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African Business

Aliou Boubacar Diallo, PDG de Wassoul’Or et Petroma Inc

La mine de Kodiéran vient de lancer sa production industrielle d’or. Avec des rendements prometteurs qui, à terme, pourraient changer le visage du Mali, troisième producteur d’or du continent africain.

Bamako, Bruno Fanucchi, envoyé spécial

Notre mine d’or de Kodiéran donnera le bel exemple à tout opérateur malien. On n’a pas besoin d’impor­ter des produits du bout du monde pour s’enrichir ; ce que nous avons sous nos pieds peut nous permettre d’être des milliar­daires, pas en CFA, mais en dollars ! »

L’homme d’affaires malien qui tient pareil discours se veut résolument optimiste. Né à Kayes, dans le sud du Mali, il y a 57 ans dans une famille modeste (son père était cheminot), Aliou Boubacar Diallo a réussi en innovant et en prenant des risques, sans jamais se reposer sur ses lauriers. C’est grâce à une bourse d’études que ce jeune Malien partira au début des années 1980 suivre des études de Sciences économiques, à Tunis puis à Amiens, où il obtiendra une maîtrise en Économie et gestion financière.

Aliou Boubacar Diallo PDG de Wassoul’Or et Petroma Inc : La réussite d’un pionnier de l’or

Père aujourd’hui de neuf enfants, il est devenu un Malien qui compte dans le pays. Président-directeur général de Wassoul’Or, première société d’exploration et d’exploi­tation d’une mine d’or industrielle au Mali à capitaux essentiellement nationaux, Aliou Boubacar Diallo est fier de son parcours et de sa réussite professionnelle. Et il peut l’être : sa société créée en 2002 est désormais cotée à la Bourse de Francfort et vient de démarrer sa production industrielle d’or.

« Je ne suis pas géologue de formation, reconnaît-il, mais à force de forger, ne devient-on pas forgeron ? » Avant d’ajouter : « J’ai mis tant d’argent dans l’exploration de la mine que je suis obligé de parler aujourd’hui le langage des géologues. » Son professionnalisme est ainsi reconnu par ses pairs et concurrents, ses asso­ciés et ses 600 employés. Courant avril 2017, il a procédé sur la mine de Kodiéran (dans le Wassoulou, région de Sikasso, au sud de Bamako) à sa première « levée d’or » dûment contrôlée par les autorités maliennes. Et le ministre des Mines, Tiémoko Sangaré, est venu dans la foulée s’enquérir des conditions et des capacités de production du site.

Des débuts prometteurs

« Le nom de “Wassoulou” a une signification particulière, se plaît à rappeler le PDG qui nous reçoit dans sa tour ultramoderne de Bamako. Cela veut dire en bambara “la terre par laquelle tu peux te vanter” et nous commençons à extraire et à produire en quantité de l’or dont nous espérons bien que le Mali pourra un jour se vanter. » Quelques chiffres parlent d’eux-mêmes et confirment que la mine de Kodiéran est bien partie : 11 000 tonnes de minerai brut traitées par jour, pour une production de 200 000 onces d’or, soit un objectif de 6 tonnes par an. « La durée prévue des réserves pour cette exploitation est d’environ huit ans. » Des chiffres fort prometteurs et une question se pose déjà : quel est le secret de sa réussite ? La réponse est relativement simple. Dans la filière aurifère, comme dans la prospection de gaz et de pétrole, Aliou Boubacar Diallo fut le seul à oser continuer les recherches et exploitations quand toutes les compagnies étrangères invo­quaient « un cas de force majeure » pour arrêter leurs travaux et quitter le pays lors des événe­ments de mars et avril 2012. « Comme nous sommes Maliens, explique-t-il, nous n’avions pas d’autre choix que de rester au Mali et d’in­vestir pour son développement. » Cette stratégie courageuse a fini par payer.

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Written by African Business

Fort de son succès, ce magazine est une référence pour les femmes et les hommes d’affaires en Afrique. Il permet aux décideurs d’avoir une approche concrète du marché et de saisir de nombreuses opportunités à travers le continent africain. African Business est respecté et reconnu pour son intégrité éditoriale et sa contribution au développement de l’Afrique. Tous les secteurs de l’économie sont couverts par des journalistes renommés. Les numéros annuels sur les “200 Premières banques” et les ‘‘250 Premières entreprises’’ sont devenus de réels outils de travail et des indicateurs du climat des affaires en Afrique. Chaque année, les Trophées d’African Business récompensent la réussite des entrepreneurs et des les entreprises les plus performantes du continent.

  • Cheickh Ahmed Hisrin Sow

    le Magazine de l’Afrique pour la promotion des entreprises et des hommes d’affaires Africains.

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