiasme du chef de l’État, il a pu progresser rapidement. Comme vous l’avez vu dans les provinces, le concept était très ambitieux. Mais nous avons réussi. Le projet en est toujours à ses débuts, et nous rencontrerons certainement des obstacles, mais les nouvelles villes, comme Kilamba, ont radicalement transformé la façon dont vivent les gens ordinaires.

En Angola, comme à Singapour, l’une des villes du monde que je préfère, l’État possède toutes les terres — à l’exception de quelques propriétés privées dans les villes

Les « nouvelles villes » constituent une innovation majeure en termes de logements sociaux en Afrique. Quels modèles avez-vous suivi ?

Les nouvelles villes sont issues du Programme national d’urbanisme et d’habitat (PNUH), coordonné par une Commission nationale présidée par le président de la République. Le programme principal comporte plusieurs volets.

Premier volet : l’urbanisation. Il regroupe différentes études d’aménagement du territoire (plans d’urbanisation, etc.), la constitution des réserves de financement et leurs infrastructures.

Deuxième volet : la reconstruction nationale qui implique la construction de 1 million de logements financés à hauteur de 11,5 % par le secteur public, 12 % par les partenariats public-privé, 8 % par les coopératives et 68,5 % en auto-construction.

Le troisième élément du PNUH : le renouveau urbain. Nous mettons en œuvre des politiques d’infrastructure urbaine adéquates pour rénover et moderniser les quartiers vétustes.

En quoi le PNUH va-t-il résoudre certains des problèmes de logement hérité du passé ?

Compte tenu des prévisions de croissance démographique, on estime à 60 % le déficit actuel de logements. Le PNUH va réduire ce déficit de manière significative et contribuera à la régularisation des coûts du marché immobilier dans le pays.

Il s’agit d’une vaste initiative associant de nombreux ministères ainsi que d’autres organismes. Comment avez-vous procédé ? Comment avez-vous choisi les sous-traitants, par exemple ?

En Angola, comme à Singapour, l’une des villes du monde que je préfère, l’État possède toutes les terres — à l’exception de quelques propriétés privées dans les villes. C’est un immense avantage, car nous pouvons planifier exactement les travaux à effectuer et les réaliser. Bien entendu, on ne peut pas chasser les gens de chez eux dans les bidonvilles sans leur donner un autre toit. Nous avons adopté la « reconstruction in situ ». Concernant les sous-traitants, nous avons des procédures juridiques claires avec des appels d’offres nationaux et internationaux, supervisées par des autorités compétentes.

Votre ministère a-t-il été créé pour s’occuper de cette question ?

Il existait un ministère de l’Aménagement urbain et de la construction, chargé de la construction des routes et des bâtiments publics.

Nous avons senti la nécessité de créer un ministère distinct, dédié à l’Urbanisme et au logement, qui pourrait avoir accès aux autres ministères, comme celui de l’Environnement, de l’eau, de l’énergie, etc., pour réaliser la construction des nouvelles villes et la rénovation des autres.

La rénovation urbaine, la construction de villes et de logements impliquent non seulement les infrastructures, mais aussi une multitude d’autres éléments nécessaires à une vie agréable et productive en ville.

C’est, en effet, une entreprise vaste et complexe, qui nécessite la coordination de multiples aspects : expertise, juridique, communication, financement, revenus…

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Written by African Business

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