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African Business

Angola, destination prisée d’Afrique

En Angola, outre les placements importants réalisés dans le pétrole et le gaz, les investissements étrangers affluent dans d’autres secteurs, notamment les infrastructures et l’immobilier. L’Agence nationale de l’investissement privé est chargée d’accueillir et d’assurer le suivi de tous les projets dans le pays, explique sa présidente, Maria Luísa Abrantes.

Maria Luísa Abrantes, présidente de l’Agence nationale de l’investissement privé (ANIP), est l’une des personnes les plus occupées d’Angola. Elle enchaîne rendez-vous sur rendez-vous – car les investisseurs ont désormais les yeux rivés sur l’Angola. Malgré son emploi du temps chargé, elle a accepté de me recevoir, car elle tenait à effectuer une mise au point sur le véritable potentiel d’investissement dans le pays. À l’heure exacte où nous avions rendez-vous, à la seconde près, on nous a fait entrer dans son bureau, aménagé avec goût. Quelques minutes plus tard, belle et éclatante, elle nous a accueillis, nous a serré la main avec enthousiasme et est tout de suite entrée dans le vif du sujet – non sans quelques plaisanteries pour nous mettre à l’aise. J’ai compris pourquoi elle faisait tant impression sur les investisseurs qu’elle rencontre. Tout en elle évoque l’efficacité, la maîtrise et la rapidité. L’ANIP met en place les conditions favorables à la réalisation d’investissements aussi bien d’origine nationale qu’étrangère – et renseigne les investisseurs sur les réglementations qui régissent le Code des investissements dans le pays. L’agence assure le suivi de toutes les propositions, qu’elles proviennent de multinationales pétrolières ou du bâtiment ou qu’elles concernent des projets beaucoup plus modestes, visant à produire les biens et services dont l’Angola a besoin. Reflet de l’orientation socialiste du MPLA, la politique d’investissement du pays privilégie le bien-être des citoyens.

Sans des infrastructures adaptées, on ne possède pas les bases permettant la croissance économique et l’on ne peut attirer des investissements privés

 Elle a adopté une approche globale, utilisant les recettes issues du pétrole pour accélérer la croissance dans tous les autres secteurs. « Par exemple, l’Angola détient environ 12 % des ressources d’eau africaines et de grandes superficies de terres arables. Avant la guerre, notre production agricole était l’une des plus élevées du continent. Nous aimerions retrouver cette place et, bien sûr, produire des cultures pour notre population et celles de nos voisins », explique-t-elle. L’Angola jouit d’une excellente situation géographique : « Nous servons de passerelle entre l’océan Atlantique et l’Afrique centrale et australe. L’Angola donne accès à un marché bien plus vaste que notre population actuelle de 24 millions d’habitants ; il s’agit d’un marché d’environ 100 millions d’habitants quand l’on inclut la RDC, la Zambie, et tous les autres pays proches du nôtre », précise-t-elle.

En effet, Kinshasa, la capitale de la RD Congo, n’est qu’à 45 minutes d’avion et de nombreux Congolais viennent tous les jours en Angola pour travailler ou faire du commerce.

Les infrastructures de transport reliant l’Angola à ses voisins ont été modernisées ou sont sur le point de l’être. La réalisation des liaisons de chemin de fer du port de Lobito aux régions riches en minerais de la RDC et de la Zambie devrait débuter prochainement. Le port de Lobito est en cours d’expansion et possède à présent une section conçue pour la réception de minerais. Ce port est une aubaine pour la RDC et la Zambie, car il va réduire considéra­blement les coûts de transport des minerais ainsi que des importations.

« Mais ce n’est qu’un aspect du tableau. Les opportunités d’inves­tissement sont innombrables dans presque tous les secteurs : l’agroa­limentaire, la transformation, la fabrication, l’énergie, l’éducation, la santé, les transports, le tourisme, le divertissement, l’immobilier, les commerces et bien d’autres encore ! », se réjouit Maria Luísa Abrantes.

« L’Angola rattrape les années perdues et nous avons une multitude de projets. Alors que l’État joue un rôle central dans certains secteurs, tels que l’énergie, l’éducation et la santé, dans lesquels il injecte des milliards de dollars, le secteur privé devient un partenaire important dans de plus en plus de secteurs, comme les infrastructures », poursuit-elle. « Sans des infrastructures adaptées, on ne possède pas les bases permettant la croissance économique et l’on ne peut attirer des investis­sements privés. C’est la raison pour laquelle, depuis la fin de la guerre en 2002, le gouvernement a investi des sommes colossales dans les routes, les chemins de fer, les ponts, les ports et les aéroports. »

Une multitude de projets d’infrastructures

Maria Luísa Abrantes a énuméré une longue liste de projets d’infrastructures. Le nouvel aéroport international de Luanda rivalisera avec celui de Johannesburg, une fois terminé ; un port sec à Luanda est en cours d’achèvement. La construction de nouveaux ports à Caxito dans la province de Bengo et à Porto Amboim dans la province du Kwanza Sul devrait débuter prochai­nement. Le nouveau Parlement de Luanda, magnifique, sera bientôt inauguré tandis que les députés ont emménagé dans le nouveau Parlement de Benguela l’an dernier.

J’étais curieux de savoir quelle était la place des investissements privés dans le programme de logements sociaux : « En raison des contraintes budgétaires actuelles et de la nécessité d’éviter une baisse de qualité des services, nous nous tournons de plus en plus vers les entreprises privées », confie-t-elle. « C’est dans ce domaine social que le besoin d’une société privée se fait sentir ; elle peut être plus efficace ou plus à même de fournir les ressources nécessaires pour des investissements essentiels. »

Les entreprises privées ont progressivement remplacé les sociétés publiques dans des activités non essentielles. Dans le secteur des logements sociaux, l’État a fait appel à des sociétés privées – étrangères et locales, comme Kora Angola et Imogestin – pour réaliser des projets selon des normes bien définies.

« L’un des éléments essentiels qui définit le concept du partenariat public-privé (PPP) est le partage des risques, note-t-elle, le partage des risques entre les entités publiques et privées doit être corrélé à la capacité de chaque partie à gérer ces risques, qui doivent être énoncés très clairement dans le contrat. » Le transfert du risque au secteur privé doit être « réel et significatif». Elle considère que les initiatives PPP pouvaient provenir soit de l’État, soit d’une entreprise privée, et qu’elle était toujours prête à discuter des problèmes qui pouvaient se poser, ainsi que des réglementations souvent complexes qui régissent ces initiatives.

Les investissements étrangers en Angola ont bondi. De 1,7 milliard $ en 2011, ils se chiffraient à 7,4 milliards $ en 2014. Ils proviennent principalement des États-Unis, de France, de Belgique, d’Italie, du Brésil, du Portugal, de Norvège et de Chine. « La Chine est numéro un aujourd’hui », indique la responsable. Bien sûr, le Portugal demeure un investisseur majeur dans les secteurs non pétroliers. À cet instant, sa secrétaire est venue nous rappeler que le temps qui nous était imparti était écoulé et que l’heure du prochain rendez-vous était venue. En sortant, nous avons vu une petite délégation dirigée par l’ambassadeur d’une grande puissance économique entrer dans son bureau. La secrétaire a haussé les épaules : une autre journée chargée dans la semaine de Maria Luísa Abrantes…

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