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Interviews et Portraits

Amir Artine, ses chantiers

À peine élu à la tête de Chambre de commerce du Tchad, Amir Adoudou Artine entend relancer une institution qui sort d’une longue léthargie et stimuler le développement de l’économie tchadienne.

Après une dizaine d’années de crise interne et plusieurs reports, des élections ont enfin pu se tenir, en janvier 2016, à la Chambre de commerce, d’industrie, d’agriculture, des mines et de l’artisanat (Cciama) du Tchad. Une assemblée générale de 102 membres représentait les différents secteurs d’activité qui composent l’institution. Mi-février, un bureau exécutif de 15 membres a été également élu pour un mandat de quatre ans. Avec à sa tête Amir Adoudou Artine, 47 ans, patron de Geyser, une entreprise de 500 salariés, spécialisée dans les travaux de forage, les services pétroliers et l’hydraulique. Fini le temps où cet entrepreneur doué, fils d’un industriel, se mettait à l’écart et critiquait dans son coin. « La politique de la chaise vide n’a jamais servi personne », reconnaît-il désormais, acceptant de se mettre en action et, donc, sous les feux de la critique. « L’objectif de notre équipe est d’être en phase avec la politique du gouvernement et la vision du chef de l’État sur l’économie tchadienne de demain, d’arriver à sa diversification en fondant celle-ci sur les secteurs à haute valeur de croissance et pourvoyeur d’emplois pour la jeunesse », explique le nouvel élu. Pour y parvenir, il propose quatre grands chantiers : la réforme de la Chambre, la diversification de l’économie tchadienne, l’appui aux différents secteurs et la mise en oeuvre de projets et programmes structurants. 

Premier chantier : donner un nouvel élan à la Cciama, une « grande dame » qui a vu le jour en 1938, alors que le Tchad était encore une colonie française. « La Chambre est toujours un peu prisonnière de son histoire. Une réforme urgente s’impose pour arriver à une équipe opérationnelle », insiste Amir Adoudou Artine. 

« Nous ne pouvons attirer des capitaux étrangers, voire mobiliser des ressources financières nationales lorsque des goulots d’étranglements jalonnent la création ou la gestion de nos entreprises » 

Un nouveau décret, signé en 2015, renforce et clarifie les attributions de l’institution consulaire, lui donnant ainsi de larges prérogatives pour être en phase avec le marché et jouer pleinement son rôle économique. La réforme proposée par la nouvelle présidence s’articule autour de trois points, à savoir la restructuration du cadre institutionnel pour une gestion saine et participative, la réorganisation du fonctionnement adapté aux enjeux actuels et l’instauration d’une gouvernance financière et matérielle rigoureuse et transparente. Il s’agit, dans l’immédiat, de mettre au travail une équipe dirigeante pléthorique – une cinquantaine de chefs de service ! – en partageant les responsabilités et tâches. « L’enjeu est de taille : permettre à notre institution consulaire de jouer pleinement son rôle de catalyseur de l’économie tchadienne. »

L’indispensable diversification 

Amir Adoudou Artine qui se définit lui-même comme « un incompris », sait qu’il doit mener cette réforme avec tact, dans le consensus et dans une dynamique participative. « Le tout réside dans la communication », précise cet homme de terrain qui compte sur les jeunes et les femmes, deux leviers essentiels à actionner pour créer de la richesse et faire revivre la Chambre. Deuxième chantier : la diversification de l’économie. « Nous avons été élus sur la base d’un programme qui résulte d’une prise de conscience du caractère précaire et aléatoire des ressources pétrolières, que chacun constate aujourd’hui à travers la crise économique que connaît notre pays », précise Amir Adoudou Artine. Pour l’ancien ministre du Développement pastoral et des productions animales (en 2013), la diversification apparaît indispensable à la transition économique ; elle doit permettre de maîtriser les aléas conjoncturels et de réduire les conséquences des fluctuations des cours des matières premières.

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